Publié le 01/04/2008 à 12:00 par recadrages
HISTOIRE DES 7 POTS DE NOËL
Il était une fois, un potier qui avait fait sept pots dont il était assez fier. Il les aligna sur une étagère. À chaque fois que le potier quittait la pièce, les pots s'animaient et discutaient de leurs fonctions, de leurs idées, de leurs rêves, de leur avenir...
Comme ils avaient peur d'être vendus séparément, ils s'entendirent pour se retrouver une fois par année, le soir de Noël. Comme les humains seraient très occupés, ils ne se rendraient pas compte de l'absence de leur pot. Les semaines suivantes, un à un les pots trouvèrent preneur, chacun par une personne différente. Le soir de Noël, comme ils l'avaient promis, ils se retrouvèrent sur l'étagère du potier.
Le premier pot qui ressemblait à une coupe dit fièrement : " C'est une équipe de hockey qui m'a acheté. Lorsque l'équipe gagne, les joueurs me sortent pour fêter l'évènement. Je ne vis que pour ces moments !"
Le deuxième pot, plus raffiné, prit à son tour la parole : "Ma propriétaire se sert de moi pour déposer ses bijoux précieux, ses bagues, ses boucles d'oreilles. Rien ne me fait plus plaisir que le contact des pierres précieuses et de l'or!
Le troisième pot, de forme ronde, rajouta : "Je sers de plat dans un grand restaurant. Sentir la nourriture dans mon ventre, je ne pourrais plus m'en passer !"
Le quatrième pot, qui sentait encore les fleurs, renchérit : "Moi, je reçois de magnifiques fleurs et plantes, je suis très utile et agréable à regarder !"
Le cinquième pot, en forme de cruche, approuva : "Moi aussi, je suis utile, je sers à transporter du vin. Dès que je suis vide, le sommelier s'empresse de me remplir. Je ne vivrais plus sans cette boisson."
Le sixième pot, ouvert seulement par une petite fente, répondit : "Je sers de tirelire à un banquier. Je suis rationnel et précis, je sais exactement combien je contiens d'argent."
Le septième pot, d'apparence très simple, n'avait pas encore dit un mot. Ses six autres amis lui demandèrent à quoi il pouvait bien servir.
" À rien ! Je suis là et cela me suffit. Mon propriétaire me regarde et m'aime comme je suis. Toute la place qu'il y a au creux de moi est libre pour accueillir son amour !"
L'amour véritable est l'unique voie de l'ascension qui est enseignée par tous les maîtres
HISTOIRE DE POULET
POURQUOI LE POULET A-T-IL TRAVERSÉ LA ROUTE ?
Réponses :
Simplet : parce qu’il voulait aller de l’autre côté.
Platon : Parce qu’il cherchait le bien.
Aristote : Il est dans la nature des poulets de traverser la route.
Bouddha : Poser cette question nie ta propre nature de poulet.
Bouddhistes petit véhicule : Y a-t-il un poulet ? Y a -t-il une route ?
Bouddhistes grand véhicule : Pour venir en aide à tous les êtres sensibles.
Moïse : Parce que Dieu a dit au poulet "Traverse la route". Et le poulet la traversa, et tous furent émerveillés.
Darwin : Au cours du temps, il y a eu une sélection naturelle qui fait que les poulets présentent maintenant une disposition génétique à traverser les route.
Marx : Parce que c’était historiquement inévitable.
Freud : Qu’évoque ce poulet pour vous ?
Bill Clinton : Le poulet n’a pas traversé la route. Je répète : le poulet n’a pas traversé la route.
Bill Gates : Je viens de lancer MSChicken 2000 : lui non seulement traverse les routes, mais pond aussi des oeufs, classifie les documents importants et fait vos comptes.
Andersen Consulting : La régulation de la côte de la route du poulet menaçait sa position dominante sur le marché. Le poulet devait faire face à des défis importants pour pouvoir créer et développer les compétences nécessaires afin de déployer sa compétitivité. Andersen Consulting, dans le cadre d’une relation partenaire-client, a aidé le poulet en préparant les stratégies de distribution physique et les processus d’implantation. Au moyen d’une méthode d’intégration avicole (MIA), Andersen a aidé le poulet à mettre en oeuvre ses capacités, méthodologies, connaissances, capital et expérience, afin de mettre en perspective une pensée, des processus et des technologies qui puissent soutenir la stratégie globale du poulet dans le cadre du travail de gestion de programmes. Andersen Consulting a mis sur pied une équipe multidisciplinaire d’analystes de routes et de producteurs avicoles, qui, en collaboration avec les consultants d’Andersen, ont travaillé pendant deux semaines pour définir les buts implicites de livraison et pour modifier les valeurs de l’entreprise au moyen du développement continu des processus avicoles. Leur message est cohérent, clair et unique sur le marché, tout en respectant la mission, la vision et les valeurs principales du poulet. Sur cette base, une solution intégrative de qualité totale a été créée. Andersen Consulting a aidé le poulet à réaliser un changement satisfaisant.
HISTOIRE DES DEUX LOUPS INTERIEURS
Un homme âgé dit à son petit-fils, venu le voir très en colère conte un ami qui s'était montré injuste envers lui :
"Laisse-moi te raconter une histoire… Il m'arrive aussi parfois de ressentir de la haine contre ceux qui se conduisent mal et n'en éprouvent aucun regret. Mais la haine t'épuise et ne blesse pas ton ennemi. C'est comme avaler du poison et désirer que ton ennemi en meure. J'ai souvent combattu ses sentiments".
Il continua : "c'est comme si j'avais deux loups à l'intérieur de moi : le premier est bon et ne me fait aucun tort. Il vit en harmonie avec tout ce qui l'entoure et ne s'offense pas lorsqu'il n'y a pas lieu de s'offenser. Il combat uniquement lorsque c'est juste de le faire, et il le fait de manière juste. Mais l'autre loup, ah, il est plein de colère. La plus petite chose le précipite dans des accès de rage. Il se bat contre n'importe qui, tout le temps, sans raison. Il n'est pas capable de penser parce que sa colère et sa haine sont immenses. Il est désespérément en colère et pourtant sa colère ne change rien. Il est parfois si difficile de vivre avec ces deux loups à l'intérieur de moi parce que tous deux veulent dominer mon esprit".
Le garçon regarda attentivement son grand-père dans les yeux et demanda : "lequel des deux l'emporte, grand-père".
Le grand-père sourit et répondit doucement : "celui que je nourris".
HISTOIRE DE LA COURSE DES GRENOUILLES
Il était une fois une course... de grenouilles. L'objectif était d'arriver en haut d'une grande tour. Beaucoup de gens se rassemblèrent pour les voir et les soutenir. La course commença. En fait, les gens ne croyaient pas possible que les grenouilles atteignent la cime et toutes les phrases que l'on entendit furent de ce genre :
- « Inutile !!!
- Elles n'y arriveront jamais ! »
Les grenouilles commencèrent peu à peu à se décourager. Les gens continuaient :
- « Vraiment pas la peine !!!
- « Complètement stupide !!
- Elles n'y arriveront jamais ! ... »
Petit à petit elles s'avouèrent vaincues. A la fin, toutes abandonnèrent, sauf une qui continuait envers et contre tout...
Cette grenouille seule rejoignit la cime.
Les autres, stupéfaites, voulurent savoir comment elle avait fait. Alors l'une d'entre elles s'approcha pour lui demander comment elle avait fait pour terminer l'épreuve.
Et elle découvrit qu'elle... était sourde !
« Ce que nous sommes aujourd'hui résulte de nos pensées d'hier et de nos pensées d'aujourd'hui dépendra notre vie de demain. Notre esprit bâtit notre vie.
Votre pire ennemi ne peut pas vous blesser autant que vos pensées. Mais une fois maîtrisées,
personne ne vous aidera autant que vos pensées. »
Bouddha
HISTOIRE DE L'ARBRE QUI VOULAIT RESTER NU
Il était une fois un arbre. Au beau milieu d’un verger, il était sorti de terre, petite pousse verte et fragile se confondant avec les herbes alentours. Curieux de tout, il regarda bien vite le monde qui l’entourait, les fleurs qui s’ouvraient le matin et se refermaient le soir, les oiseaux qui sifflaient en sautant de branche en branche, le paysan qui venait tôt le matin cueillir les fruits des arbres, les graminées qui ondulaient sous la caresse des vents... Ah !, il le trouvait beau ce monde autour de lui, il avait envie lui aussi de participer à cette beauté, de trouver sa place dans cette harmonie.
Une année s’écoula et, ayant grandi, il était devenu un petit rameau portant quelques tiges. Il se rendit compte qu’il n’était pas un brin d’herbe comme il l’avait crû tout d’abord, mais un arbre et se mit à observer plus attentivement ses aînés. Il les trouvait si grands, si beaux recouverts de leurs feuilles et de leurs fleurs ; il fût si émerveillé de voir toutes ces fleurs se transformer en fruits, il fût si attendri des soins attentifs que leur apportait le paysan, mais... Mais, se regardant, il s’aperçut que son écorce ne ressemblait à aucune de celles qui les habillait, que ses branches n’avaient pas la même forme que les leurs. Alors, il eût peur, peur de n’être pas assez grand, peur de n’être pas assez beau, peur de ne pas porter assez de fruits, il eût peur que les autres, pommiers, poiriers, mirabelliers... n’acceptent pas sa différence et il décida de ne produire ni feuille, ni fleur, ni fruit.
C’est ainsi que les années passèrent, à chaque printemps, son tronc s’épaississait, s’allongeait, de nouvelles branches poussaient, mais... ni feuille, ni fleur, ni fruit. Pour ne pas se trouver nu face aux autres, il s’était depuis son jeune âge laissé peu à peu recouvrir par un lierre grimpant, par des liserons et par des bouquets de gui : ne sachant à quoi il pourrait ressembler, il se couvrait d’une beauté qui n’était pas la sienne.
Le jardinier plus d’une fois projeta de le couper pour en faire du bois de chauffage, mais trop occupé par ailleurs, il remit chaque fois cette tâche à plus tard. Un matin pourtant il vint, armé d’une grande hache et commença par couper le lierre qui enserrait l’arbre. Du lierre, il y en avait tellement que cela lui prit toute la journée et qu’une fois de plus, il remit l’abattage à plus tard. Cette nuit là, un petit ver parasite piqua le liseron qui en mourut aussitôt et le lendemain, les oiseaux du ciel apercevant le gui vinrent le picorer. Il ne restait plus de l’arbre au milieu du verger qu’un tronc et des branches : il ne restait plus que l’arbre au milieu du verger. S’apercevant soudain de sa nudité et ne sachant par quel artifice la couvrir, il se décida enfin à laisser pousser tout au long de ses branches de belles petites feuilles d’un vert tendre, à laisser éclore au bout de chaque rameau de mignonnes petites fleurs blanches contrastant joliment avec le brun de la ramure et le vert du feuillage.
Le paysan sur ces entrefaites revint avec sa hache et découvrant à la place du tronc inutile un magnifique cerisier, ne trouva plus aucune raison de le couper. Il le laissa donc, trop heureux du miracle qui s’était produit.
Depuis ce jour, l’arbre vit heureux au milieu du verger, il n’est pas comme les autres, ni plus beau, ni plus grand, mais tout aussi utile. Il a compris que ni la texture de l’écorce, ni le tracé des branches, ni la forme des feuilles, ni la couleur des fleurs n’ont d’importance : seuls importent les fruits qu’il porte et que nul autre que lui ne peut porter. Aussi, tous les ans, à la belle saison, les enfants du paysan viennent avec une échelle et, s’éparpillant dans sa ramure, se gavent de ses fruits et le réjouissent par leurs rires.
N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter, car nul autre ne pourra les porter pour nous, mais chacun pourra s’en nourrir. N’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter. Car chaque fois que nous les refuserons, il manquera quelque chose dans le monde ; n’ayons pas peur des fruits que nous pourrions porter, car chacun d’eux permettra de faire grandir la Vie et l’Amour...
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Publié le 04/05/2008 à 12:00 par recadrages
HISTOIRE DE SANDWICH
Sur un chantier, tous les travailleurs avaient coutume de se retrouver pour manger ensemble au coup de sifflet qui leur annonçait la pause de midi. Et régulièrement Sam se plaignait dès qu'il avait déballé son pique-nique.
"Nom d'une pipe! s'écriait-il. Encore des sandwiches au beurre de cacahuète et à la confiture! Je déteste le beurre de cacahuète et la confiture!"
Jour après jour, Sam se lamentait sur ses sandwiches. Les semaines passèrent et son attitude commença à agacer les autres ouvriers. Finalement, l'un d'eux lui dit : "Mais bon dieu, Sam, si tu détestes à ce point le beurre de cacahuète et la confiture, pourquoi ne demandes-tu pas autre chose à ta femme?"
"Comment ça, ma femme? Répliqua Sam. Je ne suis pas marié. C'est moi qui prépare mes sandwiches."
HISTOIRE DE POINTS DE VUE
Mulla Nasrudin, assis à l'ombre, regarde le chemin, tandis que sa femme, assise, le dos tourné, regarde de l'autre côté. Tout à coup, elle dit à son mari :
- Que c'est beau! C'est plein d'oiseaux et les nuages sont merveilleux. C'est vraiment splendide!
- Je ne vois rien!... De mon côté, il n'y a ni nuages ni oiseaux.
HISTOIRE DE CHOIX
Une hirondelle qui s’était couvert un œil avec l’une de ses ailes pleurait amèrement. Un hibou qui passait par là lui demanda : « petit oiseau, qu’est-ce qui ne va pas ? »
L’hirondelle retira son aile et lui montra le creux dans lequel jadis se trouvait son œil.
« Maintenant je comprends, lui dit le hibou, tu pleures parce qu’un corbeau t’as arraché un œil. »
« Non, répondit l’oiseau tristement. Je ne pleure pas parce que l’oiseau m’a arraché l’œil ; je pleure parce que je l’ai laissé faire »
HISTOIRE DE JARDIN
Un homme transforma en 2 ans un jardin de cailloux en un beau jardin rempli de fleurs merveilleuses. Un jour, un saint homme vint le visiter. Il avait entendu parler du jardin, parce qu’on le connaissait à des kilomètres à la ronde. Mais il voulait aussi s’assurer que le jardinier n’avait pas oublié le Créateur. Alors il dit : « Jardinier, Dieu vous a vraiment béni en vous donnant ce merveilleux jardin ».
Le jardinier comprit. « Vous avez raison, saint homme, répondit-il. Sans soleil, sans pluie, sans sol et sans le miracle des graines et des saisons il n’y aurait pas de jardin. Mais vous auriez dû voir cet endroit il y a quelques années, lorsque Dieu était tout seul pour le cultiver ».
HISTOIRE BELGE
Un français et un belge sont au cinéma.
- Je te parie 100 Frs que le type qui est sur le cheval blanc va tomber! Fait le français.
- Tenu.
2 minutes plus tard, le cow-boy tombe.
- OK fait le belge, tu as gagné 100 Frs.
- J'avais déjà vu le film une fois! Avoue le français.
- Moi aussi! Fait le belge, mais je n'aurais jamais cru qu'il tomberait une 2ème fois.
HISTOIRE DE DIRE "NON"
D'emblée, une jeune fille avertit le garçon avec lequel elle sort pour la 1ère fois.
- Ma mère m'a fait jurer de répondre énergiquement "non" à tout ce que vous me proposeriez.
- Très bien. Verriez-vous une objection à ce que je vous embrasse?
- Non.
HISTOIRE DE POINT DE VUE
Un sage est assis sur le bord d'un chemin. Un voleur passe devant lui précipitamment et lui crie sans s'arrêter : La police me poursuit... Ne leur dites pas que je suis passé par ici!
Il disparaît. Quelques minutes plus tard, le sage voit la police arriver. Il traverse le chemin et s'assoit.
Arrivés à sa hauteur, les policiers lui demandent : Avez-vous vu passer un voleur par ici?
Le sage leur répond en montrant son nouvel emplacement : Depuis que je suis ici, personne n'est passé.
HISTOIRE DE PARLER
Par un froid de canard, 2 italiens marchent et discutent ensemble. L'un des 2 est très loquace. Il parle sans arrêt. L'autre, très réservé ne lui répond pas. Au bout d'un moment, le 1er s'arrête net, regarde son compagnon d'un air furieux et lui dit :
- Que se passe-t-il? Je te parle, je te parle et tu ne me réponds pas?... As-tu quelque chose contre moi?
- Je n'ai rien contre toi, répond l'autre désolé, mais avec ce froid, je ne peux pas sortir les mains de mes poches, tu comprends?
HISTOIRE DE L'OIGNON
Sur le chemin, un oignon rencontre un saule pleureur. Horrifié, il se dit : "Oh! J'espère que ce n'est pas de ma faute?..."
HISTOIRE DE PROMENADE
Un grain de sable propose à un autre :
- Veux-tu faire une petite promenade?
- D'accord! Lui répond l'autre.
Les 2 grains partent à l'aventure dans le désert du Sahara. Ils avancent tranquillement lorsque tout à coup, un grain dit à l'autre :
- Hum! J'ai l'impression que nous sommes suivis!
HISTOIRE DE SUCRE
A 5 heures du matin, on réveille le condamné à mort.
- Quel est votre dernier désir?
- Un café crème s'il vous plaît!
- Combien de sucres?
- Aucun, je suis diabétique!
HISTOIRE DE DESIRS
- Comment, demande un reporter à une actrice, pouvez-vous avoir une vie aussi tumultueuse?
- Très simplement. Au réveil, j'écris mon journal intime et le reste de la journée, je m'efforce de vivre ce que j'ai imaginé le matin.
HISTOIRE DU PEUT-ÊTRE, DE LA CHANCE ET DE LA MALCHANCE
Un vieil homme et son fils s'occupaient d'une petite ferme. Ils n'avaient qu'un seul et unique cheval pour tirer la charrue. Un jour le cheval s'enfuit.
Les voisins les plaignirent : "C'est affreux. Quelle malchance!"
"Qui sait s'il s'agit ou non de malchance", répliqua le fermier.
Une semaine plus tard, le cheval revint des montagnes, ramenant avec lui cinq juments dans la grange.
"Quelle chance extraordinaire!" s'exclamèrent les voisins.
"Chance? Malchance? Qui sait? Répondit le vieil homme.
Le lendemain, alors qu'il essayait de dompter l'un des chevaux, le fils tomba et se cassa la jambe.
"C'est terrible. Quelle malchance!"
"Malchance? Chance?"
Quelques temps après, l'armée passa dans toutes les fermes enrôler de jeunes hommes pour la guerre. Le fils du fermier ne leur était d'aucune utilité, il fut donc épargné.
"Chance? Malchance?"
HISOIRE D'AIDER
Une mère conduisit son jeune fils chez le Mahatma Gandhi. Elle le supplia : "Je vous en prie, Mahatma, dites à mon fils de ne plus manger de sucre."
Gandhi réfléchit, puis déclara : "Ramenez votre fils dans quinze jours." Surprise, la femme le remercia et promit de faire ce qu'il lui avait demandé;
Quinze jours plus tard, elle revint avec son fils. Gandhi regarda le jeune garçon dans les yeux et dit : " Arrête de manger du sucre."
Reconnaissante, mais étonnée, la femme le questionna : "Pourquoi m'avez-vous demandé de le ramener après deux semaines? Vous auriez pu lui dire la même chose la première fois?"
Gandhi répondit : "Il y a quinze jours, je mangeais du sucre?"
HISTOIRE DE CULPABILISATION
Un vieux moine, accompagné d'un plus jeune, marchait sur un chemin détrempé dans la forêt, s'en retournant dans un monastère au Japon. Ils rencontrèrent une jolie femme qui se tenait, bien embarrassée, au bord d'un cours d'eau boueux et rapide.
Comprenant la situation, le vieux moine la prit dans ses bras robustes et la porta sur l'autre rive. Elle lui sourit, agrippée à son cou, jusqu'au moment où il la posa courtoisement sur le sol. Elle s'inclina en signe de remerciement, puis les deux moines poursuivirent leur route en silence.
A l'approche des portes du monastère, le jeune moine ne parvint plus à se contenir. "Comment as-tu pu porter un belle femme dans tes bras? Il me semble qu'un tel comportement ne sied pas à un moine!"
Le vieux moine regarda son compagnon et répondit : "Je l'ai laissée là-bas. La portes-tu encore?"
HISTOIRE DE MARCHER
- Je marche dans la rue. Il y a un grand trou dans le trottoir. Je tombe dedans. Je suis perdu(e), impuissant(e). Ce n’est pas ma faute. Il me faut une éternité pour en sortir.
- Je marche dans la même rue. Il y a un grand trou dans le trottoir. Je fais semblant de ne pas le voir. Je retombe dedans. Je n’arrive pas à croire que je suis au même endroit. Mais ce n’est pas ma faute. Il me faut encore longtemps pour en sortir.
- Je marche dans la même rue. Il y a un grand trou dans le trottoir. Je le vois bien. Je tombe quand même dedans ; c’est une habitude. J’ai les yeux ouverts. Je sais où je suis. C’est ma faute. Je sors immédiatement.
- Je marche dans la même rue. Il y a un grand trou dans le trottoir. J’en fais le tour.
- Je prends une autre rue.
HISTOIRE DE LA JARRE ABIMEE
Un porteur d'eau indien avait deux grandes jarres, suspendues aux 2 extrémités d'une pièce de bois qui épousait la forme de ses épaules. L'une des jarres avait un éclat, et, alors que l'autre jarre conservait parfaitement toute son eau de source jusqu'à la maison du maître, l'autre jarre perdait presque la moitié de sa précieuse cargaison en cours de route. Cela dura 2 ans, pendant lesquels, chaque jour, le porteur d'eau ne livrait qu'une jarre et demi d'eau à chacun de ses voyages. Bien sûr, la jarre parfaite était fière d'elle, puisqu'elle parvenait à remplir sa fonction du début à la fin sans faille. Mais la jarre abîmée avait honte de son imperfection et se sentait déprimée parce qu'elle ne parvenait à accomplir que la moitié de ce dont elle était censée être capable. Au bout de 2 ans de ce qu'elle considérait comme un échec permanent, la jarre endommagée s'adressa au porteur d'eau, au moment où celui-ci la remplissait à la source. "Je me sens coupable, et je te prie de m'excuser." "Pourquoi ?" demanda le porteur d'eau. "De quoi as-tu honte ?" "Je n'ai réussi qu'à porter la moitié de ma cargaison d'eau à notre maître, pendant ces 2 ans, à cause de cet éclat qui fait fuir l'eau. Par ma faute, tu fais tous ces efforts, et, à la fin, tu ne livres à notre maître que la moitié de l'eau.
Tu n'obtiens pas la reconnaissance complète de tes efforts", lui dit la jarre abîmée.
Le porteur d'eau fut touché par cette confession, et, plein de compassion, répondit: "Pendant que nous retournons à la maison du maître, je veux que tu regardes les fleurs magnifiques qu'il y a au bord du chemin". Au fur et à mesure de leur montée sur le chemin, au long de la colline, la vieille jarre vit de magnifiques fleurs baignées de soleil sur les bords du chemin, et cela lui mit du baume au coeur. Mais à la fin du parcours, elle se sentait toujours aussi mal parce qu'elle avait encore perdu la moitié de son eau.
Le porteur d'eau dit à la jarre "T'es-tu rendu compte qu'il n'y avait de belles fleurs que de TON côté, et presque aucune du côté de la jarre parfaite? C'est parce que j'ai toujours su que tu perdais de l'eau, et j'en ai tiré parti. J'ai planté des semences de fleurs de ton coté du chemin, et, chaque jour, tu les as arrosées tout au long du chemin. Pendant 2 ans, j'ai pu grâce à toi cueillir de magnifiques fleurs qui ont décoré la table du maître. Sans toi, jamais je n'aurais pu trouver des fleurs aussi fraîches et gracieuses."
Morale de l'histoire: Nous avons tous des éclats, des blessures, des défauts. Nous sommes tous des jarres abîmées. Certains d'entre nous sont diminués par la vieillesse, d'autres ne brillent pas par leur intelligence, d'autres trop grands, trop gros ou trop maigres, certains sont chauves, d'autres sont diminués physiquement, mais ce sont les éclats, les défauts en nous qui rendent nos vies intéressantes et exaltantes. Il vaut mieux prendre les autres tels qu'ils sont, et voir ce qu'il y a de bien et de bon en eux. Il y a beaucoup de positif partout. Il y a beaucoup de bon en vous. Ceux qui sont flexibles ont la chance de ne pas pouvoir être déformés. Souvenez-vous d'apprécier tous les gens si différents qui peuplent votre vie ! Sans eux, la vie serait bien triste. Merci d'apprécier amicalement mes imperfections - et, plus important pour vous - d'apprendre à aimer les vôtres.
HISTOIRE DES TROIS PASSOIRES
Quelqu'un arriva un jour, tout agité, auprès du sage Socrate:
- Ecoute, Socrate, en tant qu'ami, je dois te raconter.
- Arrête. As-tu passe- ce que tu as à me dire à travers les trois passoires?
- Trois passoires?
Oui, mon ami : Trois tamis...
Le premier est celui de la vérité. As-tu examiné si tout ce que tu vas me raconter est vrai?
Non, je l'ai entendu raconter et...
- Bien, bien, mais assurément tu l'as fait passer à travers le deuxième tamis. C'est celui de la bonté. Est-ce que, même si ce n'est pas tout à fait vrai, ce que tu veux me raconter est du moins quelque chose de bon?
- Non pas, au contraire...
- Essayons donc de nous servir du troisième tamis. Demandons-nous s'il est utile de me raconter ce qui t'agite tant.
- Utile ? Pas précisément...
Eh bien, dit le sage, Si ce que tu as à me dire n'est ni vrai, ni bon, ni utile, je ne veux pas le savoir. Oublie-le!
HISTOIRE DE LA PARABOLE DU FERMIER
J'ai entendu une ancienne parabole. Elle doit être très ancienne, car en ce temps là Dieu habitait encore sur terre.
Un jour un homme, un vieux fermier vint le voir et lui dit: "Écoute, il se peut que tu sois Dieu et que tu aies créé le monde, mais une chose est certaine, tu n'es pas fermier. Tu ne connais même pas le b.a.BA de l'agriculture. Tu as quelque chose à apprendre !"
"Soit" répondit Dieu "quel est ton conseil ?"
Le fermier poursuivit: "Accorde-moi un an et pendant cette année permets que les choses se passent comme je l'entends, puis vois ce qui arrive; la pauvreté disparaîtra !"
Dieu y consentit et une année fut accordée au fermier. Naturellement celui-ci demanda ce qu'il y avait de mieux; pas de tonnerre, pas de vents violents, pas de dangers pour la moisson. Tout se déroulait le mieux du monde et il était heureux. Le blé poussait si bien ! Lorsqu'il voulait du soleil, il y avait du soleil; lorsqu'il désirait de la pluie, il y avait de la pluie; et autant qu'il en voulait. Cette année là tout était parfait, mathématiquement parfait.
Mais lorsque la récolte fut moissonnée, il n'y avait pas de grains dans les épis. Le fermier en fut surpris. Il demanda à Dieu: "Que s'est-il passé ? Qu'est-ce qui n'a pas marché ?"
Dieu répondit: "Parce qu'il n'y a pas eu de défi, parce qu'il n'y a eu aucun conflit, aucune friction, parce que tu as évité tout ce qui était mauvais, le blé est resté impuissant. Un peu de lutte est nécessaire, les orages sont nécessaires, le tonnerre, les éclairs sont nécessaires. Ils secouent et éveillent l'âme à l'intérieur du blé".
Cette parabole est d'une immense valeur. Si vous n'êtes qu'heureux, encore heureux et toujours heureux, le bonheur perdra tout son sens. C'est comme si quelqu'un écrivait avec de la craie blanche sur un mur blanc; jamais personne ne pourra le lire, vous devez écrire sur un tableau noir alors tout devient clair. La nuit est aussi nécessaire que le jour et les jours de tristesse sont aussi essentiels que les jours de bonheur.
C'est ce que j'appelle la compréhension. Dès que vous comprenez, vous vous laissez aller et dans ce laisser aller se trouve l'abandon. Vous dites: "Que ta volonté soit faite" et aussi "Fais ce que tu penses être juste. Si aujourd'hui il faut des nuages, donne-moi des nuages. Ne m'écoute pas, ma compréhension est minuscule. Qu'est-ce que je connais de la vie et de ses secrets ? Ne m'écoute pas ! Continue à faire ce que tu dois faire !" Et peu à peu, au fur et à mesure que vous percevez le rythme de la vie, le rythme de la dualité, le rythme de la polarité, vous cessez de demander, vous cessez de choisir.
Voilà le secret ! Vivez avec ce secret et voyez-en la beauté. Vivez avec ce secret et vous serez soudain surpris de l'immensité de la bénédiction de la vie. Quelle abondance vous est offerte à chaque instant !
HISTOIRE DU BILLET DE 50 EUROS
Un conférencier bien connu commence son séminaire en tenant bien haut un billet de 50 Euros.
Il demande aux gens : "Qui aimerait avoir ce billet ?"
Les mains commencent à se lever, alors il dit :
"Je vais donner ce billet de 50 Euros à l'un d'entre vous mais avant laissez-moi faire quelque chose avec."
Il chiffonne alors le billet avec force et il demande : "Est-ce que vous voulez toujours ce billet?"
Les mains continuent à se lever.
"Bon, d'accord, mais que se passera-t-il si je fais cela." Il jette le billet froissé par terre et saute à pieds joints dessus, l'écrasant autant que possible et le recouvrant des poussières du
plancher.
Ensuite il demande : "Qui veut encore avoir ce billet ?"
Évidemment, les mains continuent de se lever !
"Mes amis, vous venez d'apprendre une leçon... Peu importe ce que je fais avec ce billet, vous le voulez toujours parce que sa valeur n'a pas changé, il vaut toujours 50 Euros. Alors pensez à vous, à votre vie. Plusieurs fois dans votre vie, vous serez froissé, rejeté, souillé par les gens ou par les événements. Vous aurez l'impression que vous ne valez plus rien mais en réalité votre valeur n'aura pas changé aux yeux des gens qui vous aiment ! La valeur d'une personne ne tient pas à ce que l'on a fait ou pas, vous pourrez toujours recommencer et atteindre vos objectifs car votre valeur intrinsèque est toujours intacte."
HISTOIRE DE COURAGE par JAURES
Le courage, c'est d'aimer la vie et de regarder la mort d'un regard tranquille ; c'est d'aller à l'idéal et de comprendre le réel ; c'est d'agir et de se donner aux grandes causes sans savoir quelle récompense réserve à notre effort l'univers profond, ni s'il lui réserve une récompense.
Le courage c'est de chercher la vérité et de la dire ; c'est de ne pas subir la loi du mensonge triomphant qui passe, et de ne pas faire écho, de notre âme, de notre bouche et de nos mains aux applaudissements imbéciles et aux huées fanatiques.
Jaurès
Histoire d'un prof
Un jour, une prof demande à ses élèves de noter le nom de tous les élèves de la classe sur une copie et de laisser un peu de place à côté de chaque nom. Puis, elle leur dit de penser à ce qu'ils pouvaient dire de plus gentil au sujet de chaque camarade et de le noter à côté du nom. Cela pris toute une heure jusqu'à ce que tous aient fini et avant de quitter la salle de classe, les élèves remirent leur copie à la prof. Le week-end, la prof écrivit le nom de chaque élève sur une feuille et à côté toutes les remarques gentilles que les autres avaient écrit à
son sujet. Le lundi, elle donna à chaque élève sa liste. Peu de temps après, tous souriaient. «Vraiment?» entendait-on chuchoter ... «Je ne savais pas que j'avais de l'importance pour quelqu'un !» et «Je ne savais pas que les autres m'aiment tant» étaient les commentaires que l'on entendait dans la salle de classe ... Personne ne parla plus jamais des listes. La prof ne savait pas si les élèves en avaient parlé entre eux ou avec leurs parents, mais cela n'avait pas d'importance. L'exercice avait rempli sa fonction. Les élèves étaient satisfaits d'eux-mêmes et des autres. Quelques années plus tard, un élève était mort en Afghanistan et la prof alla à l'enterrement de cet élève. L'église était comble. Beaucoup d'amis étaient là. L'un après
l'autre s'approcha du cercueil pour lui adresser un dernier adieu. La prof alla en dernière et elle trembla devant le cercueil. Un des amis présents lui demanda «Est-ce que vous étiez la prof de maths de Mark?» Elle hocha la tête: «Oui». Alors il lui dit:" Mark a souvent parlé de vous». Après l'enterrement, la plupart des amis de Mark s'étaient réunis. Les parents de Mark étaient aussi là et ils attendaient impatiemment de pouvoir parler à la prof. «Nous voulions vous montrer quelque chose» dit le père de Mark et
sortit son portefeuille de sa poche. «On a trouvé cela quand Mark est tombé. Nous pensions que vous le reconnaîtriez.» Il sortit du portefeuille un papier très usé qui avait dû être recollé, déplié et replié très souvent. Sans le regarder, la prof savait que c'était l'une des feuilles contenant beaucoup de gentilles remarques écrites à l'époque par les camarades de classe au sujet de Mark. «Nous aimerions vous remercier pour ce que vous avez fait.» dit la mère de Mark. «Comme vous pouvez le constater, Mark a beaucoup apprécié ce geste. Tous les anciens élèves se réunirent autour de la prof. Charlie sourit et dit: "J'ai encore ma liste. Elle se trouve dans le premier tiroir de mon bureau.» La femme de Chuck dit: «Chuck m'a prié de la coller dans notre album de mariage.» «Moi aussi, j'ai encore la mienne, » dit Marilyn « Elle est dans mon journal intime» Puis, Vicky, une autre élève, prit son agenda et montra sa liste toute usée aux autres personnes présentes.» Je l'ai toujours avec moi,» dit Vicky et elle ajouta : "Nous l'avons tous gardée.» La prof était si émue qu'elle dut s'asseoir et elle pleura. Elle pleurait pour Mark et pour tous ses amis qui ne le reverraient plus jamais.
*Dans le quotidien avec les autres, nous oublions trop souvent que toute vie s'arrête un jour et que nous ne savons pas quand ce jour arrivera. C'est pourquoi, il est important de dire aux personnes, que l'on aime et qui nous sont importantes, qu'elles sont particulières et importantes.
Publié le 10/06/2008 à 12:00 par recadrages
Penser à des situations positives, y repenser, se les remémorer,
ramène notre esprit vers quelque chose de stimulant et de rafraîchissant
pour notre imagination, notre corps, nos cellules.
Vous imbiber de ces souvenirs inspirants va vous permettre de mettre le focus sur le
verre plein, retrouver des sentiments et émotions agréables pour vous.
C'est la journée qui sera colorée ainsi de cette énergie boostée au bien-être!
RAPPELEZ-VOUS UN MOMENT où :
1. La vie vous semblait facile
2. Quelqu'un s'est occupé de vous
3. Quelqu'un vous a aidé dans vos démarches
4. Quelqu'un vous a apprécié
5. Quelqu'un vous a demandé pardon
6. Quelqu'un vous a encouragé dans vos projets
7. Quelqu'un vous a fait confiance
8. Quelqu'un vous a fait un cadeau sans que vous vous y attendiez
9. Quelqu'un vous a pardonné quelque chose que vous aviez fait ou dit
10. Quelqu'un vous a partagé un secret
11. Quelqu'un vous a soigné
12. Quelqu'un vous a sollicité
13. Quelqu'un vous a surpris agréablement
14. Vos mérites ont été reconnus
15. Votre plume glissait facilement sur le papier : votre inspiration était là
16. Vous avez appris une bonne nouvelle
17. Vous avez cessé une habitude
18. Vous avez connu la réussite, le succès
19. Vous avez créé quelque chose de neuf, avec facilité et enthousiasme
20. Vous avez dit "oui" avec plaisir à une proposition qui vous a été faite
21. Vous avez dit ce qui vous tenait à cœur
22. Vous avez dit les mots qu'il fallait au moment juste, opportun, approprié
23. Vous avez donné le meilleur de vous-même
24. Vous avez été à l'heure à un rendez-vous
25. Vous avez fait confiance à quelqu'un
26. Vous avez fait don de quelque chose à quelqu'un
27. Vous avez fait l'amour de manière épanouissante, régénérante, aimante
28. Vous avez obtenu quelque chose que vous désiriez vraiment
29. Vous avez parlé en public avec facilité, puissance, calme
30. Vous avez partagé un secret avec quelqu'un
31. Vous avez reçu un don, un héritage
32. Vous avez reçu un message de quelqu'un que vous n'aviez pas vu depuis longtemps
33. Vous avez répondu du tac au tac avec calme et respect
34. Vous avez résisté à la tentation
35. Vous avez ri aux éclats
36. Vous avez signé un contrat auquel vous aspiriez et que vous espériez
37. Vous avez su ce que vous vouliez être ou faire de vous, de votre vie
38. Vous avez su dire "non", poser vos limites
39. Vous avez su dire "oui"
40. Vous avez su dire ce que vous aviez à dire avec facilité, simplicité
41. Vous avez su négocier dans un rapport gagnant gagnant
42. Vous avez su que vous étiez reçu à un examen, au permis de conduire
43. Vous avez trouvé ce que vous cherchiez
44. Vous avez vu quelqu'un vous regarder avec amour, confiance
45. Vous êtes arrivé(e) à l'heure
46. Vous étiez dans un tête à tête agréable avec quelqu'un
47. Vous n'avez pas douté avant de prendre une décision, faire un choix
48. Vous n'aviez pas peur de vous exprimer
49. Vous vous êtes apprécié, aimé tel(le) que vous étiez
50. Vous vous êtes donné les moyens de vos ambitions
51. Vous vous êtes pardonné une erreur
52. Vous vous êtes réconcilié(e) avec quelqu'un ou quelque chose
53. Vous vous êtes rendu(e) compte que vous aimiez quelqu'un
54. Vous vous êtes senti(e) à la hauteur
55. Vous vous êtes senti(e) à votre juste place
56. Vous vous êtes senti(e) aimé(e), apprécié(e), reconnu(e)
57. Vous vous êtes senti(e) beau, belle, bien dans votre peau, dans votre corps
58. Vous vous êtes senti(e) bien en compagnie des autres
59. Vous vous êtes senti(e) bien en étant seul(e), en votre propre compagnie
60. Vous vous êtes senti(e) chez vous dans un lieu
61. Vous vous êtes senti(e) écouté(e) et entendu(e)
62. Vous vous êtes senti(e) en paix avec vous-même, les autres, le monde et la vie
63. Vous vous êtes senti(e) entouré(e) de personnes de confiance, de qualités, stimulantes et encourageantes pour vous
64. Vous vous êtes senti(e) heureux de vivre et d'exister
65. Vous vous êtes senti(e) plein de vie
66. Vous vous êtes senti(e) relié(e) au Tout, à l'Univers, au Cosmos
67. Vous vous êtes senti(e) sûr(e) de vous
68. Vous vous êtes vraiment fait plaisir
69. Vous vous sentiez calme, détendu(e)
70. Vous vous sentiez en communion avec l'environnement, les gens
71. Vous vous sentiez inspiré(e)
72. Vous vous sentiez poussé des ailes
…
Publié le 09/07/2008 à 12:00 par recadrages
Souvent, nous avons l'impression que la vie est triste et nous devenons moroses.
Oui, nous focalisons sur le verre vide plutôt que sur le verre plein, sur ce qui manque plutôt que sur ce qui est déjà là.
En plus, lisant les manchettes des journaux axés sur les mauvaises nouvelles, nous amplifions notre sentiment d'anxiété.
Or, la pensée crée la réalité.
La pensée génère des ambiances intérieures positives selon l'angle de vue par lequel nous regardons et écoutons.
Alors, aujourd'hui, je vous propose une compilation de 220 bonnes nouvelles, comme autant de manchettes de journaux que vous pourrez davantage lire avec plaisir.
Voyez l'impact de ces mots sur vous!
Et POUR UTILISER AU MIEUX CES ITEMS,
commencez chaque phrase par un enthousiasmant : "Bonne Nouvelle"
à haute voix ou dans votre tête.
PENSER A CREER VOUS-MÊME VOTRE PROPRE JOURNAL DE BONNES NOUVELLES
A vous de jouer!... et regardez : le soleil est là quelque part au-dessus de vous…
BONNE NOUVELLE….
1. Le soleil s'est encore levé ce matin
2. J'ai 24 heures entièrement neuves aujourd'hui
3. La terre tourne toujours sur son axe
4. Je respire
5. L'herbe pousse
6. J'ai soif
7. J'ai faim
8. Je suis vivant(e)
9. Je sais lire ce que je suis en train de lire
10. Mes pieds touchent le sol
11. Les oiseaux volent
12. Je peux rêver comme j'en ai envie
13. Ce jour est un jour complètement nouveau
14. Je suis libre de penser ce que je veux
15. Les arbres tiennent debout
16. Je tiens debout tout(e) seul(e)
17. La vie me fait de moins en moins peur
18. Je sais faire de multiples choses
19. Je chante dans ma tête
20. Je change et j'aime comme je deviens
21. Le soleil est au-dessus des nuages
22. J'aime et je suis aimé(e)
23. Le téléphone sonne
24. J'ai plein d'idées
25. L'abondance est de plus en plus présente dans ma vie
26. J'innove aujourd'hui
27. Je suis libre de mes mouvements et dans ma tête
28. Le soleil me sourit
29. Je dis ce que j'ai à dire
30. Je fais ce que j'ai à faire
31. Je bois quand j'ai soif
32. J'ai des amis(es) sur qui je peux compter
33. La vie me sourit
34. Je suis à l'heure à mes rendez-vous
35. J'ai réussi ce concours, cet examen
36. Je suis reçu(e) à cet examen
37. J'ai décroché un rendez-vous avec…
38. J'ai le poste
39. J'attends un bébé
40. Je vais me marier
41. J'ai trouvé un appartement
42. Je viens de signer pour la location/l'achat de l'appartement
43. J'ai gagné au loto
44. Je viens de faire un héritage
45. J'entends ma voix de sagesse à l'intérieur de moi
46. Ma santé s'améliore de jour en jour
47. Les étoiles brillent dans le ciel, la nuit
48. La terre boit l'eau de la pluie
49. Je fume de moins en moins
50. J'ai arrêté de fumer
51. Je me sens désirable et désiré(e)
52. Mon bouquin est publié
53. J'ai trouvé un éditeur pour mon livre
54. J'ai signé le contrat avec l'éditeur
55. Ce que j'ai créé se vend comme des petits pains
56. Ma vie est de plus en plus douce, agréable et prospère
57. Je médite chaque jour pendant 30 à 60 minutes
58. La vie m'aime et j'aime la vie
59. Je fais confiance à la vie et la vie me fait confiance
60. Je crois de plus en plus en ce que je fais et dis
61. Je fais ce que je dis et je dis ce que je fais
62. Je marche ma parole
63. Je suis enceinte
64. C'est une fille
65. C'est un garçon
66. J'ai créé quelque chose qui plait au plus grand nombre et qui les aide
67. Je fais ce que j'aime
68. Je vis de ma passion
69. Mon emploi du temps s'allége et s'équilibre de plus en plus
70. J'ai du temps pour moi
71. Je prends du temps pour moi
72. Je réussis tout ce que j'entreprends
73. Je me sens de mieux en mieux dans ma peau, mon corps
74. Je suis sorti(e) de la dépression
75. Mon deuil est terminé
76. J'ai tout ce dont j'ai besoin
77. Je m'exprime de plus en plus clairement
78. Je sais ce que j'aime et ce que je n'aime pas
79. Je sais ce que je veux et ce que je ne veux plus
80. Je prends de plus en plus soin de moi et de ma vie
81. Mes relations s'améliorent de jour en jour et d'année en année
82. Je souris davantage
83. Un(e) inconnu(e) m'a offert des fleurs, un compliment
84. J'accepte de plus en plus facilement les compliments
85. Je suis de moins en moins stressé(e)
86. Je juge moins et moins souvent
87. Je suis de plus en plus tolérant(e)
88. Je me sens à la hauteur de ce que je fais et propose
89. Mon corps ne me fait plus peur
90. L'amour ne me fait plus peur
91. Aimer ne me fait plus peur
92. Je termine ce que j'entreprends
93. J'ai lâché la dispersion
94. Je sais de mieux en mieux gérer mes émotions
95. Il m'a pardonné
96. J'ai pardonné à …
97. Je noue plus facilement contact avec les gens
98. Je parle de plus en plus de ce que je vis et ressens
99. J'exprime mes émotions
100. Je sais voir la beauté même au-delà des apparences
101. Je me reconnais des qualités
102. Je vois mes qualités et celles des autres
103. Je me sens aidant(e) et utile
104. Ce que je fais et crée tient la route
105. J'ai reçu l'autorisation, la permission que j'attendais
106. J'ai reçu l'agrément pour l'adoption
107. J'ai mon visa
108. Je pars en vacances
109. Je prends des vacances
110. Je viens d'avoir 50 ans
111. Je fête mon jubilé
112. J'ai mes règles
113. J'ai corrigé certains de mes défauts
114. Je ne bégaie plus quand je parle devant des gens
115. J'ai de moins en moins peur de parler en public
116. Je viens d'obtenir une autre corde à mon arc
117. Ce qui me gênait ne me gène plus du tout
118. Je gagne à être connu(e)
119. Je mérite le meilleur
120. J'ai le droit d'être heureux(euse)
121. J'ai le privilège de vivre sur cette terre
122. J'aime la vie et la vie m'aime
123. Il pleut
124. Il fait beau
125. Je réussis tout ce que j'entreprends
126. Je vis ma vie
127. Je m'épanouis de jour en jour
128. Je vois le sourire de ceux que j'aime
129. Les gens me sourient et me disent bonjour
130. Je suis vivant(e)
131. Je suis autonome financièrement
132. Aucune dette ne me tire en arrière
133. Je vais de l'avant
134. J'ose être moi partout et en toutes circonstances
135. Je retrouve mes forces de plus en plus chaque jour
136. Je suis de plus en plus calme et serein(e)
137. Je vis ma puissance et la rayonne en tout amour
138. J'incarne mon potentiel
139. Je suis au bon endroit au bon moment
140. Je respire de plus en plus amplement
141. Je médite de plus en plus souvent
142. Mon être de sagesse (mon intuition) me souffle ses sages conseils
143. Je suis les suggestions de mon intuition
144. J'écoute de plus en plus mon intuition
145. Je suis guidée à chaque pas par mon intuition, mon être de sagesse
146. Je vis la vie de mes rêves
147. Je vis mes rêves
148. Je réalise mes rêves
149. Je suis en avance pour mon âge
150. Je ne fais pas mon âge
151. Je fais plus jeune que mon âge
152. Je suis devenu(e) un beau papillon
153. Je déploie mes ailes
154. J'ai plein de qualités et de ressources en moi
155. Je m'attends au meilleur
156. J'accueille le changement en toute sérénité
157. J'ai grandi
158. Je suis grand(e)
159. J'affiche mes valeurs
160. J'écris avec de plus en plus de plaisir et de facilité
161. Les mots que je dis coulent de source
162. Je suis relié(e) au Tout
163. La vie, l'Univers exaucent mes souhaits
164. Je suis dans la force de l'âge
165. Je vis de ma passion
166. Je vis mon rêve
167. Le meilleur reste à venir
168. Ma joie se voit
169. Je me recentre de plus en plus chaque jour
170. L'Univers conspire à ma réalisation de la manière la plus simple et la plus douce
171. Tout devient plus simple et plus facile pour moi
172. Je me donne le droit de réussir ma vie
173. Je me donne la permission d'être heureux(euse)
174. Je me crée ma vie chaque jour
175. Je suis de plus en plus riche intérieurement et extérieurement
176. J'accueille l'abondance avec grâce et simplicité pour le bien du plus grand nombre
177. J'œuvre pour le plus grand nombre
178. Je trouve les solutions dont j'ai besoin
179. J'accepte de plus en plus la vie telle qu'elle est
180. J'aime tout ce qui est présent dans ma vie
181. Je ne regrette rien
182. Je vais jusqu'au bout de mes rêves
183. J'ai tout le temps qu'il me faut pour faire tout ce que j'ai à faire
184. Je m'énerve de moins en moins
185. Je doute de moins en moins
186. Je suis de plus en plu sûr(e), confiant(e)
187. Je suis de plus en plus fidèle à moi-même
188. Je dors de mieux en mieux
189. Je me rappelle de mes rêves
190. Je mange de façon plus saine et équilibrée
191. J'écoute davantage mon corps
192. Je reviens à l'essentiel
193. Je me concentre sur l'essentiel
194. Je prends de plus en plus de plaisir à vivre et à faire ce que j'ai à faire
195. Je ris de plus en plus souvent
196. Je me tourne davantage vers l'avenir
197. Je suis une femme, un homme éclairé(e)
198. Je saisis de plus en plus les meilleures opportunités
199. Je ne me cache plus
200. Je sors de ma bulle
201. Mon relationnel s'harmonise
202. Je suis à la hauteur de ce que je propose
203. J'ai tout le temps du monde pour faire ce que j'ai à faire
204. Je me fixe des objectifs et des priorités
205. Je sais ce que j'ai à faire
206. J'ai un lieu où dormir et où travailler
207. Je prends mes responsabilités avec de plus en plus de facilité et de plaisir
208. Je progresse de plus en plus chaque jour
209. Je vois le soleil au-dessus des nuages
210. Le soleil est toujours là au-dessus des nuages
211. Je suis de plus en plus tonique et en forme
212. J'ai de plus en plus la foi
213. Je vis ma spiritualité au quotidien
214. Je suis à ma place où que je sois et quoi que je fasse
215. Je suis de plus en plus conscient(e)
216. Chaque jour est un nouveau jour
217. Je m'organise de mieux en mieux
218. Je fais confiance à la vie et la vie me fait confiance
219. J'aime celle/celui que je suis devenu(e)
220. J'accueille la nouveauté avec de plus en plus de simplicité et de joie
Publié le 03/12/2008 à 12:00 par recadrages
Sur cette page
14 HISTOIRES INSPIRANTES ET INSPIREES CREEES PAR LAURENCE SIMENOT
POUR LES ENFANTS INTERIEURS EN CHACUN D'ENTRE NOUS !
Ecrites et créées par Laurence SIMENOT
à l'issue de ma formation en Hypnose Ericksonienne.
1 - L'OISEAU
Histoire créée par Laurence Simenot
Cette histoire est celle d'un oiseau, d'un ange qui vit dans le ciel, très loin de nos frontières, très loin de nos rivages. Il vit en compagnie d'une troupe d'oiseaux multicolores et vivaces comme l'éclair.
Cet oiseau se confond parfois avec le ciel tant sa couleur change en fonction de la vitesse de ses déplacements ou de son bon vouloir. C'est peu de dire qu'il se sent chez lui dans le ciel! D'ailleurs, il se sent chez lui partout, comme chez lui partout; avec qui il se trouve il est en bonne compagnie : la sienne et celle de ses compagnons de jeu.
Cet oiseau est infiniment grand dans l'ouverture de son cœur et dans la gentillesse de son âme. Il a en lui une fibre d'amour mystique, ce qui est étonnant, vous l'avouerez pour un oiseau qui vit dans le ciel. Mais revenons à nos moutons !
Dans ce lieu dégagé de tout obstacle encombrant et menaçant, notre oiseau s'envole et s'ébroue de toutes la largeur de ses ailes immenses et fines, immensément fines. Il s'appuie sur l'air avec une telle délicatesse, une infinie courtoisie pour l'élément qui le porte qu'il avance avec d'élégants mouvements d'ailes. C'est comme s'il était porté doucement et délicatement comme sur un tapis roulant qui avancerait dans les airs.
Notre oiseau avance et se laisse aller à être là, juste posé là où il est, conscient de la beauté du spectacle qui s'offre devant lui : la vastitude du ciel, l'éclat de la luminosité, de la pureté de l'horizon. Et devant tant de beauté, devant ce spectacle qui le ravit au plus profond de son cœur, il se promet pour l'avenir les meilleurs choses que le monde ait à lui offrir. Car à cet instant, l'oiseau se sent investit d'une énergie telle qu'il sent, en lui, l'univers de tous les possibles s'ouvrir pour lui, pour l'amener vers de nouvelles contrées où ne régnera qu'harmonie et beauté d'âme, pureté du cœur et gentillesse de l'esprit, finesse de l'esprit.
Et, dans son cœur, s'ouvre un soleil aux mille pétales de rose, et dans ses yeux, commence à briller une flamme de vie qui ne mourra qu'à sa mort lorsque ses yeux d'oiseau ne s'ouvriront plus à cette vie d'oiseau, dans ce cœur d'oiseau. D'ici là notre oiseau a encore de belles années devant lui et souhaitons-lui d'obtenir tout ce qu'il désire et même plus encore car aujourd'hui c'est d'un rêve devenu réalité auquel nous convie l'auteur de ses lignes. Et même si dans vos cœurs résonnent la chanson de l'amour et dans vos yeux la douceur du rayonnement intérieur, c'est de richesse et d'ouverture dont vous êtes aujourd'hui les plus doux bénéficiaires.
Et tout comme cet oiseau dans le ciel vous apportait chaleur et réconfort, ouvrez maintenant votre cœur aux ailes de l'amour et en respirant profondément, simplement là, vous sentirez le chant de l'oiseau étreindre vos épaules et vous embrasser tendrement sur la joue gauche ou peut être sur la joue droite....
2 - L'AIGLE
Histoire créée par Laurence Simenot
C'est un endroit qui se trouve dans le désert, loin, très loin de la civilisation. Un endroit solitaire, paisible et calme.
Des dunes à perte de vue ; le sable qui se soulève paisiblement sous le vent doux et régulier. Dans cet endroit, règne une ambiance de délicatesse, de lenteur, de simplicité. C'est un moment que je vous décris comme on aimerait en sentir plus souvent. Là, règne la sérénité, l'harmonie, la justesse, la vérité posée là dans toute sa nudité.
Il n'y a rien d'autre à ce moment que le sable chaud, le soleil luisant dans le ciel, un arbre, un genre de pin ou de sapin qui s'élève dans le ciel, accroché dans le sable. Et dans la moiteur et la douceur de l'air en haut, tout là haut, tourne un aigle.
Un aigle majestueux, un aigle grandiose, un aigle dont l'envergure de ses ailes déployées dépassent de loin tout ce que vous avez pu voir de vos yeux depuis si longtemps déjà. Et cet aigle tourne, tourne, tourne encore dans une lenteur et une majesté parfaite. Il plane en se déployant le plus largement possible sans aucun effort apparent. Cela semble tellement simple pour lui de tournoyer ainsi dans le ciel, si haut, si haut dans la limpidité du ciel. Et en fait, en même temps qu'il tourne ainsi et évolue avec grâce dans le ciel, il regarde, il observe. Quoi ? Mais tout, autour de lui !
Il s'extasie de regarder tout ce qu'il y a à voir là. Il regarde de ses yeux perçants tout autour de lui et au-dessus et encore au-dessous, et il se retourne et regarde derrière lui aussi. Partout il est à l'écoute, partout il observe finement avec une agilité surprenante quand on sait qu'il se déplace si lentement apparemment. Et tout à coup, notre oiseau bat des ailes plus forts. Le mouvement devient plus prononcé. C'est comme s'il avait décidé quelque chose dans sa tête et qu'il agissait maintenant. Et ses mouvements prennent plus d'amplitude et il commence à avancer, à avancer de plus en plus ; suivez-le des yeux et laissez-vous entraîner à sa suite vers des dimensions encore plus vastes que ce que vous connaissez et allez avec douceur et confiance explorer avec lui ces nouvelles contrées qui désormais sont vos propres espaces de liberté retrouvés.
Laissez-vous guider et savourez, savourez encore....
3 - LE PRUNIER ET LE FIGUIER
Histoire créée par Laurence Simenot
Un prunier côtoyait un figuier dans une prairie qui appartenait à je ne sais plus qui!
C'est une histoire tellement ancienne qu'on ne sait plus qui était là ou non à l'époque. Mais pour vous montrer que cette histoire nous est parvenue de génération en génération, laissez-vous attirer par cet arbre là-bas dans la prairie, ce prunier qui a l'âge d'être notre ancêtre à tous ici, et vous pouvez voir que cet arbre a été planté un jour, il y a fort longtemps par un jeune garçon, un tout petit garçon.
C'était un soir d'été après la fin de ses cours à l'école, juste avant les grandes vacances scolaires. C'était un moment qui était important pour lui. Ce petit garçon pensait à l'avenir. Il se rappelait son grand-père qui n'est plus de ce monde mais qui a beaucoup compté pour lui. Car son grand-père lui racontait des histoires, des histoires longues, très longues, des histoires qui n'en finissaient pas de ne pas finir et le petit garçon écoutait son grand-père avec une admiration sans borne, les lèvres entrouvertes, les yeux écarquillés devant tant de grandes et merveilleuses histoires. Et l'enfant se rassasiait au contact de son grand-père et de ses histoires qui l'emmenaient vers des contrées imaginaires qui lui parlaient de la vie, de sa vie, du monde et des gens. Et l'enfant salivait à chaque fois qu'il savait qu'il allait rencontrer son grand-père et ses histoires magiques et si réelles.
Alors, un jour, sans crier gare, il embrassât son grand père qui ne comprit pas ce qui arrivait au petit garçon, mais le vieil homme se laissa faire, avec un sourire de plaisir au coin des lèvres et une tendresse dans son cœur d'adulte ancien.
Il faut se souvenir qu'à cette époque le grand-père n'avait pas du tout, mais pas du tout, l'habitude de se laisser embrasser. Alors le grand-père, heureux d'avoir reçu ce baiser inattendu, raconta à l'enfant l'histoire d'un arbre, l'histoire d'un figuier qui côtoyait un prunier dans une prairie. Et il donna tant et tant de détails sur la couleur des arbres, la douceur de l'herbe, la couleur du ciel, la saveur du vent, et l'odeur de la terre que l'enfant se sentit plein de compassion pour la nature et pour les hommes qui font partie de cette nature. Mais il comprit cela dans son cœur car sa tête écoutait simplement les mots de son grand-père qui coulaient, qui coulaient, qui coulaient de sa bouche aux oreilles de l'enfant en se déversant dans son cœur ouvert au merveilleux. Et ces moments de magie que l'enfant vivaient dans son cœur de petit garçon tout neuf lui emplit l'âme d'un désir, d'un but, d'une idée qui n'appartenait qu'à lui. Et à cette idée qui germait en lui, l'enfant laissa éclater sa joie par un immense éclat de rire et il sauta partout, il gambadait autour du grand-père, et il sautait, et il courrait, et il venait embrasser le grand-père.
Le grand-père eut le plus grand mal à comprendre ce qui arrivait à l'enfant en même temps qu'il comprenait fort bien dans son être profond ce qui se produisait à cet instant et qui était de la force et de la puissance des anges descendus sur terre pour le plus grand bien de tous les êtres.
L'enfant se détendit enfin et revint vers son grand-père en même temps que celui-ci le fit monter sur ses genoux en l'enlaçant tendrement tout en sentant son odeur d'enfant plein de fraîcheur et de joie. Et le grand-père lui demanda ce qui se passait quand tout à coup l'enfant posa sa tête sur l'épaule de son grand-père tout en tournant son visage vers le visage de son grand-père et tout en le regardant bien dans les yeux, l'enfant dit très doucement et très tendrement : « grand-père je t’aime, grand-père, j'aime vivre, grâce à toi, la vie qui est là. Grand-père je veux construire quelque chose qui résistera au temps et que d'autres générations verront un jour tout en se demandant qui a bien pu faire cela".
Et l'enfant se tut tout en respirant profondément et attendit dans les bras tendres qui l'enlaçaient. Et le grand-père respira lui aussi profondément et savoura la présence de l'enfant si jeune, si tendre, dans ses bras et une idée lui vint comme un songe, comme un rêve qui surgit apportant avec lui la réponse attendue et appropriée. Et donc le grand-père en tournant son visage vers celui de l'enfant prit quelques minutes pour scruter avec amour les traits de l'enfant et doucement, tout doucement, il se pencha vers l'oreille gauche, ou l'oreille droite peut-être, on ne sait plus très bien, de l'enfant et murmura : « Plantons ensemble un arbre, un prunier, un prunier là dehors, dans la prairie, près du figuier qui est déjà là et ils vont grandir ensemble. Chacun va apporter à l'autre ce dont il a besoin et dans des années, des siècles, des enfant viendront au pieds de ces arbres et se raconteront la vie en écoutant la douceur de l'air leur parler d'un passé où quelqu'un un jour a planté un arbre pour que les générations futures jouissent de la beauté et de la création du cœur. »
Et je vous laisse deviner ce que vous ferez vous-même le jour où vous rencontrerez ces deux arbres que vous avez d'ailleurs déjà pu rencontrer là il y a peu de temps. Et je vous laisse aussi le soin de donner à cette histoire l'élan nécessaire pour que votre cœur s'ouvre et que la graine d'amour qui est là, soit plantée auprès d'autres graines d'amour pour éclore et donner toute l'abondance de la vie à tous ceux qui savent voir et sentir la beauté de vivre là, à cet instant, où que vous soyez.
Et c'est ainsi que, depuis, souvent, on voit dans les prairies un prunier qui grandit au coté d'un figuier, et tous deux s'élèvent dans les airs avec majesté tandis que leurs racines s'enfoncent profondément dans la terre sous le soleil de l'année qui brille d'un éclat doux et lumineux. Et je me demande si vous-même vous connaissez cet arbre de vie que votre propre grand-père a un jour planté même si lui ne savait même pas qu'il le plantait à votre intention et à l'intention de bien plus encore.
4 - LA LUTINE
Histoire créée par Laurence Simenot
Il y a bien longtemps dans une forêt, là où les arbres sont plus touffus et plus nombreux qu'ailleurs, là où les sentiers se devinent plus qu'ils ne se voient. Dans cette forêt qui abrite en son sein des arbres millénaires emplis de calme et de béatitude bienfaisante, un lutin arpente là-bas, au loin dans la forêt, un sentier.
Oui, un lutin marche dans la forêt. Il marche, avance, cambré vers l'avant. Il a l'air de peiner sous un poids, sous un fardeau, que de là où je suis, je ne vois pas. Et pourtant ce petit homme, ce petit être unique, original et surprenant par son look avance en sifflotant. Ce bruit qui sort de sa bouche et de ses narines émet un son cristallin, pur, riant, et souriant. C'est un air qui invite au plaisir, à la joie, à la liesse et en même temps que ce petit lutin avance en sifflotant, il danse. Il sautille en fait et cela lui donne l'air d'un petit animal qui sautille comme pour éviter de briser les brindilles sous ses pieds. Et le petit lutin sait où il va et il y va en sautillant. Pourtant on pourrait croire qu'il boite, mais pour ceux qui s'y connaissent c'est une évidence qu'il saute, danse et sautille allègrement comme s'il se rendait dans un endroit où une fête se déroule.
Et c'est bien d'une fête dont il s'agit, d'une fête à laquelle il se rend pour rencontrer quelqu'un qui lui est cher à son cœur, quelqu'un qu'il n'a pas vu depuis fort longtemps, quelqu'un à qui il a pensé de longs jours et de longues nuits, et voilà que ça y est, le jour est venu de la rencontre, le moment arrive, l'instant approche, la minute où le passé va rejoindre le présent, où enfin les visages vont se détendre et se sourire pour qu'enfin s'accomplisse ce qui doit s'accomplir pour le plus grand bien de tous les cœurs.
Et dans une espèce de brouillard fait d'une fine pluie tiède qui bruine silencieusement, le petit lutin arrive dans une prairie au milieu de laquelle se trouve une maison.
Une maison de style, d'une douceur et d'une délicatesse extrême en même temps qu'elle dégage une atmosphère de calme et de solidité. Ses fondations sont plantées solidement dans la terre tandis qu'un escalier permet au petit lutin qui est déjà arrivé là depuis quelques minutes de monter au palier qui mène à la porte d'accès. Et le petit lutin se met à dire « ouh ouh où êtes-vous, je suis là, où êtes-vous ? »
Et tout à coup, en même temps que le lutin prononce ces mots, la porte s'ouvre et une petite fille ouvre la porte. Or il ne s'agit pas d'une petite fille, en fait il s'agit d'une petite lutine. C'est la femme du lutin, mais il avait oublié que c'est là qu'il avait rendez-vous. Et il est tout surpris de voir sa compagne, là, lui sourire de toutes ses jolies dents de lutine tandis qu'elle vient à sa rencontre les bras ouverts comme pour l'inviter à venir dans ses bras pour l'enlacer. Et la voilà qui enlace le petit lutin, son compagnon. Elle a l'air de ne pas l'avoir vu depuis longtemps, de l'avoir attendu longtemps aussi et elle rit d'un petit rire aigu et pointu qui lui donne l'air d'une enfant qui fait une bonne blague à quelqu'un. Et le petit lutin, encore abasourdi, se dégage des bras de la lutine et se met à rentrer dans la maison en franchissant la porte d'entrée qui parait démesurément grande par rapport à sa taille de lutin. Et pourtant il se sent déjà chez lui dans cette maison, chez lui comme il ne s'est jamais senti aussi bien ailleurs.
Il a l'impression de revenir d'un long et grand voyage, d'être parti depuis si longtemps qu'il en avait oublié la fraîcheur, le calme, la douceur de ce lieu. Et il voit que dans la cheminée, de grandes flammes s'élèvent en dégageant une odeur douce et sucrée qui arrive à ses narines comme un parfum qui embaume la paix et la tranquillité. Et il découvre que son fauteuil, celui qu'il aime depuis tout temps est là devant cette cheminée qui lui tend les accoudoirs.
Alors le petit lutin va vers ce fauteuil et s'assoit pesamment et bruyamment en poussant un profond soupir de soulagement. « Enfin de retour, enfin chez soi avec ceux que j'aime, avec ce que j'aime ». Et le voilà qui sourit d'un sourire béat et extatique tandis que sa compagne vient s'asseoir dans un fauteuil situé juste à coté du sien. Et le voila qui commence à penser tout haut en regardant le feu, les flammes et en sentant la présence de celle qu'il aime. Et dans un murmure à peine audible et pourtant déchirant de vérité et de sincérité il dit à sa compagne :
« Comme c'est bon d'être ici avec toi, de retour à la maison. Je vais te raconter comment c'est ailleurs. Je vais te dire, et puis nous continuerons à être ensemble dans cette forêt, et puis je te le promets, la prochaine fois que je partirai, ce sera avec toi. Nous partirons ensemble pour découvrir des paysages et bien des choses encore qui rempliront nos cœurs amoureux ».
Et tandis que le lutin dit cela, sa compagne l'écoute attentivement et silencieusement en même temps qu'elle lui envoie un baiser au creux de sa main. Et son baiser ressemble à un papillon posé dans sa paume qui s'élèverait dans les airs tandis qu'elle soufflerait dessus. Et elle sentit jaillir dans son cœur la certitude, en cet instant, que plus jamais elle ne serait seule, désormais elle partagera avec celui qu'elle aime les mille et une choses de l'existence qui emplissent le cœur d'amour et de gratitude. Dès cet instant elle sut que désormais tout était possible.
5 - LE GENIE
Histoire créée par Laurence Simenot
Je me rappelle cette fois, où dans une lande, une grande prairie, qui ressemble plus à un désert, je vis venir au loin une petite silhouette. Un personnage arrivait là vers moi, se dirigeant d'un pas sûr et assuré et pourtant tranquille. La silhouette arrivait....
La silhouette arrive, elle se dirige droit sur moi et je sais qu'elle est accueillante et que je peux me faire confiance pour l'attendre en toute sécurité. Son pas est décidément ferme et assuré et je vois apparaître sur son visage maintenant un sourire. Sa bouche, oui, est fendue d'un large sourire et j'entends même un son cristallin et doux comme une berceuse sortir de son gosier. Je ne sais pas encore si c'est un homme, si c'est une femme, c'est comme si cela n'avait pas d'importance. Ce qu'il y a d'important en revanche, c'est que ce personnage vienne vers moi en me souriant de toute sa large bouche et ça, ça me réjouit le cœur et l'âme en même temps que je reste tranquillement à attendre sa venue qui est là, déjà là.
Oui, il est là maintenant ce personnage, cet être de lumière près de moi, déjà dans mes bras. En fait c'est plutôt lui qui me tient dans ses bras et il m'enlace avec tendresse et habileté. Sa poigne est ferme, tonique, en même temps que je sens son souffle tiède et chaud sur ma nuque. Et je me sens petite entre ses bras ; fragile, et démesurément confiante. C'est comme si, enfin, je pouvais me sentir en si totale confiance que je m'abandonne sans gène à son étreinte emplie de joie et d'amour. Et c'est alors que je l'entends prononcer son premier mot : « bonjour ».
Oui, c'est un « bonjour » qu'il m'envoie et m'adresse en me tenant dans ses bras et je sens mon sang bouillir dans ma tête et dans mon cœur. J'ai l'étrange sensation d'être enfin reconnue, me sentant présente et vivante pour quelqu'un. Enfin ! C'est comme si j'avais attendu ce moment de toute éternité et voilà que maintenant ça y est, je suis entre des bras et des mains douces, et protectrices et aimantes, m'aimant telle que je suis et me le montrant et me le disant simplement en me disant ce petit mot de deux syllabes : « bon jour »....
Alors, en même temps que je me détache un peu de lui, je lui demande doucement son mon, qui il est. Et il me répond simplement en me souriant davantage encore. Son sourire s'élargit de plus belle, ses dents apparaissent encore plus blanches et lumineuses et son haleine sent la fraîcheur d'un matin de printemps en même temps que je l'entends me dire : « Je suis comme toi ». Et sans comprendre ce que cela signifie je hoche la tête croyant qu'il va poursuivre son discours alors qu'il s'arrête, se penche sur ma nuque, et me dit simplement :
« Repose-toi sur moi, je suis maintenant avec toi où que tu ailles et tu auras tout ce dont ton cœur a besoin et rien ne t'arrivera que tu ne l'aies voulu. Rassure-toi, je suis et je serai désormais toujours là pour t'accompagner où que tu le souhaites. Je suis ton génie intérieur que tu as retrouvé au fin fond de ton désert intérieur pour qu'enfin nous parvenions ensemble à trouver l'oasis dans laquelle t'attendent déjà ceux qui t'appellent du plus profond de leur cœur pour que tu les aides à accoucher d'eux-mêmes, de leur bonheur et de leur joie intérieure retrouvés. Viens, avançons ensemble, et tu verras que ce que je te dis est juste et vrai, et que tu ne te tromperas pas de route car c'est le bon chemin que tu as déjà suivi jusqu'à maintenant. La seule différence maintenant c'est que tu n'es plus seule et qu'à deux les choses paraissent souvent plus faciles. Viens, suis-moi et je te montrerai d'autres façons de regarder le ciel et d'écouter les oiseaux, de sentir l'air et de marcher sur la terre.... »
Et c'est comme si mon cœur entendait ces paroles pour la Xième fois et là, à cet instant, là, je l'ai cru. Et, depuis lors, nous sommes inséparables. Ses promesses n'étaient pas des promesses en l'air et je vous avoue que ce qu'il m'a promis était loin de la réalité somptueuse que je me suis découverte.
Alors, si comme moi vous rencontrez un lutin ou un génie dans un désert inconnu, osez lui parler et écoutez sa chanson, et son rire parce qu'il va vous mener vers ce que vous êtes de plus beau, et vous réaliserez ce que vous êtes à la minute même où vous lui direz : « oui, je te suis ».
6 - LA PLUME D'AIGLE
Histoire créée par Laurence Simenot
C'était un jour de pluie, ou bien était-ce un jour de beau soleil, allez savoir !!! Ce qui se passait ce jour là est presque déjà oublié par la totalité du monde. Et pourtant, moi, je me souviens encore.
Je me souviens de ce jour où une plume d'aigle volait dans les airs. Vous savez, c'est ce jour, en fait, où il faisait beau et chaud, où le ciel était dégagé et lumineux, où l'air sentait bon le sable chaud. Car justement il y avait le sable, là en bas, en dessous du vol de la plume d'aigle qui continuait à tournoyer et à tournoyer dans le ciel.
Et c'est avec une grande délicatesse que le mouvement de la plume continuait sa route vers le sol, vers la terre, là où vous habitez, là où vous êtes à cet instant. Et tout en sentant l'air tournoyer autour de son squelette de plume d'aigle, la plume d'aigle se dit tout d'un coup : « Et si c'était vrai que je peux remonter, que la force de gravité ne m'entraînera pas vers le sol, plus bas, plus bas. Et si c'était vrai, encore plus vrai que tout ce qui a été dit depuis la nuit des temps ! ».
Et pendant que la plume d'aigle se disait cela tranquillement, tandis qu'elle planait à perdre haleine, il y eut comme un crissement de soie dans le ciel, là tout près d'elle, tout près. Et sans un regard derrière elle, la plume d'aigle se laissa attirer par ce son qui lui arrivait doucement dans les oreilles (et oui, les oreilles d'une plume d'aigle sont d'une finesse et d'une délicatesse, dont vous n'avez même pas idée !).
Et donc, je vous disais que la plume d'aigle se rapprochait du son qu'elle entendait, et elle s'approcha, s'approcha, s'approcha tant et si bien, que d'un coup le son lui parvint comme chargé d'une fine pellicule de douceur. Et elle se trouva tout à coup comme projetée dans un espace où ni le temps ni l'espace n'avait plus d'importance et en un seul son, en un éclair, elle comprit ce que ses ancêtres ont mis si longtemps à attendre : que le son est déjà là en soi où que l'on aille et quoi que l'on fasse. Et même si vous ne comprenez pas ce que cela veut bien vouloir dire, ce n'est pas très important aujourd'hui, ce qui compte c'est que vos oreilles aient entendues cela pour que demain ou un autre jour vous sentiez en vous que : votre son et vous ne faites qu'un et que pourtant vous n'êtes ni votre son ni ce que vous pensez. Méditez cela. Méditez cela!
7 - LE LION
Histoire créée par Laurence Simenot
C'était il y a longtemps, ailleurs, loin, très loin d'ici et de ce moment. En ce jour du mois d'août comme aujourd'hui le soleil brillait haut dans le ciel et la chaleur portait sur les êtres qui vivaient en dessous une chaleur digne des plus beaux jours d'été.
C'était donc il y a très longtemps, mais souvenez-vous, c'était par un soir d'été, un soir d'été du mois d'août connu de tous : le 9 août, très exactement; vous savez, c'est ce jour là qu'est la Saint Amour, la saint des saints, celle qui envoie sur chacun un velours doux comme les cheveux d'un ange.
Mais ce jour-là justement, pas de cheveux, pas d'ange, seul le soleil était au rendez-vous là haut dans le ciel et si brillant qu'il en devenait aveuglant. Et pourtant, pourtant ce jour là, à cette heure, là, en haut d'un rocher, trônait une petite fille qui ne savait plus très bien ce qu'elle faisait là.
Elle était simplement assise là, à contempler le ciel, l'horizon, le lac qui était là plus loin, là-bas vers l'horizon. Et elle perdait son regard dans la profondeur du ciel et de l'horizon. Elle jouait à être là, simplement là, présente à elle et à ce qui l'entourait. Là, assise sur son rocher, tout en haut de ce monticule pointu et où pourtant elle pouvait s'asseoir à son aise, elle était solitaire en regardant ce paysage. Solitaire dans son cœur tandis que son âme communiait avec la nature environnante. Elle ne se plaignait pas d'un manque quelconque, non, elle jouissait et savourait le moment présent comme si rien d'autre n'avait d'importance. Elle savourait ce moment passé en tête à tête avec elle, avec le lieu, avec les éléments et elle s'en donnait à cœur joie tant et si bien que sur son visage d'enfant on pouvait voir un sourire étirer ses lèvres en un sourire serein.
Elle méditait, oui purement et simplement, elle méditait. Sur quoi ? Oui, sur quoi méditait-elle, cette enfant assise là haut sur ce monticule, seule livrée à elle-même, en contact direct avec les éléments ? Sur la vie, sur le moment présent et même, en fait, elle ne pensait pas. Elle ne pensait déjà plus. Seulement, elle était l'ouïe, elle était la vue, elle était la sensation, elle était même devenue l'odeur et elle était imprégnée par tout ce qui était là en elle et autour d'elle. Sans effort, sans aucun doute, sans espoir non plus, elle contemplait le spectacle qui s'offrait là devant elle. Et elle s'offrait au spectacle que ses sens recevaient directement. C'est comme si elle avait été connectée directement à chaque chose qui se trouvait sous sa contemplation. Elle était pure de toute intention tellement son intention d'être elle à cet instant, dans ce lieu, était puissamment ancré en elle et elle ne se demandait même plus si... quoi ... comment.... Non, simplement, elle était là.
Vous la voyez n'est-ce pas ? Mais en fait, il s'avérait qu'elle n'était pas vraiment seule dans ce lieu.
En effet, non loin de là, un lion était tapi derrière un gros buisson tout vert et la regardait. En tout cas il regardait dans sa direction en se léchant les babines. Vous vous dites peut-être que c'était le moment de son déjeuner et qu'il voyait là déjà son prochain festin. Et bien non et oui. Non, car il avait déjà déjeuné voilà une heure de cela. Alors ? Alors il salivait et se léchait les babines car il se disait que ce qu'il voyait là-bas lui parlait de la richesse des sens, du délice d'être qui l'on est, le plaisir de déguster un moment savoureux. Et il continuait tout en ayant dans le regard une lueur d'envie, d'envie être là-bas près d'elle, à côté d'elle et de respirer à côté d'elle.
Sa présence, pensait-il, allait lui donner de la force et du repos pour continuer la route qu'il avait à faire ensuite pour aller retrouver sa famille. Car sa famille était là, pas très loin, à une journée et demi de marche de lion (c'est beaucoup plus long pour nous humain, sur nos deux jambes, bien sûr !). Il les avait laissé pour aller trouver un nouveau territoire de jeu pour les enfants et pour eux : sa lionne et lui. Car il faut vous dire que depuis quelques mois ils étaient à la recherche d'un endroit où se poser pour rester quelques temps. Ils en avaient assez d'aller de contrées en contrées, les lionceaux ayant grandi ils avaient besoin de commencer à construire quelque chose là pour l'avenir....
8 - DANS LE JARDIN DU TEMPLE
Histoire créée par Laurence Simenot
Dans le jardin du temple, il y a bien longtemps vivait là un moine. Un moine très vieux, très âgé. Il défendait quelque chose de très précieux qui vivait là dans ce jardin. Personne encore à part lui n'avait pu voir ce trésor.
Il le choyait, il le dorlotait, il en prenait soin comme à la prunelle de ses yeux. Ce trésor ne lui appartenait pas et pourtant il veillait sur lui comme on vénère et chérit son bien le plus précieux. Il se levait chaque matin de bonne heure, pour aller dans le jardin et marcher sur l'herbe verte et grasse du gazon ; ses pieds s'enfonçant dans le moelleux du tapis de verdure.
Et tandis qu'il regardait le ciel qui avait une couleur d'une teinte si douce, son cœur s'emplissait de bonne humeur et de joie de vivre. Et notre moine écoutait en même temps le champ des oiseaux qui s'égosillaient sur les branches des arbres aux troncs épais et solides qui étaient éparpillés, là, dans le jardin.
Et tandis qu'il marchait, qu'il regardait et qu'il entendait, il sentait aussi sur sa peau la douceur de l'air matinal ; un air doux, frais, léger, aussi léger qu'une plume lui frôlant le visage et les mains. Et il respirait à pleins poumons et cela, on le voyait parce que sa poitrine se levait et se gonflait comme une pâte à pain qui lève, sous son manteau de laine blanc. Et il avançait. Toutes ses pensées étaient comme des nuages qui passent dans le ciel. Et le moine avançait d'un pas nonchalant et pourtant d'une tonicité bien présente.
Un matin, alors qu'il se promenait là dans le jardin comme à l'accoutumée, quelque chose attira son regard. Là, à droite, derrière un petit buisson en forme de pyramide ronde, il voyait l'herbe bouger, légèrement, très légèrement, mais elle bougeait effectivement bien.
Le moine s'approcha lentement, intrigué et étonné. Il s'agenouilla doucement et pencha son visage vers la terre avec le désir de comprendre, de savoir. Et sous ses yeux, il vit deux petits yeux clairs et scintillants le regarder. Il n'en revenait pas : 2 yeux, là, dans l'herbe du matin, et il respira plus fort et s'approcha plus près encore avec le sourire et l'émerveillement dans le cœur. Et devant lui, se leva sur ces pattes arrière, un petit écureuil, avec sa queue déployée comme un panache. Un écureuil ! Il n'en revenait pas notre moine penché là vers la terre. Alors il s'assit par terre, comme s'il s'installait pour sa méditation du matin. Mais l'heure n'était pas à la prière. L'heure était à la rencontre, la rencontre avec un être vivant venant d'un autre règne ; le règne animal.
En regardant l'écureuil, on voyait bien qu'il n'avait pas peur. Bien au contraire d'ailleurs, il avait l'air d'être là de sa propre volonté, là, devant ce moine interloqué et pourtant attentif. Oui, effectivement, l'écureuil avait rendez-vous ce jour-là, à cet endroit là, avec cet homme là, pour rencontrer un humain vivant. L'heure était à la Rencontre. La rencontre de deux êtres différents, étrangers l'un à l'autre et peut-être déjà si familiers.
Et voilà que l'écureuil aussi, à sa façon, s'assit en tailleur sur le sol devant le moine qui se faisait déjà à cette situation pour le moins étrange. Et chacun regardait l'autre, le dévisageant, l'entourant d'un voile de douceur pour lui marquer la bienvenue. Ils étaient d'ailleurs si proches que le moine devait baisser la tête pour regarder l'écureuil, tandis que l'écureuil, lui, devait lever sa frimousse pour garder le contact des yeux et contempler le sommet du crâne du moine. Et plus l'animal scrutait le crâne de l'homme, plus l'homme sentait qu'il devait y avoir quelque chose de particulier là, au sommet de sa tête, qu'il ignorait. Mais il ne voulait pas quitter l'écureuil des yeux et attendait, attendait, tandis que l'interrogation se faisait plus présente en lui : « Qu'est-ce qu'il y a là-haut ? ».
Et le temps passant, la question devint même si présente que le moine faisait de moins en moins attention à l'animal bien que ses yeux continuaient de le fixer. Il regardait et se parlait en même temps et cela durait, durait au point que tout à coup, le moine eut le feu aux joues. Qu'est-ce qu'il se passait, me direz-vous ? En fait le moine ne sentit pas que c'était la colère qui lui montait aux joues, la colère contre lui de se disperser de la sorte.
Et l'écureuil tout à coup, éclata de rire devant tout ce rouge qui parcourait les joues de ce vieil homme qui le regardait fixement sans le voir. Il rit si fort que le moine sortit de sa torpeur et enfin toucha son crâne de sa main. Et il sentit quelque chose sous ses doigts, quelque chose de pointu et pourtant doux, rugueux et pourtant lisse, dur et pourtant souple.
Sans peur, il prit cette forme dans sa main et la descendit au niveau de ses yeux, et là, ce qu'il vit lui emplit le cœur de gratitude, de plaisir, d'émerveillement : une étoile de mer. C'était une étoile de mer. Fine, souple, ondulante, gracieuse, comme déjà aimante. Et l'écureuil tout à coup pris la parole en langage d'écureuil, et dit des mots que le moine comprit instantanément parce que c'était le langage du cœur que parlait l'animal ; langage, il est bien connu qui se parle et se comprend dans toutes les langues.
L'écureuil dit donc au moine :
« Voilà, je suis venu pour qu'enfin tu puisses voir le trésor que tu vénères et chéris depuis si longtemps déjà et que jusqu'à présent tu n'as pas pu voir parce que tu ne voulais pas le trouver. Tu le cherchais simplement, sans vouloir le trouver. Mais un prince écureuil, grand sage de la région d'où je viens, m'est apparu hier en songe et m'a dit que je devais venir te révéler le trésor, ton trésor, pour que tu puisses enfin le montrer au grand jour. Toi seul savait jusque là qu'il existait mais aujourd'hui, c'est un autre pan de ton existence qui est en train de commencer, et tu dois enfin révéler à l'extérieur de ce jardin de verdure, de calme et de beauté, cette autre beauté qui te vient du plus profond des anciens temps, ceux dont personne ne se souvient même plus. Hormis... Hormis cette étoile ». « Cette étoile.... » dit encore l'écureuil « ...t'a été confiée comme elle avait été confiée à tes pères, et à tes aïeuls, et encore plus loin même. C'est la suite d'une longue lignée de vénérables moines comme toi que tu occupes aujourd'hui ».
Et l'écureuil fit une pause pour que le vieux moine puisse intégrer déjà toutes ces informations. Et au bout de quelques secondes qui parurent à l'un comme à l'autre interminables et en même temps une fraction de seconde, le moine se redressa, respira à pleins poumons plusieurs fois de suite comme pour retrouver sa base, son centre, son assise intérieure et il plongea en lui-même à la rencontre d'une question à poser ou peut-être d'une réponse à trouver.
Et le temps passa ainsi, pendant que les oiseaux volaient autour d'eux en gazouillant tant et plus voyant bien qu'il se passait sous leurs yeux quelque chose d'étonnant. Et le vieil homme qui avait fermé les yeux pour être encore plus proche de sa profondeur, les rouvrit. Il regarda l'écureuil, lui sourit d'un sourire large et doux, ses yeux brillaient et scintillaient comme des étoiles. Il avait l'impression que son corps ondulait alors même qu'il n'y avait pas de mouvement ou plutôt si, il y avait un mouvement, mais si ténu, si fin qu'on le voyait à peine. Et le vieil homme, tout à coup, ressembla à un enfant, un enfant tenant une étoile de mer dans la main.
Une étoile à 5 branches, qui scintillait comme les étoiles la nuit dans le ciel, et le vieil homme se sentit lui-même devenir une étoile, et il se leva doucement, commença à danser au son des sifflements des oiseaux qui voletaient maintenant au-dessus de sa tête. Et il dansa, dansa doucement, en ondulant ou en sautillant, en avant, tournant, se retournant, et il continuait de danser comme s'il offrait maintenant sa danse à l'écureuil qui le regardait toujours attentivement avec le sourire dans les yeux et le plaisir dans ses pattes qui martelaient la cadence de la danse.
Et tout à coup, dans ce jardin, le vieux moine se sentit entouré et aimé comme jamais encore il ne l'avait été, comme s'il était empli d'un univers dont il ignorait l'existence jusqu'à présent.
Et, tout en se sentant soutenu par le regard joyeux de l'écureuil, il commença même à chanter, à chanter de plus en plus fort, à tue-tête maintenant, comme s'il s'en donnait à cœur joie d'être là, dans ce lieu, à cet instant précis, en faisant ce qu'il faisait, avec tous ces êtres qui vivaient là et qui l'entouraient pour qu'il puisse encore plus laisser aller sa joie et son bonheur. Car à cet instant là, tout le monde partageait la joie de tout le monde. Chacun heureux. Et toute l'énergie qui se dégageait dans ce lieu devenait lumineuse, lumineuse à tel point qu'à un moment donné on aurait dit qu'un soleil avait pris toute la place dans ce jardin. Un soleil énorme, lumineux, chaleureux, vif et rougeoyant et si jaune en même temps. C'est comme si la force maintenant était là dans toute sa puissance glorieuse, là devant, juste devant et....
Et c'est là que je me suis réveillée !...
9 - LA DEMANDE MAGIQUE
Histoire créée par Laurence Simenot
C'est l'histoire d'une petite fille. Elle habite dans une maison, dans la forêt. Une maison entourée d'arbres, de fleurs. Elle habite seule. Elle en a l'habitude. Les jours, les années passent, paisiblement. Elle vit là, en toute confiance, en toute sécurité. Elle aime ce lieu, qui le lui rend bien. Tous les êtres qui vivent dans cette forêt sont ses amis, ses confidents. Elle est en même temps seule et très entourée.
Un jour, elle décide d'aller couper du bois dans la forêt pour faire un feu dans la cheminée. Elle prend le sentier qui mène à la forêt, là où elle sait qu'elle trouvera ce dont elle a besoin. Elle marche d'un pas tranquille et décidé. Elle apprécie le fait d'être là en ce lieu, en cette heure. Elle regarde le paysage autour d'elle, les arbres, la végétation ; elle entend les sons qui viennent à ses oreilles sans en voir l'origine.
Un ruisseau serpente à quelques pas d'elle et elle regarde l'eau couler paisiblement. Elle fait attention à la couleur de l'eau, aux cailloux qui reposent dans cette eau. Et elle avance toujours, à son rythme, d'un pas léger et assuré. Ce paysage lui est familier, très familier. Et elle évolue avec grâce et facilité.
Tout à coup, venu de nulle part, un petit oiseau de couleur se pose sur une branche d'un arbre, devant elle. Elle ne le connaît pas. Elle ne l'a jamais vu.
- « Qui es-tu, toi que je ne connais pas ? Quel est ton nom? »
- « Je viens de loin. J'ai entendu parler de toi. J'ai eu envie de te rencontrer et me voilà! ».
- « Veux-tu m'accompagner dans ma promenade, je vais chercher du bois pour faire un feu dans la cheminée ? »
- « Volontiers, volontiers ! » lui dit-il en chantant.
Et tandis qu'elle avance, il vole de branches en branches, heureux d'être là, à côté d'elle.
Au milieu d'un sous-bois, elle découvre l'endroit où l'attend tout le bois dont elle a besoin. Elle ramasse des bûchettes, des brindilles. Elle coupe avec sa main des branches accessibles. Et elle le fait en prenant tout le temps dont elle a besoin. En même temps elle sent l'odeur du bois, de la mousse qui pousse, toutes les senteurs de ce lieu et elle regarde toutes les couleurs qui ravissent son oeil de petite fille. Elle écoute le bruit que font les branches qu'elle casse et elle se sent merveilleusement bien.
De tout ce bois, elle en fait un tas. Un tas qui grossit, qui grossit. Elle se sent contente d'elle, du travail qu'elle vient de faire.
Cependant tout à coup, son visage s'assombrit.
- « Je ne vais jamais pouvoir tout emporter » se dit-elle. « Comment vais-je faire pour rapporter tout ce bois chez moi ? C'est trop lourd pour moi ! C'est beaucoup trop volumineux ! Mais comment vais-je faire ? »
A ces mots, l'oiseau, qui s'était installé sur une branche tout près d'elle et qui l'avait entendu lui dit:
- « Hep ! Je suis toujours là, moi, et je peux t'aider! »
- « Oh ! Mais comment ? Tu es un oiseau et tu n'as pas de bras. Et moi, j'ai besoin de quelqu'un qui a des bras pour m'aider ! »
- « Oui, je sais » dit l'oiseau. « Mais ce que je ne t'ai pas encore dit, c'est que je suis un oiseau magique. Je peux faire beaucoup de choses. Seulement voilà, il te faut trouver la formule magique. Alors, si tu veux, cherche la ».
- « D'accord, d'accord ! » lui répondit-elle.
Et elle s'assoit sur une souche, se met les coudes sur ses genoux repliés, ses mains soutiennent son visage et elle réfléchit. Elle réfléchit et réfléchit encore. Et tout à coup, elle dit d'une voix chevrotante et hésitante :
- « J'ai besoin de quelqu'un pour m'aider à porter ce bois chez moi ». Et aussitôt elle baisse la tête et les yeux qu'elle avait levés en disant cela.
- « Non, non. Ce n'est pas la formule magique, ce n'est pas comme cela. Continue. Continue si tu le veux vraiment. »
Entendant la voix de l'oiseau elle est rassurée par sa présence, par sa voix. Elle est plus stimulée maintenant qu'elle se sent écoutée et regardée. Elle dit alors d'un ton plein de force et de colère :
- « Que quelqu'un se montre pour m'aider à porter tout ce bois chez moi. Mais nom d'un chien, alors ça vient ! Je suis pressée moi ! Qu'est-ce que vous attendez, j'ai d'autres choses à faire moi. J'attends ! »
- « Non, non, non, non » chante l'oiseau de sa plus jolie voix. Sa voix sourit en entendant la fillette et il sent dans son cœur une infinie tendresse pour elle, pour ce qu'elle est, pour ce qu'elle fait, comme elle le fait.
En entendant la voix de l'oiseau à nouveau si douce, si jolie, si câline, si présente, si bienveillante, elle redresse son dos et regarde autour d'elle. Son regard balaie tout ce lieu, doucement, très doucement. Elle regarde le ciel, sa couleur, la terre et ce qui la recouvre. Elle sent le contact de l'air sur sa peau, et son corps assis là sur cette souche peser de tout son poids léger. Elle se sent respirer. Elle entend même le léger bruit que fait l'air en rentrant dans ses narines et en ressortir. Et en se retrouvant comme cela, centrée en elle, bien présente à ce lieu, elle entend une voix monter en elle, douce et posée :
- « En fait, ce que je veux, c'est rapporter dix bûches pour faire un feu dans la cheminée. Et pour cela, j'ai besoin qu'une personne vienne et m'aide à emporter une partie de ce bois chez moi, tandis que je porterai l'autre partie. Nous ferons le chemin ensemble en partageant un moment agréable. Et j'inviterai cette personne à partager une soupe chaude et savoureuse auprès d'un bon feu de cheminée ».
A ces mots, l'oiseau s'envole de la branche sur laquelle il était posé et vole vers le sol. Et, au moment même où il atteint le sol, il se transforme en un magnifique jeune homme, svelte, vigoureux, élégant, souriant. Son sourire étincelle. Il est lumineux. Il parait tellement heureux d'être là.
- « Oui, oui, oui. C'est cela, c'est cette manière là qui appelle la réponse. Je suis là. Tu as trouvé la formule magique! Je suis si content. Je vais pouvoir maintenant t'aider comme tu le souhaites. »
La petite fille le regarde avec des yeux tout ronds. Sa voix s'est figée dans sa gorge. Elle n'en revient pas. Et puis doucement, elle reprend ses esprits. Elle est un peu impressionnée. Mais elle est si contente dans son cœur d'avoir trouvé un nouvel ami si doux, si agréable, qu'elle se lève et va vers lui en lui souriant de son plus joli sourire.
- « Oh ! Bonjour, bonjour, je ne savais pas que tu étais celui que je cherchais. Je suis contente de te rencontrer. Alors, si tu veux bien m'aider à rapporter ce bois chez moi ? ».
- « Oui, oui, bien sûr, puisque tu me l'as demandé, et cela me fait plaisir ».
- « Et je t'invite à une soirée "feu de cheminée". Qu'en dis-tu? ».
- « Oui, je suis très honoré ».
Et ils prennent, chacun, tout le bois qu'il faut et les voilà qui partent maintenant de ce lieu en se dirigeant vers la maison de la petite fille. Ils ont le même pas, le même rythme léger et harmonieux. Leurs cœurs sont emplis de joie, de tendresse, d'affection, d'amour.
Et, tout en marchant ils se parlent, se regardent, et apprennent déjà à se connaître, à s'apprécier, et ils décident ensemble que le jeune homme, qui était il y a peu un oiseau magique, vivra quelque temps dans la maison pour apprendre à se connaître encore et encore.
10 - LA NOUVELLE MAMAN
Histoire créée par Laurence Simenot
C'est l'histoire d'une femme, d'une jeune maman qui venait d'accoucher d'un beau bébé. Elle était sublime, belle, rayonnante, lumineuse, prête à jouer son rôle de mère, de maman.
C'est le moment où elle prend son bébé dans les bras. Son regard est chargé d'amour, de tendresse. Elle a envie de le laisser grandir comme il est, de l'aider à devenir lui-même, un enfant et un adulte bien équilibré et stable, sûr de lui et confiant.
Ses yeux sont emplis d'amour et de joie. Sa bouche sourit d'un doux sourire. Sa peau est lisse et détendue. Elle est calme en tenant le bébé dans les bras. confiante. Elle vient de faire un miracle. Elle vient de donner la vie à un autre être humain. Elle a accomplit le miracle de la vie, de l'existence. Grâce à elle, une autre vie a vu le jour et va aller vers l'avenir.
Elle va l'accompagner pas à pas, au fur et à mesure et lui apprendre ce qu'elle sait déjà et découvrir avec lui plein de choses qu'elle ignore encore aujourd'hui. Elle va avancer en le tenant par la main, ou dans les bras. En l'aidant de mots doux, de sourires affectueux, de tendres caresses et d'encouragements. Elle sera derrière lui, à côté de lui quand il aura besoin d'elle. Dépendant et déjà indépendant, autonome.
Il était dans son ventre, en elle. Et c'est déjà un être différent d'elle, à part. Les liens sont invisibles. Elle le nourrit déjà dans son sein et il grandit et grossit à son rythme. Elle prend soin de lui autant qu'elle le peut tout en étant fière de lui, fière d'elle. Elle sent comme un accomplissement, là, en elle. Sa vie aura été utile. Utile à la naissance d'un autre être humain. Elle a prolongé l'espèce humaine. Elle se sent digne d'appartenir à l'espèce humaine. Reine de la fête.
Et le bébé mange et dort, joue et sourit, rit et pleure, gémit et elle l'accompagne, le veille, prend soin de lui.
Elle va l'aider à vivre, à grandir. Elle l'emmènera à l'école, trouvera des activités qui vont l'aider à s'éveiller et à être bien dans sa peau et dans la vie.
Elle vise la prospérité, le bien-être, la joie, le plaisir. Elle jouit de sa présence, de la vue de cet enfant si petit et qui va grandir et vivre sa propre vie de façon autonome et indépendante, un jour prochain. Elle a mis au monde un être semblable et différent d'elle.
Elle le regarde avec tant de tendresse qu'il se tourne vers elle et lui sourit en lui tendant les bras pour qu'elle le tienne tout contre elle, dans sa chaleur. Il est si bien, ce nouveau né. Il a confiance en cette femme, sa mère, sa maman.
Il se sent heureux, désiré, désirable, aimable, aimé, aimant, plein de gratitude sans le savoir pour celle qui lui a donné la vie. Il va se faire des amis, ce bébé, plus tard, bientôt. Il sera aimé et choyé autant qu'il l'est maintenant et même plus encore. Et il ira de découverte en découverte, de progrès en progrès.
Il va apprendre en marchant, découvrir le monde en avançant, plein de courage et de force. Loyal, serein, tonique, plein de force de vie, nourrit au sein de l'amour et de l'affection, entre la terre et le ciel, entre sa mère et son père.
Il sait qu'il est aimé inconditionnellement, tel qu'il est aujourd'hui et tel qu'il sera demain. Il a déjà foi en lui et en ce qui l'entoure et sa maman prie à mi-voix pour ne pas troubler sa méditation, son repos. Elle croit si fort en lui qu'elle est prête à le suivre à chaque fois qu'il aura une envie, un désir, un but, un objectif.
Il a la force des chefs, la douceur des fées, le courage des vaillants, la simplicité des humbles, l'ambition des vainqueurs, la foi des croyants, l'amour des mères, la tendresse des pères, la volonté des braves, le respect des chefs. Il vainc déjà. C'est un vainqueur déjà aujourd'hui parce qu'il est né. Il a réussit à s'imposer dans ce monde, à vivre. Il revient de loin. Tant de spermatozoïdes étaient dans la course ! Il a gagné la bataille du nouveau né. Il est né le divin enfant !
Par le courage et la pugnacité d'un spermatozoïde et d'un ovule, il est là, parmi nous, aujourd'hui. C'est un beau tour de force, un miracle de la nature humaine. Et il remercie à sa façon le ventre de sa mère qui l'a abrité pendant tant de jours, tant de nuits, nourrit, lavé, choyé.
Il est maintenant là dans le monde, dans la température ambiante de la vie, de la terre, de la ville, de ce lieu, tout contre sa maman et il sourit en pensant au passé, au présent et à l'avenir.
Tout est déjà en lui. Toutes ses possibilités, ses futures compétences. Ouvert comme un livre encore vierge de toute inscription terrestre. Et il a son amie, son mentor, son alliée qui veille sur lui, pleine d'amour, de joie et de tendresse, sa maman.
Il se sent comme poussé, porté par elle, par son espoir, sa foi en lui, sa confiance inébranlable. Et elle est plus femme que jamais devant cet enfant qui vient de naître. Elle se sent responsable, autonome, adulte, sûre d'elle et de la vie. Elle croit dans l'avenir. Elle l'a prouvé en le mettant au monde. Elle va de l'avant imperceptiblement, inéluctablement. Elle ose et sait maintenant comment faire même si elle ne l'a pas appris. Elle va se renseigner, demander, poser des questions, regarder autour d'elle comment font (ou ont fait) les autres et elle va expérimenter, tester, observer, grandir en même temps que son propre enfant. Elle se sent deux fois plus riche de vie, de force et de courage.
Elle aime et elle est aimée. Elle va de l'avant, heureuse du présent et remplie de toutes les expériences de son passé de femme qui l'aident aujourd'hui à vivre cette nouvelle expérience avec calme, joie, félicité, épanouissement, talent, grandeur de cœur et d'âme.
Elle vit sa vie de femme en incarnant son rôle de mère et elle remercie tout ce qui a contribué à son bonheur actuel.
Nouvelle maman !
11 - LA SORCIERE ET LA TOUTE PETITE JEUNE FILLE
Histoire créée par Laurence Simenot
C'est l'histoire d'une sorcière qui vivait dans un pays lointain. Elle habitait en dehors du village. Personne dans ce village ne voulait qu'elle habite au milieu d'eux. Ils ne l'aimaient pas. Ils la trouvaient laide, affreuse, sale et méchante. En fait, ils avaient peur d'elle parce qu'ils ne la connaissaient pas. Jamais aucun d'eux n'avaient pris le temps ni la peine de s'approcher d'elle et de lui demander qui elle était et ce qu'elle faisait. Avant de la rejeter ils l'ont ignorée et depuis qu'ils l'avaient exclue, ils l'ignoraient davantage encore.
Pourtant un jour, une toute petite jeune fille qui habitait le village voisin et qui se promenait dans la forêt à la recherche de nouveautés, arriva près de chez la sorcière. Il y avait là plein de pancartes parlant de danger, de déviation, de voie sans issue et la toute petite jeune fille qui n'avait jamais vu ce genre d'inscription de toute sa vie mais qui était intéressée par ces dessins se dit qu'il serait peut être intéressant d'aller voir par là ce qui se passait.
Elle chantonnait en marchant. Sa voix était claire et limpide. Même les oiseaux s'arrêtaient de chanter pour l'écouter tant sa voix était nouvelle, originale et agréable. Et elle se penchait parfois pour cueillir une jolie fleur de couleur qu'elle sentait et qu'elle posait ensuite dans son panier suspendu à son bras. Et elle emprunta le chemin, le chemin qui menait jusqu'à la maison de la sorcière.
Pendant ce temps, la sorcière faisait du feu dans la cheminée. Elle se préparait une soupe bien chaude et onctueuse parce que dehors il faisait bien froid pour elle.
Elle mit des bûches dans l'âtre, des brindilles en dessous et craqua une allumette d'un coup sec. Une flamme s'éleva timide, puis devint multiple et de belles et grandes étincelles crépitèrent dans le feu. Les brindilles saturées de chaleur se transformèrent en lumière en dégageant une odeur sucrée salée ; une odeur de bois. Toute la pièce fut illuminée. Comme par un jour de printemps. Comme par enchantement.
Et la sorcière regardait les flammes danser, écoutait le feu crépiter et respirait amplement cette odeur chaude et elle se sentait bien à ce moment là. Seule, oui, mais bien.
Elle se taisait et était complètement tournée vers ce feu, vers la cheminée dans cette vaste et chaleureuse pièce, dans cette maison au bord du chemin. Son oreille aiguisée l'avertit tout à coup que quelque chose de nouveau se passait dehors. Alors qu'elle était agenouillée devant l'âtre, elle se redressa et tendit son visage vers la porte. Elle se leva comme attirée par un aimant et au moment même où elle ouvrit la porte, la toute petite jeune fille avait son doigt levé prêt à appuyer sur la sonnette de la porte d'entrée, et elles se retrouvèrent face à face, silencieuses et intriguées.
En fait, ni l'une ni l'autre ne s'attendaient à être en présence de quelqu'un. Leur cœur bondit dans leur poitrine, le sang leur monta aux joues et un frisson parcouru leur colonne vertébrale. Et chacune, en son for intérieur se dit : « Mais qui est-elle ? ». Et simultanément elles dirent à haute voix : « je suis la sorcière ». « Je suis la toute petite jeune fille ! »
Et en entendant le son de leurs voix, elles se mirent à rire toutes les deux de toutes leurs dents. C'est comme si, au fond d'elles, la réponse n'avait aucune espèce d'importance. En fait, elles étaient contentes de se rencontrer.
La sorcière n'a vu personne depuis tant et tant d'années et cette toute petite jeune fille avait un air si doux. La toute petite jeune fille, elle, n'avait jamais rencontré d'aussi vieille femme si bizarrement habillée et coiffée. Leur curiosité fut la plus grande. C'est elle qui les empêcha de se sauver à toutes jambes ou de claquer frénétiquement la porte.
Sur leurs visages, on pouvait voir tout à coup comme un apaisement. Leurs traits se relâchèrent, leurs muscles se détendirent, leurs respirations se firent plus profondes et plus amples.
Et la sorcière invita la toute petite jeune fille à rentrer pour partager la chaleur du feu dans la cheminée et la soupe qu'elle était en train de préparer. Elle accepta et rentra dans la maison de la sorcière.
- « Comment t'appelles-tu ? » demanda la sorcière.
- « Clotilde » répondit la toute petite jeune fille. « Et toi comment tu t'appelles? »
- « Je m'appelle Graine » dit la sorcière.
- « Quel drôle de nom. Je n'en avais jamais entendu un comme ça avant. Mais qui t'a appelé comme ça? »
- « En fait, c'est un surnom que l'on m'a donné il y a longtemps. C'est si vieux que c'est comme si j'avais toujours vécu avec lui et n'avais connu que lui. Je l'aime bien. Bien sûr, il est arrivé que l'on se moque de moi, que l'on m'appelle « Mauvaise Graine » et c'est vrai qu'à l'époque j'enrageais. Je détestais que l'on m'appelle comme cela. Mais aujourd'hui, à quoi bon ? D'ailleurs personne ne vient jusqu'ici et moi je ne vais plus les voir au village parce que je n'ai pas envie d'être reçue avec des jets de pierre. Alors je reste là et je sais, moi, que je suis une « Bonne Graine », qu'il suffirait de pas grand chose pour que quelqu'un s'en aperçoive mais voilà : qui ? »
- « Moi, je trouve que c'est plutôt joli « Graine » comme prénom. Il ne me serait pas venu à l'idée de t'appeler « Mauvaise Graine ». Mais tu sais, des fois, les gens disent des choses et on se demande bien où ils vont chercher toutes leurs trouvailles bizarres. Mais bon, dis moi, Graine, où est-ce que je peux m'asseoir ? Et c'est quoi cette soupe que tu es en train de préparer et qui sent si bon ? Je peux t'aider ? Et comment tu occupes tes journées ? Qu'est-ce que tu aimes faire?... »
Et c'est ainsi que la sorcière et la toute petite jeune fille devinrent amies, et plus jamais on n'entendit, dans cette partie de la forêt, de larmes ni de pleurs, rien que des rires et des chants gracieux d'amitiés retrouvées.
12 - UNE HISTOIRE QUI N'EN FINIT PAS
Histoire créée par Laurence Simenot
C'est l'histoire d'un homme qui habitait près d'une île. Il vivait sur la mer, dans un petit navire étroit et fragile.
C'était un frêle esquif et pourtant cette petite embarcation a emmené tellement d'hommes et de femmes à bon port que l'on peut se demander effectivement comment elle a pu faire. Mais cela fut un secret qui a été gardé depuis longtemps, très longtemps. Et pourtant, à ce jour une personne, je dis bien une personne, connaît le secret de cette embarcation. Il lui a été transmis de génération en génération. Mais pas n'importe comment. Vous vous demandez peut être à juste titre comment cela s'est produit ?
Et bien, voilà, une nuit, un oiseau a atterrit près de l'endroit où logeait cet homme. Il y a fort longtemps. Même le pays a depuis lors disparu de la surface de la terre. Cet oiseau venait d'un pays lointain.
Il avait mis des jours et des jours pour parcourir le ciel en tout sens. Il voguait, planait, fonçait, se laissait aller, poussait des pointes de vitesse. Il jouait avec l'air, avec le vent, la neige et la pluie. Chaque élément devenait pour lui une source de plaisir et d'inspiration. Il voyait chaque obstacle comme de nouveaux apprentissages.
Il se disait souvent : « Alors qu'est-ce que je vais découvrir maintenant? » Et il souriait en lui-même et prenait tout son temps pour jouir du paysage et du voyage tandis qu'il savait très bien où il allait. Il n'avait pas oublié sa destination. Et tout en allant vers elle, il se permettait de vivre chaque seconde, chaque souffle d'air en trouvant et savourant tout ce qu'il y avait là pour le faire grandir.
Il ne s'ennuya pas lors de son voyage et lorsqu'il se posa sur la terre après des heures et des heures de voyage, sans être le moins du monde fatigué, il alla trouver l'homme avec qui il avait rendez-vous. Il écouta son horloge intérieure et se dit qu'il était à l'heure.
Content de lui, satisfait, il replia ses ailes pour s'en faire un coussin et s'assit dessus en attendant que le visiteur vint le rejoindre. Il ne lui fallut attendre que quelques secondes de temps d'oiseau, et déjà l'homme était à ses côtés.
L'homme s'assit en tailleur à ses côtés et comme ce n'était pas très confortable, il prit un coussin qui était à portée de sa main et le plaça sous ses fesses. « Autant être confortablement installé pour apprendre des choses nouvelles » se dit-il en lui-même.
L'oiseau qui parlait et entendait le langage de la pensée hocha la tête pour montrer son accord.
Et au milieu de nulle part, tout à coup, s'éleva dans l'air une musique comme jamais on n'en avait entendue. Une musique si douce, si veloutée, si harmonieuse qu'elle remplissait chaque partie du corps, chaque cellule d'une pureté, d'une douceur telle que tout le corps s'en trouva complètement détendu, relâché, reposé, en un instant. On ne sut d'ailleurs jamais d'où venait cette délicieuse musique. Mais qu'importe ! Revenons à l'oiseau.
L'oiseau, délicatement, déploya une de ses ailes, lentement, avec précision et douceur pour aller toucher la joue de l'homme assis près de lui sur le coussin. Et là, c'est comme si une pluie venue de là-haut, de l'univers était descendue pour imprégner sa marque.
A l'endroit même où l'aile a touché la joue on peut voir un petit, un tout petit dessin, si petit qu'il faut se pencher pour voir ce qu'il représente et seuls ceux qui sont suffisamment attentifs, qui prennent le temps de regarder peuvent, en s'approchant, voir de quoi il s'agit.
Et c'est depuis ce jour, qu'il y a parfois sur le corps des Hommes, des marques de naissance, des grains de beauté qui rappellent la marque de l'oiseau dans le cœur de l'Homme ; les secrets que même nous, nous ne savons pas que nous sentons...
13 - LE GANGSTER ET L'ENFANT
Histoire créée par Laurence Simenot
C'est l'histoire d'un gangster. Un gangster des années 50 qui roulait dans une belle voiture rouge et noire. Chef de bande incorruptible et responsable, il voulait gagner. Il ne se laissait pas faire. Unique en son genre.
Cet homme vomissait la haine et la bagarre. Il savait que la courtoisie et l'élégance étaient les reines de ce pays. Et il souriait, souriait toujours à tout le monde et à la vie.
Sa place au soleil, il se l'était faite lui-même, par son courage et sa détermination. Il n'avait mis personne KO. Il respectait trop la nature humaine. Il avait son secret de fabrication, sa marque à lui. Personne d'autre que lui ne connaissait son secret, la clef de sa réussite.
Un jour, un enfant qui passait devant chez lui s'arrêta pour regarder la façade de l'immeuble. Il la trouva si jolie, si spéciale, qu'il en resta bouche bée. Il resta là de longues minutes, des heures et des heures, ne voyant pas le temps passer.
Cependant, derrière les rideaux, notre homme suivait des yeux l'enfant étonné. Et en regardant cet enfant qui restait là, la bouche entrouverte sur le trottoir devant chez lui, il sourit, d'un sourire si tendre et si tranquille que tout l'amour de l'infini passa dedans.
Alors, il prit son chapeau et son pardessus qui étaient suspendus à un porte manteau près de la porte d'entrée et il les mit. Il toucha sa poche pour s'assurer que ses clefs étaient bien là et il ouvrit la porte qu'il referma derrière lui délicatement.
Et l'homme avance vers l'enfant, lui dit « bonjour », lui dit quelque chose à l'oreille que je n'ai pas pu entendre et les voilà qui partent tous les deux en se tenant par la main. Ils marchent sur le trottoir côte à côte d'un pas décidé et nonchalant, à l'unisson.
Au pied d'un réverbère, ils s'arrêtent. L'enfant tire le bas du pardessus de l'homme. L'homme se penche vers le visage de l'enfant qui lui chuchote quelque chose à l'oreille. Et là, l'homme éclate de rire et prend l'enfant dans ses bras d'un grand geste large et le serre tendrement contre lui.
Sans cesser de rire, la tête de l'enfant posée sur l'épaule de l'homme, le voici qui avance droit, fier, solide portant dans ses bras ce qui maintenant lui était devenu ce qu'il avait de plus cher au monde : l'enfant joyeux et curieux.
14 - LE SOUFFLE DES MOINES
Histoire créée par Laurence Simenot
Je me rappelle ce lac dans une montagne là-haut près du ciel, près des nuages les plus hauts. Un monastère dans la montagne. Des moines. Jeunes. Heureux. Libres. Sereins. Ils méditent. Ils cherchent. Ils découvrent et se découvrent. Ils se mettent à genoux devant la beauté du lieu, du paysage. Ces sommets éternels, enneigés et auréolés de nuages comme des colliers.
Tout est calme, paisible là-haut, tout là-haut. Comme en bas d'ailleurs. Mais là-haut l'air est si pur. En bas l'air est chargé. Chargé.
Et un moine, un jour, décide de souffler vers le bas. Souffler. Et il souffla, souffla, souffla tellement que l'air du bas tout à coup se libéra de tout son poids, et l'air monta léger, léger, léger vers les cimes, vers les arbres, vers les montagnes, vers le ciel, vers le soleil qui assécha les larmes de la terre et rendit à l'atmosphère toute sa richesse, sa nourriture, ses bienfaits. Et le moine regardait tout ce que son souffle avait permis. Et sur son visage, on pouvait voir un doux, un si doux sourire que tous les moines vinrent lui demander ce qui s'était passé. Et il leur montra la terre. Et il leur montra le ciel. Et il leur montra encore le soleil. Et chacun voulu à so
Publié le 03/12/2008 à 12:00 par recadrages
sur cette page 7 HISTOIRES INSPIRANTES ET INSPIREES CREEES PAR LAURENCE SIMENOT
Pour les enfants intérieurs en chacun d'entre nous!
Ecrites et créées par Laurence SIMENOT
à l'issue de ma formation en Hypnose Ericksonienne.
15 - DERRIERE LE CIEL !
Histoire créée par Laurence Simenot
C'est une plage de sable fin, entourée devant par la mer d'un bleu ciel transparent et derrière d'une rangée d'arbres hauts, hauts, si hauts qu'ils me paraissent toucher le ciel de leur feuillage.
Un oiseau vole là, dans le ciel. Immense. De grandes ailes déployées. Larges, spacieuses. Il plane sur l'air. Sans forcer, il se laisse glisser. Aérien. Immobile. Majestueux. Blanc comme la neige, c'est une tâche de couleur dans le ciel bleu. Et l'oiseau rentre dans le ciel. Il rentre à l'intérieur. Il a disparu en un instant comme si une porte s'était ouverte pour lui dans cette immensité bleu-ciel.
J'ai beau regarder, chercher, je ne vois aucune porte. Et tout à coup le revoilà. L'oiseau est à nouveau là nageant dans le ciel. Je ne comprends rien. Il me regarde et voit ma stupeur. Il se dirige vers moi, plane et referme à peine ses ailes quand ses pattes atterrissent sur le sol. Il se dandine d'une patte sur l'autre pour venir jusqu'à moi maintenant. Et je l'entends distinctement me dire qu'il serait ravi de me faire visiter ce qu'il y a derrière le ciel.
Je n'en crois ni mes yeux ni mes oreilles et instinctivement je lui fais un signe de tête pour lui dire que j'accepte. Et aussitôt je me retrouve sur son dos, entre ses larges ailes déployées.
Le vent souffle sur mon visage et l'on va si vite que j'entends l'air dans mes oreilles. Je sens la chaleur de l'oiseau entre mes cuisses et je me sens en parfaite confiance, en totale sécurité.
Et l'oiseau monte dans le ciel, monte, monte encore et, tout à coup, ce n'est déjà plus le même bleu. C'est un bleu sombre, foncé, et pourtant je vois clair et l'oiseau avance toujours comme s'il savait exactement où il allait. Pourtant il n'y a aucun panneau, aucun signal permettant de se repérer dans cette étendue immense.
Bientôt je vois une lumière, un point lumineux là-bas sur la droite et l'oiseau vire très légèrement vers la droite pour trouver l'axe de cette lumière. Elle est pourtant loin, si loin, et déjà nous sommes tout proches. C'est un grand cercle lumineux. Un rond parfait. Une porte ouverte dans le ciel, dans l'univers.
Et d'un battement d'aile l'oiseau franchit cette porte et là, c'est maintenant la lumière partout. Je suis éblouie. Je ne vois plus clair. Pourtant je sens la chaleur de l'oiseau et ma confiance augmente. Alors, il descend comme pour se poser. Et il se pose. Cela ressemble à du coton, un lac de mousse ou de neige tendre, aussi blanc que l'oiseau. Et déjà, l'oiseau a disparu.
Les couleurs se sont confondues. Lieu chaud, accueillant. Je me sens intime, en pays connu, chez moi. Pas un son pourtant. Personne, et pourtant quelque chose m'est si familier que je n'arrive pas à en discerner la raison. Je sens mon cœur vibrer de bien-être et de plénitude. Sereine. Je me sens sereine, en paix dans ce monde de paix. Et là, je vois un doigt me faire signe de le suivre. J'avance vers lui laissant l'étonnement derrière moi. Et lorsque j'approche de l'endroit, je vois une fleur.
Une longue, longue tige au bout de laquelle il y a une fleur. Belle, si belle ! Les pétales sont ouverts, offerts. Son parfum m'entoure et m'imprègne. Une odeur d'une délicatesse, d'une subtilité rare. Deux feuilles partent de la tige et ressemblent à des bras gracieux.
Et la fleur, tout à coup, met ses deux feuilles contre ses pétales comme une femme qui se cache le visage en ayant été surprise dans son intimité. Elle ne m'attendait pas maintenant. Elle savait que j'allais venir mais elle ne savait pas quand. Personne ne lui a dit que j'arrivais aujourd'hui. Ils ont voulu lui faire une surprise et elle aurait eu tellement envie de se faire belle pour accueillir la personne qu'elle attendait. Et là, à compter de ce moment, j'ai senti mon cœur fondre, s'ouvrir et se figer en même temps. « J'ai trouvé ma fleur. J'ai trouvé ma fleur… !!! ». Je ne sais que me dire cela.
Et c'est comme si toutes les rivières, tous les cours d'eau, tous les fleuves avaient enfin rejoints l'océan pour se fondre dans un grand tout. Tous les efforts ont été récompensés.
Et là, on m'a dit depuis, que j'étais devenue comme un arbre avec des racines qui partent loin dans le sol ; avec un tronc solide et ferme, large et puissant ; avec des branches harmonieuses et vibrantes, robustes et le feuillage comme une toison d'or tournée vers le soleil et s'imbibant de l'énergie du soleil et de la force de la terre. Un arbre ; entre le ciel et la terre !
16 - LE ROCHER SUR LA PLAGE
Histoire créée par Laurence Simenot
Je me souviens encore de cette plage qui existe à des milliers de kilomètres de là, cette plage faite de sable fin et blanc, si fin et si blanc que l'on pourrait penser que c'est de la poudre de lumière, de la poudre d'os, de la poudre de pierre. Et en effet, il y a bien longtemps, vivait là sur cette plage une énorme pierre, un énorme rocher de couleur noir ébène qui se dressait tel un guerrier sur cette plage de sable fin. On aurait dit alors que cette pierre était le gardien de la plage.
Elle trônait là dans toute sa splendeur, dans toute sa puissance. Une force extraordinaire se dégageait de ce roc, de ce rocher noir ébène. Et les enfants qui, à l'époque, vivaient là, n'avaient de cesse de grimper sur lui. L'escalade de ce rocher était un de leur jeu favori. Et ils riaient, riaient quand ils grimpaient dessus et quand ils glissaient parce que leur pied dérapait à un endroit trop lisse pour s'arrimer solidement. Et ils recommençaient sans cesse à l'escalader, à grimper sur lui. Et lui, ce rocher noir ébène ne disait rien, il se laissait faire. Il sentait bien sur ses flancs les caresses parfois un peu brutales de ces enfants et pourtant il continuait à les accueillir sur ses flancs pour qu'ils puissent rire à gorge déployée. Parce qu'il aimait ça : les entendre rire à gorge déployée.
Il adorait sentir leurs petites jambes l'escalader et les petits doigts se glisser dans ses interstices minuscules pour qu'ils parviennent au sommet de son crâne de rocher. Et c'est ainsi que les jours s'écoulaient paisibles et joyeux. Les enfants venaient et s'amusaient et il était heureux de les voir, de les entendre, de les sentir.
Il se sentait même investi d'une mission bien étrange : celle de les laisser s'expérimenter à devenir des Hommes ingénieux et heureux. Il pensait qu'il était là pour cela : pour les aider à grandir et à s'épanouir à son contact. Et sa vie se déroulait entre des moments de solitude lorsque les enfants dormaient et allaient à l'école et les moments de jeu où ils le rejoignaient sur la plage pour partager des moments de liberté et de plaisir sans cesse renouvelés.
Et les enfants grandissaient, grandissaient de jour en jour. Ils aimaient leur rocher, leur montagne sacrée posée là sur la plage, sur leur plage. Car pour eux, c'était leur plage, leur rocher, leur montagne, leur endroit sacré et ils n'aimaient pas que d'autres puissent venir jouer sans leur autorisation autour et sur ce rocher. Ils se sentaient investis d'un rôle eux aussi : protéger leur rocher des intrus qui viendraient lui faire du mal en lui grimpant dessus sans en prendre soin.
Et les jours passaient et ils grandissaient toujours et comme la vie avançait lentement mais sûrement, les voilà qui devinrent jeunes filles et jeunes garçons.
Et ils se retrouvaient toujours autour du rocher, les uns devenant plus flemmards et se contentant de s'appuyer au rocher pour rêver à d'autres mondes, à d'autres endroits où aller s'amuser. Et d'autres pourtant, continuaient à l'escalader à la seule force de leur poignet et de leur volonté et ils devinrent si agiles que le rocher avait même du mal à sentir leur présence sur lui tant leur toucher était devenu tendre, fin et délicat.
Leur souplesse l'émerveillait et le fascinait car il avait bien vu tout leur apprentissage, les progrès qu'ils faisaient de jour en jour et le rocher sentait bien qu'un jour les enfants sentiraient que cette montagne leur paraîtrait trop petite pour leur jeu et leur apprentissage et qu'ils chercheraient une autre montagne à apprivoiser, à escalader, à gravir avec joie et brio.
Et d'autres encore se contentaient de regarder les grimpeurs grimper en les applaudissant et les encourageant pour leur prouesse d'agilité.
Et le rocher pensait juste. Il prévoyait l'avenir avec beaucoup de lucidité et de clairvoyance. Il n'était pas dupe et savait que dans très peu de temps tous les enfants devenus de jeunes adultes s'en iraient vers de nouveaux paysages, vers de nouvelles régions à explorer. Et d'un coté, il en était ravi car c'était dans l'ordre des choses de la vie, et d'un autre coté il se disait qu'il allait se retrouver tout seul et cela ne l'enchantait guère.
En effet, il commençait à devenir soucieux, inquiet, comme renfermé sur lui-même et on pouvait voir ses sentiments à sa couleur qui devenait de jour en jour plus foncée, de plus en plus noire, ébène. Et de plus on aurait même dit qu'il avait rapetissé, le rocher, comme replié sur lui-même pour protéger ce qui lui restait à protéger : ses souvenirs, sa jeunesse de rocher heureux lorsque les enfants couraient sur lui et s'agrippaient à lui de leur petites paumes pour rire aux éclats sous le soleil chaud et devant la mer plate et calme comme un lac de montagne.
Et ce que pensait le rocher arriva. Les enfants partirent car ils n'étaient plus des enfants mais étaient devenus des hommes et des femmes adultes et le rocher se sentit perdu, délaissé, abandonné, comme un amoureux éconduit et qui avait pourtant eu toutes les qualités de la séduction.
Et le rocher se tassa de plus en plus sur lui-même comme pour prendre moins de place, de moins en moins de place car il pensait que sa présence n'était plus importante, qu'il n'avait plus rien à faire pour les autres. Et il se disait souvent : « Mais je sers à quoi, je peux faire plaisir à qui ? Qui se soucie encore de moi ? Personne ne m'aime, je suis seul... ». Et il n'aimait pas penser cela.
Même le spectacle flamboyant du paysage ne lui donnait plus de joie, plus de satisfaction alors même qu'il adorait être dans ce lieu, le trouvant irrésistiblement lumineux, attractif et plein de tranquillité. Mais il ne savourait même plus sa présence dans ce lieu. Il s'ennuyait, s'ennuyait à mourir. Et il se vidait de sa substance, de sa joie de vivre et pensait qu'il ne servait plus à rien et il se sentait usé, vieilli alors qu'au fond de lui il se sentait jeune et rutilant comme ses parois qui étaient devenues si lisses qu'on pouvait même se voir dedans par endroits.
Et le rocher, en fait, se désespérait de ne plus sentir ces doigts, ces mains et ces corps d'enfants lui grimper dessus. Il se sentait triste de ne plus entendre les cris de joie et les éclats de rire tout autour de lui. Et il se sentait de plus en plus vieux, de plus en plus isolé. Et les jours passaient sans que rien ne lui redonne du baume au cœur. Ni les oiseaux qui se posaient parfois sur lui, ni la mer qui ondulait ses crêtes de vague comme une danse superbe et sensuelle ne lui redonnaient le goût et le plaisir d'être là, en vie, vivant.
Notre rocher devenait un rocher dépressif. Et sa couleur se ternit. Ses faces se recouvrirent d'une forme de lichen inconnue de ces régions. En fait, il se rongeait de l'intérieur et la mousse qui se révélait à sa surface était le reflet de son état intérieur. Il se recouvrait de part en part de cette mousse étrange et verte.
Et les jours passant, c'est comme si le rocher avait autour de lui une carapace de mousse qui empêchait maintenant qui que ce soit de l'approcher pour grimper dessus, l'escalader. Et la mousse commençait à l'étouffer, à l'enfermer de plus en plus en lui sans que le rocher y fasse vraiment attention. On aurait dit qu'il se fichait de tout, que plus rien n'avait d'importance. Était-ce de la sagesse ou une forme de démission ?
Toujours est-il que notre rocher était en train de se laisser mourir doucement, sans pleurer, sans appeler de l'aide car il ne savait pas qui aurait pu venir à son secours pour lui redonner le goût de vivre.
Alors il se laissa mourir comme si la vieillesse l'entourait de ce manteau de verdure de mousse verte. Et il mourut asphyxié par ce rempart tandis que le vent continuait de balayer le rocher en même temps que le soleil continuait de l'inonder de lumière, et cela n'avait pas suffit pour apaiser sa douleur.
Et un matin, il mourut d'une mort lente et douce. Il s'est laissé glissé dans la mort pendant son sommeil. Simplement en dormant. Et la vie ayant simplement quitté la matière noire ébène, le rocher commença à se recroqueviller et à devenir blanc, de plus en plus blanc et un jour, plus tard, on retrouva sur la plage un petit tas de poudre blanche qui était posée là sur le sable blanc, comme s'il se confondait avec tous les autres rochers qui avaient existé ici avant lui et qui étaient morts de leur belle mort de rocher.
Et c'est ainsi que sur cette plage, on peut voir le sable fin, si fin, et doux, si doux au toucher que l'on peut se rappeler qu'un jour il y avait là un rocher noir comme l'ébène sur lesquels jouaient des enfants et qui riaient, riaient à gorge déployée. Et d'ailleurs, on peut entendre aujourd'hui les oiseaux dans le ciel tournoyer et chanter en poussant comme des petits cris d'enfants heureux de vivre et d'exister.
17 - LE LIVRE DANS LA GROTTE
Histoire créée par Laurence Simenot
J'avance vers la grotte, perchée là-haut dans la paroi de la montagne. Cette grotte que je vois de loin et qui est comme illuminée par le soleil qui viendrait de l'intérieur.
C'est comme si quelqu'un habitait là et avait laissé la lumière allumée depuis très longtemps pour être vue de loin. Et je me demande si quelqu'un a déjà eu l'idée avant moi d'aller voir à l'intérieur de cette grotte qui habite là, depuis combien de temps, et pourquoi ?
Alors je décide d'aller voir de plus près ce qu'il en est et je me dirige d'un bon pas, ferme et décidé, vers la paroi de la montagne.
Arrivée au pied de la montagne, tandis que je lève la tête pour situer l'entrée de la grotte, je vois tournoyer dans le ciel bleu et dégagé là, au-dessus de ma tête, un aigle majestueux qui tourne en faisant des cercles larges et d'une douceur extrême. C'est comme s'il était le gardien de la grotte. Il veille sur le maître de ces lieux et en défend l'accès aux étrangers susceptibles de blesser et de faire du mal ou du tort à l'habitant de ces lieux.
Mais visiblement, il me regarde de là-haut sans intention de venir me déloger de l'endroit où je suis. Je me dis donc que je suis la bienvenue et, encouragée par ma propre voix, je me dirige vers un sentier qui est là sur la droite et qui monte en pente douce vers l'entrée de la grotte.
Pas âme qui vive à la ronde. Pas de bruit. Un silence plutôt doux et amical, comme un instant suspendu qui attend de voir ce qui va se passer par la suite. Et seuls mes pas résonnent sur ce chemin caillouteux bordé de fougères. Et j'avance. Je grimpe assez facilement d'ailleurs à ma grande surprise car je croyais que la montée serait beaucoup plus fatigante. Et m'apercevant que je m'étais trompée sur ce point, je sens l'air qui m'entoure d'un manteau doux et tiède à la fois. Et j'avance. Et me voilà maintenant à l'entrée de la grotte.
Elle est bien illuminée de l'intérieur comme je le voyais de là-bas, en bas, tout à l'heure. Et c'est comme si cette lumière était un rideau qui voilait l'entrée pour empêcher les regards indiscrets de pénétrer à l'intérieur sans y avoir été invités.
Mais l'aigle tournoie toujours là-haut dans le ciel et il émet maintenant un petit sifflement que je sens amical. J'ai la sensation profonde que ce sifflement est une invitation à rentrer à l'intérieur de la grotte.
Et prenant une respiration ample et profonde, ne sachant pas ce que je vais découvrir à l'intérieur de la grotte, je me gorge de courage et de curiosité bienveillante. En me disant cela et en le sentant dans mon corps, le rideau de lumière se dissipe et je peux enfin voir l'intérieur de la grotte.
Et là, quelle n'est pas ma surprise en regardant là devant moi : une grotte pleine de stalactites et de stalagmites, qui montent qui descendent. Ils paraissent être en glace. Une lumière émane d'eux et les fait briller de mille feux comme des joyaux de couleurs plus beaux les uns que les autres.
La grotte ruisselle de lumière. L'air est pur, frais et doux. Et le sol est couvert d'une sorte de pierre lisse et blanche sur lequel je sais que le pied doit se poser avec souplesse et aisance. Un petit cours d'eau serpente là à certains endroits. Une eau limpide et claire comme du cristal de roche. L'odeur que je respire est une odeur de pin et de lavande fraîche. Et tout en respirant profondément pour m'imbiber de cette atmosphère de fraîcheur et de limpidité, j'avance dans ce lieu d'un pas lent et mesuré, tous mes sens en éveil et tournés vers l'extérieur pour assouvir ma curiosité intérieure. Et là, au fond de la grotte, derrière un pilier de stalagmite, chose étrange, je vois un bureau.
Oui, un bureau. C'est une pièce avec un tapis sur le sol. Un bureau rectangulaire avec une lampe de chevet à vaste abat-jour, posée dessus. Des papiers sont bien rangés sur le bureau et un livre est ouvert là à une page. Un grand livre relié.
Et tandis que je m'avance dans ce nouveau lieu où l'atmosphère dégage une sérénité et une sécurité, je me sens emplie d'un sentiment de bien-être immédiat.
Autour du bureau, accrochées au mur, des bougies allumées diffusent une lumière douce et fragile. Pas un souffle d'air. Pas un bruit. Le silence. Simplement le silence, accueillant et bienveillant. C'est comme si ce lieu m'attendait pour y amener le bruit, les mots, les sons.
J'avance et je vais m'asseoir sur la chaise face au bureau. Une chaise confortable sur laquelle je m'appuie de tout mon poids, et je regarde autour de moi en sentant qu'il y a longtemps que je connais ce lieu mais que je l'avais oublié. Ne me demandez pas pourquoi, car je ne le sais pas moi-même consciemment.
Et pourtant, oui, je connais ce lieu, toute mon âme et mon cœur me le signifient à leur manière, et tout en respirant profondément, je touche le bureau pour découvrir une texture d'une douceur infinie. Un bois comme j'en ai rêvé : tendre, léger et pourtant compact, une couleur pourpre et ambrée, une odeur d'une délicatesse surprenante à mes narines qui s'ouvrent pour aspirer cette odeur qui me rappelle une odeur de vie très, très ancienne.
Et je regarde maintenant le livre, ce grand livre relié, posé là devant moi, sans toutefois avoir l'envie de le toucher. « Pas encore ! Pas encore ! », me dis-je en moi-même.
Je prends vraiment le temps de savourer ce moment, comme un moment intense de retrouvailles avec un passé oublié et qui resurgirait d'une façon douce et inattendue. Et je décide enfin de m'avancer au-dessus du livre car je vois bien qu'il y a une phrase écrite en gros caractères sur les deux pages mais c'est comme si je n'osais pas encore déchiffrer ce message, qui je le sais, est là pour moi, pour me rappeler, pour me dire ce qu'il est important que je sache et que je me rappelle à ce moment de ma vie, de mon histoire.
Et l'envie est trop forte. Je décide d'accommoder ma vision pour enfin lire et déchiffrer ces lettres.
Et je regarde. Et je vois. Enfin ! Il est écrit : « Rappelle-toi que tu es vivante, que ce jour est ton jour et que tu en fais ce que tu veux. Rappelle-toi que ton corps est à toi et que tu en fais ce que tu en veux chaque jour. Prends soin de ce capital et fais-le fructifier pour en offrir les fruits à tous ceux qui t'entourent ».
Je n'en crois pas mes yeux. Je n'ose pas imprimer ces phrases et leur sens dans mon esprit. C'est comme si je venais de prendre conscience d'une réponse à une question que je m'étais posée je ne sais même plus précisément quand. Et voilà que la réponse m'apparaît là.
Je sens le doute et la peur monter en moi : « non, je ne suis pas prête, non je ne peux pas y croire, non je ne suis pas à la hauteur, je suis encore si petite, j'ai encore tant besoin d'aide... »
Et tandis que toutes ces pensées courent dans mon esprit, j'entends un son différent parvenir à mes oreilles et qui vient de derrière moi. Je suis surprise dans mes pensées et le flux des pensées s'arrête immédiatement intrigué par ce son.
Je me retourne d'un bond. J'ai eu peur. Et je me retrouve face à face avec un petit personnage, qui ressemble à un lutin ou peut-être un nain, ou peut-être un gnome. Impossible de le qualifier précisément. Il est là, me regardant avec un sourire qui fend ses lèvres jusqu'aux oreilles. Il porte sur la tête un petit chapeau qui ressemble à celui d'un stroumpf et il penche la tête sur le coté en signe de bienvenue. Il ne parle pas et pourtant je sens que je le comprends. C'est comme s'il communiquait avec moi télépathiquement. Et c'est bien comme cela qu'il me parle, directement dans mon cœur et dans mon esprit, et je l'entends me dire :
« Cet espace est le lieu où je vis. Je t'attendais. Je vis là depuis longtemps. Depuis ce jour où tu as pensé très fort qu'il était important d'avoir un lieu à soi dans lequel se ressourcer, se retrouver pour être soi-même et grandir dans la paix du cœur et de l'esprit. Je suis aussi celui que tu as vu sous la forme de l'aigle. Ici et ailleurs, maintenant et hier et demain. Ce livre que tu vois là devant toi est un livre qui détient des sagesses ancestrales que j'ai depuis longtemps concocté dans l'espoir de ta venue pour qu'enfin tu en prennes connaissance et que tu te laisses porter par ces textes chargés d'énergie de vie et d'espoir. »
« Aujourd'hui c'est ton tour, ton tour d'écrire ce livre. Tu vois, il reste beaucoup de pages blanches et c'est à toi, oui à toi, de t'asseoir là devant ce bureau et de laisser glisser tes doigts sur le papier. Tu n'as même pas besoin de stylo, seule ta pensée te sert d'encre invisible qui se révèle quand tu poses tes doigts sur le papier. Il te suffit d'oser. D'oser t'asseoir. D'oser te dire : « je vais écrire, je vais dire ». D'oser laisser ta pensée vagabonder. D'oser relâcher tout ton corps et les tensions, et de respirer profondément. Et d'oser regarder le papier en écoutant la voix qui se manifeste dans ta tête et simplement laisser tes doigts parcourir la page blanche et tu verras que celle-ci se couvrira de sagesse et de merveilles qui vont t'étonner toi-même. »
« Oui, oser, oser, cela, simplement cela. Et tu verras que même ceux qui un jour liront ces lignes te remercieront de t'être assise là, d'avoir respirer profondément et d'avoir laissé tes doigts courir sur ce papier car c'est à leur cœur que les mots que tu écriras parleront. »
« Il te remercieront et te béniront car ce qu'ils recevront dans leur cœur les éclairera d'une nouvelle compréhension d'eux-mêmes, des autres et de la vie ».
Je dus blanchir car le petit homme me rassura d'une voix douce:
« N'aie pas peur, sois sans crainte, tout est déjà accompli, plus rien à prouver, plus rien à chercher, tout est là, déjà là en toi, il te suffit de te laisser ouverte dans ton cœur et de savourer en prenant plaisir à être là à ce moment même. Essaie, tu verras. Je suis là et je t'assure que tu n'as rien à craindre dans ce lieu. Ici, c'est comme un temple, un lieu sacré. Nul ne peut venir sans y avoir été invité et l'aigle veille sur ce lieu et sur nous pour que justement tu puisses t'essayer à autre chose que ce que tu as l'habitude de faire et d'être.
Laisse-toi aller là, avec moi, près de toi. Viens, assieds-toi mieux, encore mieux. Souris, allez souris, souris-moi, tu vois bien que je ne te veux pas de mal ! Je suis avec toi, tu as confiance en moi ? »
Et dans un sursaut, je lui dis : « oui, oui, oui, bien sûr ».
« Alors, appuie tes mains sur la table, sur ce bureau et respire profondément. Respire encore et encore. Voila c'est ça! ».
Et en entendant sa voix douce et ses encouragements je me suis détendue dans mon ventre, dans mon dos, dans mes mâchoires et je me suis laissée faire. J'ai accepté. En une fraction de seconde j'ai accepté d'être là dans ce lieu avec lui et de sentir mon corps et d'être heureuse d'être là et j'ai senti quelque chose de particulier dans mes mains, dans mon dos, dans mes jambes : une onde de douceur me parcourait comme si un courant d'énergie ranimait la vie en moi, et j'ai pris conscience en même temps que j'ai regardé la page blanche et j'ai lâché les pensées.
Et voilà qu'une image de bateau m'est apparue dans ma tête, sur mon écran intérieur. Un peu surprise tout de même, j'ai accueilli cette image de bateau et je le voyais voguer là sur une mer d'huile. Et mes mains ont écrit comme pour accompagner cette image :
« Bienvenue à toi, grand navigateur solitaire. Tu as déjà parcouru des milliers de kilomètres et vu des richesses aux quatre coins du monde. Capitaine, je te félicite de tes achats car toute ta cargaison est destinée à ce peuple que tu vas rencontrer sur cette île vers laquelle se dirige ton navire. Et tu vas leur apporter le rire, le sourire, la joie, l'étoffe de l'amour, le soleil de la tendresse, la laine de l'intimité et le velours de l'espérance. Gloire à ta perspicacité, à ton courage d'avoir parcouru tant de mers et de contrées pour donner aux hommes de bonne volonté tout ce qu'ils attendent dans leurs cœurs et dans leurs yeux. »
Juste à la dernière lettre que je vois se manifester sur le papier mes yeux sont éberlués, ma mâchoire inférieure comme « tombée ». Je suis estomaquée. Et devant mon air éberlué, le petit homme éclate d'un rire gai, léger, cristallin et si joyeux qu'en le regardant, je ne peux empêcher moi aussi de sourire et de hocher la tête et de rire de bon cœur aussi, comme si j'avais été le jouet d'une vraie farce.
Et tout en riant, le petit homme me raccompagne déjà à la porte de la grotte en me disant qu'il est temps pour aujourd'hui de rentrer chez moi, là où je pourrais intégrer tout ce que j'ai vu et entendu. Et il me précisa gentiment que je pourrai revenir autant que je le voudrai dès que je le voudrai.
Je me suis sentie emplie d'un sentiment de joie et de plénitude telle que je fus heureuse qu'il me raccompagne ainsi car c'est vrai que j'avais été remplie de l'intérieur et nourrit sans même m'en être rendue compte. Et en un instant je crois que c'est l'aigle qui me servit de monture pour me ramener chez moi car en fait, en une fraction de seconde, toutes ces images de ce lieu furent un souvenir et je me retrouvais dans ma chambre, dans mon lit et souriant d'un sourire tendre et amical en me disant que je venais de vivre une aventure riche et féconde pleine de promesses dont je n'étais même pas encore vraiment consciente.
Mais à cet instant je savais et je sais encore que je retournerai dans ce lieu, demain à la même heure pour apprendre encore et comprendre autrement ce que je connais déjà et m'enrichir de tout ce qui est important pour moi pour aider les hommes à être heureux et à retrouver la joie dans le cœur et le rire dans les yeux.
18 - LE CURE DU VILLAGE
Histoire créée par Laurence Simenot
Je me rappelle l'histoire de ce curé de campagne. Il marche dans la campagne. C'est l'automne. Les couleurs de la végétation passent par toute la gamme des marrons, jaunes, orangé, noir, brun et toutes les autres couleurs que je ne connais pas très bien pour les dépeindre avec des mots précis.
Et le curé avance sur le chemin, là, un chemin qui serpente au cœur des arbres qui paraissent être centenaires. Il marche seul. En silence. Pourtant tous ses sens sont en éveil. Il regarde autour de lui. Il a le nez qui pointe en l'air comme pour respirer à pleins poumons cet air pur et frais d'automne. Il écoute le bruissement des feuilles dans les arbres qui bougent au gré du vent. Et il marche en sentant son corps avancer avec calme et puissance sur cette terre douce et fertile.
Il a l'air aussi de masser délicatement la terre de ses pas doux et réguliers. Oui, il masse la terre et c'est comme s'il lui parlait dans son cœur, dans sa tête. Il dit à la terre : « Je te masse et te remercie d'être là, toujours là sous mes pieds, où que je sois tu es toujours là. Tu me portes comme une mère porte son enfant et je t'aime pour ton accueil et l'abondance de ton amour. »
Oui, il se dit tout cela tout en avançant doucement sur ce chemin. Ce curé prie la terre, le ciel, le vent, l'air, le soleil. Il remercie chaque arbre, chaque buisson qu'il croise car chacun lui apporte le regard de la vie et il découvre l'inénarrable beauté de la vie avec toutes ces différentes formes de vie.
Le curé marche, éblouit dans son cœur de tant de beauté déclarée là sous ses yeux, sous son nez, sous ses pieds, dans ses oreilles. Et fatigué de marcher, il s'assoit sur un rondin de bois, sur le côté du chemin et ses doigts frôlent la terre. Il ramasse un caillou, un petit caillou plat et gris, lisse comme un galet et doux comme une peau d'enfant.
Il parait triste, seul, isolé, tout seul, si seul. Son silence intérieur est vaste. Il est en contact avec lui-même et avec ce qui l'entoure. Le curé semble n'avoir besoin de personne tant il est présent à lui-même et à ce qui l'entoure. Sa vie intérieure est riche. Riche de pensées d'amour et de bonté.
Ce curé aime la vie et il la transpire par tout son être. Bien sûr, il ne saute pas de joie, oui il ne chante pas à tue tète, non, pas maintenant. Oui, il ne danse pas sur ce chemin, oui il ne parle pas à quelqu'un de particulier, non il ne regarde pas un feuilleton à la télé.
Il est là, simplement là, sur ce chemin, assis sur ce rondin de bois, silencieux, en contact avec lui-même et la nature là autour de lui et il respire calmement et tranquillement. Il est là, heureux d'être simplement là, sans pensée pour avant, pour après. Il est simplement là, ouvert, présent.
Les gens qui le connaissent se disent que cet homme n'est pas un homme comme les autres et c'est pour cela qu'il est le curé de ce village. Mais en fait, ce curé est d'abord un homme, simplement un homme, qui respire, qui vit, qui marche, qui mange, qui boit, qui fume, qui écoute et regarde, qui avance pas à pas sur le chemin de la vie, avec sa patience, sa tendresse et son écoute pour bagages.
Il parait tellement calme et paisible, concentré et attentif que les gens du village qui le croisent le salue bien bas comme un homme très respecté, très sage à qui l'on porte une grande considération. Sa façon d'être est enviée dans le village : son calme, son silence intérieur, sa manière de ne jamais dire du mal de quelqu'un, sa douceur quand il parle, ses gestes élégants et fins qui accompagne ses mots. Oui il est envié pour ces qualités.
Le curé voit bien cette ambiance de commisération et de respect un peu frileux quand il croise des personnes du village mais ce qu'il ignore c'est que, à la sortie du village, vit depuis peu un homme qui a de lui une toute autre opinion : un homme d'un âge proche de la maturité. Un homme qui a dû partir de son village natal pour trouver ce qu'il cherchait : la paix de l'esprit, le silence intérieur. Mais à l'époque, il n'y arrivait pas et il se mettait en colère contre chacun des habitants. Il criait, vociférait, se plaignait d'un tel et d'un tel. Il trépignait, et en fin de compte il s'est mis tous les gens à dos et un jour, du coup, il a décidé de partir.
Bien sûr, il ne s'est pas dit que c'était son attitude qui était à l'origine de son isolement parce que, évidemment, les personnes ne voulaient plus le voir ni lui parler. Non, jamais il ne s'est dit que c'était peut-être sa façon de penser et de parler aux gens qui les faisait fuir. Alors, en colère, il est parti et c'est pour cela qu'il habite maintenant dans ce nouveau village dont le curé est le représentant du silence intérieur et de la paix de l'âme.
Mais notre homme, qui en fait s'appelle Joël, n'aime pas le curé, il en est jaloux, il aimerait tellement lui ressembler dans cette façon qu'il a de vivre chaque instant comme si c'était le premier, cette manière aussi de rencontrer les gens comme si c'était la première fois qu'il les voyait.
Et intérieurement, Joël a déclaré la guerre au curé, à sa manière bien sûr, mais la guerre tout de même. Ce qui fait qu'à chaque fois que Joël croise le curé, Joël le regarde méchamment, avec une lueur glacée dans les yeux, un pli amer aux coins des lèvres, un air de mépris dans les yeux et c'est avec des mots chargés d'animosité qu'il lance parfois un « salut » tout en passant son chemin et en se disant que « décidément non, ce curé ne méritait vraiment pas tant de considération, d'égard et d'amitié de la part des gens du village ». Il le traitait même de sauvage à vivre seul ainsi.
Pourtant Joël ne rêvait qu'à cela : rêver, méditer, profiter de chaque seconde, aimer les autres en s'aimant soi-même, profiter de la nature pour savourer tous ces bienfaits et s'inspirer du spectacle de la vie pour trouver les mots jutes qui parlent au cœur et à l'âme.
Simplement, il ne savait pas faire cela, et au lieu de chercher à apprendre à faire tout cela, il passait son temps à maugréer et à pester contre celui qui savait faire tout ce dont il rêvait. Jamais encore il n'avait pensé que le curé pourrait lui apprendre, comme un maître ou un guide, à découvrir la beauté de la vie.
Tout préoccupé par ses pensées "ronchonnantes", Joël n'avait jamais pris encore le temps de se demander comment il pourrait faire autrement.
Or un jour, Joël marchait dans la forêt et il se prit le pied malencontreusement dans un piège que des braconniers avaient posé là pour prendre de petits animaux. Joël resta les fesses par terre, seul, le pied pris dans ce piège et il grondait, pestait, criait. Mais personne ne venait. Et le temps a passé ; les minutes, les heures et c'est presque un jour entier qui passa avant que quelqu'un ne passa sur ce chemin.
Joël, bien sûr, entendit du bruit, un bruit de pas d'homme. Et fatigué qu'il était d'avoir tant crié, c'est avec une voix plus calme qu'il appela : « Eh, eh, je suis là, au secours, j'ai besoin d'aide, je suis là, sur le chemin, je suis pris dans un piège, au secours, aidez-moi, par ici, par ici. »
Et c'est ainsi que le promeneur entendit la demande douloureuse de Joël et qu'il se rapprocha de l'endroit d'où venait les appels.
Ce promeneur, vous vous en doutez, n'était autre que le curé du village et quand Joël enfin le vit s'approcher, il fut pris dans son cœur d'une forme de malaise étrange : « non, je ne veux pas de lui, je ne veux pas qu'il m'aide mais... mais... mais ... j'ai mal je veux de l'aide, je veux être délivré. »
Joël se tenait ces propos à l'intérieur de lui tandis que le curé s'approchait d'un pas plus rapide, le voyant en fâcheuse posture et voulant le libérer de cette prison créée par les braconniers.
Et d'un coup, Joël eut comme un déclic en voyant le curé arriver: « cet homme peut me délivrer, peut me sortir de ce piège, j'ai besoin de lui, après tout c'est un homme ». Et Joël a senti dans son cœur qu'en fait le curé n'allait rien lui demander en échange de sa libération et il se détendit d'un coup et sur son visage apparut même un sourire, un réel sourire envers cet homme qui s'approchait. C'est comme s'il lâchait les doutes, les craintes, les appréhensions qui avaient été là de tout temps.
En fait, Joël était rongé par la crainte de ne pas être aimé, de ne pas être à la hauteur, et toute sa vie il avait fallu qu'il prouve à lui, aux autres qu'il était capable de faire, d'agir, de penser, de dire et c'est une colère qu'il avait retourné contre lui-même et contre tout ceux qui lui parlait d'amour et de beauté.
Mais là, à cet instant, Joël fut reconnaissant à ce curé d'être là, et il se dit qu'après tout il pourrait peut-être voir le curé autrement cette fois-ci : plutôt comme un ami que comme un ennemi. Et c'est ce qu'il fit!
Son cœur se transforma en un flot de paroles aimables et douces, et ses attitudes envers le curé furent tout ce qu'il y a de plus agréable et sympathique. Et le curé, lui, de son côté, avait toujours le même regard : doux et généreux ; les mêmes gestes : affectueux et tendres ; les même mots : simples et aidants. Et Joël comprit dans son âme qu'il s'était trompé, qu'il avait vu le curé comme un autre homme qu'il n'était pas. Il ne prenait plus à cet instant les paroles du curé contre lui mais comme une aide et comme un soutien à ce qu'il était en train de vivre. Et le curé voyait bien qu'il se passait quelque chose d'important et d'intense pour Joël mais n'en dit rien et le soutint sous les bras quand Joël se leva pour marcher et regagner le chemin de sa maison.
Joël se laissait faire, heureux et reconnaissant d'être aidé par cet homme simple qui n'en disait pas plus qu'il n'en fallait. Et en fait, pour Joël, ce chemin du retour vers sa maison fut pour lui comme un voyage initiatique près d'un maître qui enseignait à son disciple par le silence et la présence. Et c'est ainsi que Joël arriva à sa maison, soutenu par le curé qu'il n'aimait pas auparavant et qui, là, était devenu pour lui comme un professeur de vie et de sagesse. Et depuis ce jour, Joël rencontre tous les jours le curé dans la forêt. C'est un moment que chacun accorde à l'autre pour se sentir encore plus vivant.
Et c'est ainsi que le temps a passé, les années aussi. Le curé est mort depuis un long moment maintenant et c'est comme s'il avait transmis toutes ces connaissances et sa beauté d'âme et de cœur à son disciple et ami Joël. Et depuis déjà deux mois maintenant, Joël est devenu à son tour le nouveau curé de ce village.
Bien sûr, les villageois n'en ont pas cru leurs yeux tout au long de ces années de voir tous ces changements et pourtant le miracle du changement a eu lieu et tous, sans exception aujourd'hui, aiment être en sa présence, venir le voir et lui poser des questions, lui demander de l'aide, de l'écoute. Et c'est maintenant Joël qui fait de longues promenades dans la forêt, en solitaire, profitant du moment présent, de chaque seconde, le nez au vent, massant la terre de ses pieds, écoutant le bruissement des feuillages dans les arbres et regardant la végétation luxuriante qui parle de la vie, de l'abondance et de bien d'autres choses encore...
19 - L'OURS ET LA VIEILLE FEMME
Histoire créée par Laurence Simenot
C'est l'histoire d'un ours qui vivait dans une forêt. C'était un ours brun, immense, qui, quand il se levait sur ses pattes arrières ou s'asseyait sur son postérieur, atteignait des hauteurs inimaginables. On pouvait même le comparer à une girafe tant il pouvait atteindre les branches les plus hautes des arbres. Et quand il se levait ainsi, les oiseaux s'ébattaient et s'envolaient à tire d'ailes craignant que sa grosse patte velue ne les atteigne et ne les tue.
Pourtant cet ours avait la particularité d'être un ours tout doux comme un ourson très jeune qui s'émerveille de la vie qu'il voit tout autour de lui.
Mais qui le savait dans la forêt, qu'il était aussi doux qu'un agneau, aussi joueur qu'un ourson, aussi ouvert qu'un pinson qui chante la vie ? Personne ? Personne, croyez-vous ?
En fait, vous avez raison et en même temps vous avez déjà oublié qu'au cœur de cette forêt couleur émeraude, vit une vieille femme toute ridée, toute fripée.
Elle vit dans une cabane, là bas, au plus profond de cet univers végétal et animal, là où personne ne va plus, par peur de se perdre, de ne pas pouvoir revenir. Et cette vieille femme pourtant est elle aussi, comme l'ours, d'une gentillesse et d'une ouverture rare. Mais son apparence est trompeuse pour tous ceux qui s'arrêtent à cette carapace de surface. Et la peur en a étreint plus d'un à l'évocation de cette vieille femme, qu'ils appelaient : « vieille sorcière », « méchante », « mauvaise ».
Jamais pourtant elle n'a fait de mal à une mouche, jamais pourtant elle n'a tué, maltraité quiconque et quoi que ce soit. Mais vous savez comment sont les gens : l'interprétation, la rumeur qui naît de la peur au ventre, de la peur de la différence, de l'inconnu.
Mais revenons à notre ours, levé sur ses pattes arrière, voulant attraper un fruit, là-haut sur l'arbre. L'arbre, si proche de la maison de la vieille femme. Et cela l'ours l'ignore. Car même les animaux par le passé ont eu peur de cette cabane, de cette vieille femme, de cette atmosphère si particulière, si étrange pour eux. Mais l'ours, lui, à cet instant ignore tout de ce qui a été dit sur ce lieu, sur cette femme, sur l'ambiance. Il est sans crainte, sans attente, sans demande. Simplement, il joue. Simplement, il est là, attentif à lui, à ce qu'il fait, à ce qu'il voit, à ce qu'il entend. Rien ne l'inquiète. On pourrait même dire de lui : « Voilà un animal heureux comme on aimerait bien l'être. »
Et la vieille femme, qui en fait s'appelle « Ondine », de son côté, chante, là, tout en faisant le ménage tout autour de sa maison.
Avec le balai qu'elle tient entre ses mains avec précision, elle nettoie les feuilles les plus fragiles, les plus faibles qui sont déjà tombées comme poussées par le vent qui les a balayées, et c'est au tour maintenant de la vieille femme de continuer de balayer. Elle est le relais du vent, la main de la nature aimante et changeante.
Et Ondine balaie consciencieusement. Son oeil rivé sur les feuilles, présente et attentive à ses mains sur le balai. Elle a pourtant les oreilles complètement tournées vers l'extérieur. Elle est comme en état d'écoute vigilante.
Pour preuve : tout à coup elle s'arrête, le balai suspendu au-dessus du sol, arrêtée dans son mouvement comme une statue. Elle vient d'entendre quelque chose de nouveau, un son différent, étrange, particulier. Et elle ne s'y trompe pas tant elle connaît ce lieu et tout ce qui le compose.
Et la voilà qui maintenant lève sa tête. Ses narines se dilatent, se dilatent. On dirait un animal aux aguets, quêtant, attendant de savoir ce qui se passe avant de faire quoi que ce soit. Elle flaire. Est-ce un danger ? Autre chose ? Elle regarde maintenant aussi autour d'elle, et ses yeux scrutent le paysage alentour: l'ombre, derrière les arbres. Tous ses sens sont à présent en éveil, tournés vers l'extérieur. Et c'est à cet instant précis que tout à coup, elle sait. Elle sait intuitivement : C'est un ours. C'est l'Ours. C'est lui!
Comment le sait-elle ? Connaît-elle cet ours ? Personne ne le sait, même elle et pourtant elle sait. Tout son être connaît.
Car en fait, lorsque l'ours est né, ses parents ont disparu d'une façon étrange dont on ignore encore aujourd'hui comment cela s'est passé. Et à l'époque la vieille femme qui était encore une jeune femme l'a recueilli par un hasard miraculeux et l'a élevé comme si c'était son propre enfant, son seul enfant.
Et un jour, comme tout enfant, l'ours devenu grand est parti découvrir le monde, explorer le monde pour apprendre, grandir, expérimenter mille choses. Et c'est cet ours qui maintenant, sans le savoir lui-même encore, est revenu près de celle qui l'a élevé. Et en fait, Ondine a vibré de tout son être à ce souvenir de l'être qu'elle a aidé à grandir. Comme une mère aimante et attentive, elle l'a senti de tout son cœur, de toute son âme. Et déjà le tremblement de ses mains marque son étonnement; ses larmes dans ses yeux : son émotion.
Et la voilà maintenant qui pousse un cri. Un cri comme aucun être humain peut-être n'en a jamais poussé. Ni un cri de détresse, non. Ni un cri de guerre, non, encore moins un cri qui appelle, non. Juste un cri qui vient du plus profond de ses entrailles, comme un cri d'ours qui se réveille le matin et qui annonce la vie, la victoire de la vie sur le sommeil, la victoire de la vie sur la mort.
Et ce cri jaillissant part et monte dans les airs tandis qu'à quelques pas de là l'ours, maintenant, l'entend. Il en reste coi. Comme saisi, pétrifié. Le souvenir est là, présent. « Ondine ». Ce nom lui parcourt ses poils, ses chairs, de haut en bas et de bas en haut, et son cœur maintenant cogne fort dans sa poitrine. Il sait lui aussi, qu'elle est là, de nouveau. Là pour lui. Et il se dresse encore davantage en respirant le vent qui apporte ce son. Et il gobe le son, et marche maintenant en remontant le son qu'il avale toujours comme un fil conducteur qui le ramène vers l'amour, vers la tendresse et l'affection. Et le voilà déjà contre elle. Il ne l'a pas vu parce qu'il regardait trop haut au-dessus du sol et quand il bute contre son corps et qu'il baisse la tête, il la voit.
Il voit Ondine là, sous lui, qui a la tête levée, un sourire lui élargit les lèvres jusqu'aux oreilles. Et à son tour, il rugit comme un lion qu'il n'est pas, et il se met à se frapper le poitrail comme un singe qu'il n'est pas. Et revenant plus près du sol, il prend Ondine entre ses grosses pattes velues et l'enlace comme un homme qu'il n'est pas.
Et les voilà tous les deux enlacés, s'embrassant, se regardant, se flairant, pleurant et riant.
Ils se sont enfin retrouvés et les yeux dans les yeux, leurs cœurs en harmonie leur soufflent à tous deux en même temps : « Je t'aime, je suis si heureux, si heureuse de te revoir ».
Et c'est ainsi qu'une vieille femme et un ours qui faisaient peur à tellement de monde, se sont de nouveau rencontrés pour que leurs cœurs éclatent de la joie d'être vivants, et enfin réunis.
Leur solitude s'effaça déjà comme par magie et ils surent à cet instant que plus jamais ils ne seraient seuls quoi qu'ils fassent et où qu'ils soient.
20 - LE LABYRINTHE
Histoire créée par Laurence Simenot
Un petit garçon habite à la campagne. Dans une campagne très reculée, ce qui fait que des régions restent à explorer. Et c'est ce que fait notre petit garçon, il explore. Il pense qu'il est un grand explorateur. Il est convaincu de cela dans toutes les fibres de son être. Même sa famille s'est aperçue qu'il aime courir le monde, découvrir, apprendre.
Il est insatiable, avec une soif d'apprendre et de découvrir telle que rien ne lui fait peur. Tout est prétexte à découvertes, à fous rires, à larmes qui se transforment en étonnement joueur.
Ce petit bonhomme aime la vie. Si petit soit-il, il est doté d'une faim d'ogre : celle de conquérir de nouveaux territoires et d'y amener ses amis pour y faire la fête et s'émerveiller ensemble.
Et voilà qu'en ce jour de printemps, il prend sa bicyclette et pédale dans la campagne. Les champs s'étalent là à perte de vue sous ses yeux. Les couleurs changeantes des saisons lui remplissent les yeux de beauté.
Il pédale, heureux, heureux de sentir le soleil lui caresser la nuque, heureux d'entendre l'air siffler dans ses oreilles tant il pédale à toute vitesse comme pour se griser. Et il pédale tant et plus qu'il ne se rend pas compte qu'il a déjà dépassé les limites du territoire qu'il connaît bien.
Profitant d'une descente, il cesse de mouliner et se laisse porter par la côte. Et c'est là qu'il s'aperçoit qu'il ne reconnaît plus rien : la végétation, les couleurs, les formes, la route, le son même des oiseaux est différent. Alors, il a un temps d'arrêt comme s'il avait un reçu un coup dans le ventre et, le souffle coupé, il se demande où il peut bien être.
L'appréhension est bien là et pourtant son côté explorateur prend rapidement la direction des opérations et il trouve le côté agréable de la situation : « Chouette, un coin que je ne connais pas encore ! ».
Et ses yeux se mettent à scruter le paysage. Ses oreilles se mettent à s'ouvrir comme deux oreilles d'éléphant géant. Ses narines se dilatent comme une entrée de tunnel. Sa bouche s'étire jusqu'aux oreilles comme un demi cercle. Heureux. Le voilà de nouveau heureux, notre bonhomme sur sa bicyclette.
Et en pédalant doucement cette fois pour profiter de ce nouveau lieu, il oblique sur la droite et prend un petit sentier qui part là. Pourquoi celui-là et pas celui qui part sur la gauche ? Et pourquoi pas celui qui part en biais là-bas plus loin ? Simplement parce que celui-là lui semble joli, agréable, avec une entrée qui ressemble à une jolie petite grotte en miniature. Miniature, oui, tant et si bien qu'il est obligé de baisser la tête pour éviter les branches des arbres qui descendent très bas vers la terre. Un sentier où l'on ne peut vraiment circuler que dans un sens ou dans un autre. Mais se croiser, ça non, on pourrait pas !
Et le petit garçon avance toujours et à un moment il décide de poser pied à terre et de continuer la route tout en tenant le vélo par le guidon. En regardant autour de lui, il voit des arbres seulement un petit peu plus grands que lui. Leurs branches sont entrelacées au point de laisser difficilement passer la lumière. La cime de ces petits arbres se replie en formant une voûte au-dessus de la tête du garçon.
Le trac commence à apparaître car il se dit que « non vraiment, il n'a jamais rien vu de pareil ». Il s'interroge sur le bout de ce chemin : « où cela va-t-il ? Qu'est ce qu'il y a là bas ? »
Et tout en se disant cela, les arbres tout à coup devant lui s'écartent comme pour le laisser passer. C'est comme s'ils étaient maintenant au « garde à vous », droits comme des « i » et si hauts qu'il fallait vraiment lever la tête pour voir le sommet.
Le soleil est toujours haut dans le ciel et, en baissant à nouveau la tête, l'enfant s'aperçoit qu'il est ébloui par tant de luminosité subite. Le temps de se réaccoutumer à la lumière et ce que voit l'enfant devant lui le stupéfie et le fige sur place tant d'étonnement que d'émerveillement.
Là, devant lui, se trouve une entrée de maison avec une inscription au-dessus de la porte en gros caractères dorés : LABYRINTHE.
Le petit garçon, en effet est arrivé à la porte du labyrinthe. Il n'a jamais entendu parler d'un tel lieu et il se sent un explorateur découvrant un nouveau continent avec de nouveaux rituels à apprendre, avec de nouveaux coins et recoins à visiter, avec des imprévus à résoudre.
Ce labyrinthe va lui révéler bien des surprises. Pas celles qu'il attend mais d'autres qui vont lui enseigner d'autres choses encore plus riches que ce qu'il peut imaginer.
Là où il va désormais, il va être livré à lui seul, à ses seules possibilités, à ses ressources, toutes ses ressources. Cela va devenir pour lui son lieu d'initiation. Celui en fait qu'il cherchait depuis qu'il était tout petit. Mais de cela, il n'en a encore qu'une conscience très limitée.
Et notre petit garçon décide de poser sa bicyclette contre le mur de la maison, à droite de l'entrée, afin d'avoir plus de liberté d'action. Il prend une grande inspiration et se dit que son but est de sortir de ce labyrinthe par l'autre porte et de revenir prendre sa bicyclette pour ensuite retourner dire à tous ceux qu'il connaît ce qui s’est passé, ce qu'il a découvert, ce qu'il a entrepris et réussit.
Et il rentre dans la maison du labyrinthe en avançant lentement, en assurant chacun de ses pas sur le sol et en regardant, écoutant tout, autour de lui. Il arrive maintenant dans une grande pièce voûtée. Les murs sont blancs et nus hormis une inscription qui à hauteur des yeux fait tout le tour de la pièce. Il est écrit en grosses lettres rouges : BIENVENUE A TOI ETRANGER. Et il se sent confiant.
Pourtant on n'a jamais vu d'entrée de labyrinthe sur laquelle était indiqué « bienvenue » !
Mais bon, voilà notre garçon qui aperçoit là, une porte en face de lui. Et il y va, tourne la poignée ronde de la porte qui tourne et, quand il tire la porte, celle-ci s'ouvre sans bruit. La pénombre qui est là devant lui demande à ce qu'il habitue ses yeux à l'obscurité. Et une fois cela fait, il voit une petite pièce ronde aux murs nus et blancs sans inscription et 3 portes en bois marron foncé. Il hésite. Et ouvre celle du milieu. Nouvelle pièce ronde encore plus petite. Murs blancs. 5 petites portes. « Ah ! » Se dit-il « Laquelle ? »
Son intuition lui dit de prendre la 1ère à gauche et il ouvre la 2ème porte en partant de la droite.
Et là un spectacle fascinant s'offre devant lui : une pièce qui ressemble à une cellule de prison. Un lit minuscule. Un broc à eau en étain. Une petite fenêtre avec des barreaux lourds. Une petite table en bois vieux d'au moins d'un siècle à en voir la poussière dessus. L'atmosphère est austère, lourde et prégnante.
Le cœur du garçon bat plus fort et il se demande ce que c'est que ce cinéma. Il rentre dans la pièce, sa curiosité est trop forte et il commence à regarder partout, à soulever le matelas, à sentir à l'intérieur du pot, et tout à coup c'est comme si d'explorateur il était devenu un prisonnier.
Il se sent envahi d'une crainte incompréhensible, d'une lourdeur qui lui pèse sur les épaules, d'une tristesse sans fond qui le recroqueville en deux. Et il s'assoit en boule sur le lit comme pour se protéger.
Et il reste prostré ainsi de longues, de très longues minutes, comme si les entités secrètes de ce lieu ancestral avaient pris possession de lui, l'avaient entouré de leur manteau de lamentations. Et il se met à pleurer sans pouvoir se retenir.
Tout à coup, une voix dans son cœur se fait entendre : « Tu ne peux pas rester là, ce n'est pas ta place. Tu dois simplement passer là et comprendre ce que ce lieu peut t'apprendre et repartir! » Au son de cette voix douce et bienveillante, son cœur se dénoue, il respire plus profondément et il revoit enfin pourquoi il est venu là, et pense à sa bicyclette qui l'attend dehors. Alors il se met debout, se secoue de la tête aux pieds comme pour chasser ses sensations étranges et bizarres dont il ne veut à aucun prix. Et il sort de la pièce par où il était rentré.
Et c'est en poussant un grand soupir de soulagement qu'il se retrouve de nouveau dans la pièce ronde aux 5 portes. Il prend quelques secondes pour se sentir bien d'aplomb et se rappelle subitement ce que lui avait dicté son intuition: « 1ère porte à gauche! ». Et il se dit que cette fois-ci, il va suivre cette voix et qu'il verra bien ce que cela donnera.
Et le voilà qui ouvre la porte indiquée. Celle-ci s'ouvre avec un petit couinement et il reste sur le pas de la porte pour découvrir ce que contient cette pièce. Et là, pareil, le spectacle est étonnant, sidérant pour une entrée aussi petite. Là, sous ses yeux : un paysage de forêt avec une cascade qui tombe d'une falaise d'au moins, d'au moins... mais alors d'au moins ... on ne peut même pas dire tellement c'est haut! La végétation est luxuriante. Tous les verts de la gamme des verts donnent l'impression d'être représentés. Et il y a même des oiseaux qui chantent un chant mélodieux et joyeux tout en volant de-ci de-là visiblement heureux de vivre dans pareil lieu. Et le sol, recouvert d'une terre grasse et fertile, douce sous les pieds forme un tapis épais et moelleux. Les fleurs qui poussent là sont éblouissantes et les odeurs inédites qu'elles dégagent sont d'une délicatesse telle que des frissons de bien-être ne peuvent que vous parcourir le dos et vous faire soupirer de douceur.
Pendant que le petit garçon avance maintenant dans ce lieu en découvrant tout cela, il s'arrête pour contempler la cascade qui dégouline là devant lui. Le bruit de l'eau ressemble à un concerto pour contrebasse et flûte traversière. Heureux de découvrir un tel lieu si enchanteur par son calme, sa sérénité, sa fraîcheur douce, l'enfant n'a qu'une envie : c'est de se baigner dans la rivière. Alors il se déshabille, et tout nu, se jette dans l'eau en faisant un splash retentissant.
L'eau, d'une limpidité et d'une clarté étonnante donne l'impression que c'est de l'air liquide. Et l'enfant nage, barbote, fait des ricochets, plonge sous l'eau, fait la planche. En un mot : il se détend et s'amuse. Sa joie est réelle, son plaisir absolu. Et c'est revigoré et comme neuf, nettoyé de toute la poussière de son voyage qu'il sort de l'eau à la recherche de ses vêtements.... Qu'il ne trouve pas!!!... Il a beau chercher, pas de vêtements. Un pincement au cœur : Le sentiment être tout nu et de devoir rentrer ainsi l'effraie.
Et tandis qu'il cherche toujours ses habits, il aperçoit un peu plus loin un tas qui ressemble à des vêtements. Stupeur ! Ce sont des vêtements neufs qui sentent bon le frais et tout doux au toucher. Il les met et s'étonne qu'ils lui aillent si bien. Comme s'ils avaient été faits pour lui.
En fait, il n'entend pas, au même moment, les oiseaux autour de lui qui lui chantent l'histoire du vêtement. En fait, ils essayent de lui dire que c'est eux qui se sont chargés de remplacer ses vêtements parce que, dans ce lieu, toute personne qui sort de l'eau doit porter des vêtements propres comme pour accueillir un nouveau né qui sort de l'eau. Le garçon n'entend pas, mais dans son for intérieur une voix lui murmure : « Merci. Merci! ». Et en écoutant cette voix, il se met à chantonner « Merci, merci… ». Ce que les oiseaux, bien évidemment, prennent pour eux et ils s'en vont heureux d'avoir rendu service.
L'enfant, tout frais à l'intérieur et à l'extérieur, commence à chercher une sortie car celle par où il est entré a disparu. Et il longe les murs de cette grotte d'aussi près qu'il le peut et ne voit pour tout et pour tout qu'une cavité qui descend dans la terre et qui est cachée derrière la cascade. Il se dit que ce doit être la sortie de cet endroit et commence à descendre dans cette excavation en faisant attention de ne pas glisser parce que les parois sont humides de gouttes d'eau de la cascade. Et un pas. Un autre. Encore un autre. Et... il trébuche... et dévale la pente comme sur un toboggan dans un jardin. Et il descend de plus en plus vite alors qu'il croit que le sol était bien au-dessus. Un nouveau pincement au cœur et ... l'émerveillement est le plus fort. Il se met à rire de ce nouveau jeu : « Un toboggan de terre » se dit-il « Quelle trouvaille ! ».
Et, au moment où il dit cela, c'est comme s'il était expulsé de la bouche d'un géant, éjecté d'un toboggan en pleine vitesse. Il se retrouve face contre terre sur un sol jonché de feuilles d'arbres qui ont amortit sa chute.
Quelques secondes pour reprendre ses esprits et le voilà qui relève la tête, regarde où il est et s'aperçoit avec stupeur qu'il est dans la même nature que celle où se trouve sa bicyclette. Alors il se retourne, s'assoit sur ses fesses et voit au-dessus du toboggan qu'il vient d'emprunter, une inscription : SORTIE.
Il regarde l'écriteau. Se regarde. Se touche pour s'assurer que tout va bien, qu'il ne rêve pas. Il se secoue et éclate tout à coup de rire. « J'ai réussi, j'ai réussi, je suis sorti. Je suis enfin sorti de cette maison enchantée! »
Et il court jusqu'à sa bicyclette, l'enfourche, reprend le sentier sous les arbres et retrouve la route familière en pédalant à toute vitesse ivre de bonheur et d'aventure à partager. Il se sent grandit tout à coup comme s'il venait d'accomplir tout seul quelque rite magique, et son énergie est décuplée. Et tandis qu'il roule, et roule, il rit à gorge déployé. Sa maison déjà apparaît là-bas. Et un instant, un nuage de gravité passe sur son front en pensant qu'une page vient de se tourner. Et le soleil dans le ciel lui redonne toute cette lumière que son cœur réverbère.
Il ne sait pas bien encore quelle page s'est tournée mais lorsque, aujourd'hui, cet enfant devenu homme pense à sa jeunesse, le souvenir du labyrinthe revient à sa mémoire et l'enivre d'une odeur toute particulière qui soulève encore et toujours son cœur de gratitude.
21 - L’ENFANT ET L’EAU
Histoire créée par Laurence Simenot
Un jour, un enfant tomba à l’eau, dans une rivière. Il eut peur. Il savait peu nager. Et il commença à se débattre dans l’eau, à lancer ses bras et ses jambes dans tous les sens. Et plus il faisait cela, moins il parvenait à se tenir à la surface de l’eau.
Il essayait de se raccrocher aux branches qui flottaient à la surface de l’eau. Il en atteignait une mais le courant était tel que le tronc d’arbre lui échappait des mains. Et il se fatiguait, se fatiguait à gesticuler ainsi.
Et tout à coup il réalisa quelque chose. Cela vint en lui comme un éclair, une voix indicible, un choc en lui, avec un goût de plaisir. Il réalisa que peut-être en cessant de se débattre il allait flotter à la surface de l’eau. Et il décida de tester, d’essayer cette technique.
Il se mit donc sur le dos, faisant la planche et, surpris, il vit le ciel au-dessus de lui, l’immensité du ciel. Il se détendit d’un coup et se rendit compte bientôt qu’il dépassait des troncs d’arbre et que certains de ces troncs étaient stoppés dans leur course par d’autres obstacles. Et lui avançait toujours, au rythme de son corps en même temps léger et lourd, flottant au gré du rythme de l’eau tiède, douce et fluide.
Et le courant l’emmena doucement et sûrement vers un endroit de la rivière où l’eau était paisible, calme, transparente, douce. Et son avancée cessa. Il se rendit compte qu’il pouvait toucher le fond, les pierres solides et fermes de ses pieds.
Il se mit debout, heureux, et il décida de profiter de cet instant de sécurité pour savourer le fait d’être dans l’eau. Et il commença à jouer avec elle.
Il la prit dans ses mains, s’en aspergea le visage. Il la sentit, la renifla, la regarda et vit les rayons du soleil jouer dedans.
Il goûta alors de plus en plus le plaisir d’être là et il se mit à nager sereinement dans cet endroit. Et à un moment, il sut qu’il savait nager avec joie, plaisir, bonheur, grâce et facilité….
Publié le 17/08/2009 à 22:35 par recadrages
J'adore travailler, méditer, rêver dans les cafés.
J'y développe mon sens de l'observation, mon centrage, ma concentration et ma présence à l'instant.
Je vous donne des adresses de lieux que je trouve fort sympathique
- Café LA MER A BOIRE : 1 rue des Envierges Paris 20ème - M° Pyrénées
- Café ZEPHYR : Place du jourdain - Paris 20ème - M° Jourdain
- Café l'AIGLON : angle de la rue Fessard et de la rue Botzaris - Paris 20ème - M° Pyrénées
- Café LES BUTTES CHAUMONT : square Bolivar - Paris 20ème - M° Pyrénées
- Péniche 6 à 8 : Berge de la Seine, sous Notre Dame - M° Saint Michel
- Café LA FLORE EN ILE : dans l'île Saint Louis
- Place des Vosges : tous les cafés - Paris 4ème - M° Saint Paul ou Bastille
- Café LE GRAND BLEU : Bassin de l'Arsenal - Paris 11ème - M° Bastille
- Cafés MK2 : Quai de Loire et Quai de Seine - Paris 19ème - M° Jaurès ou Stalingrad
- Café LE QUINCAMPE : 78 rue Quincampoix - Paris 4ème - M° Rambuteau
- Café LE PARVIS : Parvis de Baubourg (self) -Paris 4ème - M° Rambuteau ou Hôtel de Ville
- Café OXYD BAR : Avenue Jean Aicard - Paris 11ème - M° Ménilmontant ou Rue Saint Maur
- Café LE PAVILLON DE LA FONTAINE - dans le jardin du Luxembourg
BELLE JOURNEE A VOUS
DE TOUT COEUR
LAURENCE SIMENOT