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Nom du blog :
recadrages
Description du blog :
Histoires inspirantes et devinettes pour dédramatiser, sortir du jugement, avoir une vision positive
Catégorie :
Blog Santé
Date de création :
23.08.2007
Dernière mise à jour :
17.08.2009

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21 HIISTOIRES CREEES PAR L.SIMENOT

14 HISTOIRES INSPIRANTES CREEES PAR L.SIMENOT

Publié le 03/12/2008 à 12:00 par recadrages
14 HISTOIRES INSPIRANTES CREEES PAR L.SIMENOT
Sur cette page
14 HISTOIRES INSPIRANTES ET INSPIREES CREEES PAR LAURENCE SIMENOT

POUR LES ENFANTS INTERIEURS EN CHACUN D'ENTRE NOUS !

Ecrites et créées par Laurence SIMENOT
à l'issue de ma formation en Hypnose Ericksonienne.





1 - L'OISEAU
Histoire créée par Laurence Simenot

Cette histoire est celle d'un oiseau, d'un ange qui vit dans le ciel, très loin de nos frontières, très loin de nos rivages. Il vit en compagnie d'une troupe d'oiseaux multicolores et vivaces comme l'éclair.
Cet oiseau se confond parfois avec le ciel tant sa couleur change en fonction de la vitesse de ses déplacements ou de son bon vouloir. C'est peu de dire qu'il se sent chez lui dans le ciel! D'ailleurs, il se sent chez lui partout, comme chez lui partout; avec qui il se trouve il est en bonne compagnie : la sienne et celle de ses compagnons de jeu.
Cet oiseau est infiniment grand dans l'ouverture de son cœur et dans la gentillesse de son âme. Il a en lui une fibre d'amour mystique, ce qui est étonnant, vous l'avouerez pour un oiseau qui vit dans le ciel. Mais revenons à nos moutons !

Dans ce lieu dégagé de tout obstacle encombrant et menaçant, notre oiseau s'envole et s'ébroue de toutes la largeur de ses ailes immenses et fines, immensément fines. Il s'appuie sur l'air avec une telle délicatesse, une infinie courtoisie pour l'élément qui le porte qu'il avance avec d'élégants mouvements d'ailes. C'est comme s'il était porté doucement et délicatement comme sur un tapis roulant qui avancerait dans les airs.

Notre oiseau avance et se laisse aller à être là, juste posé là où il est, conscient de la beauté du spectacle qui s'offre devant lui : la vastitude du ciel, l'éclat de la luminosité, de la pureté de l'horizon. Et devant tant de beauté, devant ce spectacle qui le ravit au plus profond de son cœur, il se promet pour l'avenir les meilleurs choses que le monde ait à lui offrir. Car à cet instant, l'oiseau se sent investit d'une énergie telle qu'il sent, en lui, l'univers de tous les possibles s'ouvrir pour lui, pour l'amener vers de nouvelles contrées où ne régnera qu'harmonie et beauté d'âme, pureté du cœur et gentillesse de l'esprit, finesse de l'esprit.
Et, dans son cœur, s'ouvre un soleil aux mille pétales de rose, et dans ses yeux, commence à briller une flamme de vie qui ne mourra qu'à sa mort lorsque ses yeux d'oiseau ne s'ouvriront plus à cette vie d'oiseau, dans ce cœur d'oiseau. D'ici là notre oiseau a encore de belles années devant lui et souhaitons-lui d'obtenir tout ce qu'il désire et même plus encore car aujourd'hui c'est d'un rêve devenu réalité auquel nous convie l'auteur de ses lignes. Et même si dans vos cœurs résonnent la chanson de l'amour et dans vos yeux la douceur du rayonnement intérieur, c'est de richesse et d'ouverture dont vous êtes aujourd'hui les plus doux bénéficiaires.

Et tout comme cet oiseau dans le ciel vous apportait chaleur et réconfort, ouvrez maintenant votre cœur aux ailes de l'amour et en respirant profondément, simplement là, vous sentirez le chant de l'oiseau étreindre vos épaules et vous embrasser tendrement sur la joue gauche ou peut être sur la joue droite....





2 - L'AIGLE
Histoire créée par Laurence Simenot

C'est un endroit qui se trouve dans le désert, loin, très loin de la civilisation. Un endroit solitaire, paisible et calme.
Des dunes à perte de vue ; le sable qui se soulève paisiblement sous le vent doux et régulier. Dans cet endroit, règne une ambiance de délicatesse, de lenteur, de simplicité. C'est un moment que je vous décris comme on aimerait en sentir plus souvent. Là, règne la sérénité, l'harmonie, la justesse, la vérité posée là dans toute sa nudité.
Il n'y a rien d'autre à ce moment que le sable chaud, le soleil luisant dans le ciel, un arbre, un genre de pin ou de sapin qui s'élève dans le ciel, accroché dans le sable. Et dans la moiteur et la douceur de l'air en haut, tout là haut, tourne un aigle.

Un aigle majestueux, un aigle grandiose, un aigle dont l'envergure de ses ailes déployées dépassent de loin tout ce que vous avez pu voir de vos yeux depuis si longtemps déjà. Et cet aigle tourne, tourne, tourne encore dans une lenteur et une majesté parfaite. Il plane en se déployant le plus largement possible sans aucun effort apparent. Cela semble tellement simple pour lui de tournoyer ainsi dans le ciel, si haut, si haut dans la limpidité du ciel. Et en fait, en même temps qu'il tourne ainsi et évolue avec grâce dans le ciel, il regarde, il observe. Quoi ? Mais tout, autour de lui !

Il s'extasie de regarder tout ce qu'il y a à voir là. Il regarde de ses yeux perçants tout autour de lui et au-dessus et encore au-dessous, et il se retourne et regarde derrière lui aussi. Partout il est à l'écoute, partout il observe finement avec une agilité surprenante quand on sait qu'il se déplace si lentement apparemment. Et tout à coup, notre oiseau bat des ailes plus forts. Le mouvement devient plus prononcé. C'est comme s'il avait décidé quelque chose dans sa tête et qu'il agissait maintenant. Et ses mouvements prennent plus d'amplitude et il commence à avancer, à avancer de plus en plus ; suivez-le des yeux et laissez-vous entraîner à sa suite vers des dimensions encore plus vastes que ce que vous connaissez et allez avec douceur et confiance explorer avec lui ces nouvelles contrées qui désormais sont vos propres espaces de liberté retrouvés.
Laissez-vous guider et savourez, savourez encore....




3 - LE PRUNIER ET LE FIGUIER
Histoire créée par Laurence Simenot

Un prunier côtoyait un figuier dans une prairie qui appartenait à je ne sais plus qui!
C'est une histoire tellement ancienne qu'on ne sait plus qui était là ou non à l'époque. Mais pour vous montrer que cette histoire nous est parvenue de génération en génération, laissez-vous attirer par cet arbre là-bas dans la prairie, ce prunier qui a l'âge d'être notre ancêtre à tous ici, et vous pouvez voir que cet arbre a été planté un jour, il y a fort longtemps par un jeune garçon, un tout petit garçon.

C'était un soir d'été après la fin de ses cours à l'école, juste avant les grandes vacances scolaires. C'était un moment qui était important pour lui. Ce petit garçon pensait à l'avenir. Il se rappelait son grand-père qui n'est plus de ce monde mais qui a beaucoup compté pour lui. Car son grand-père lui racontait des histoires, des histoires longues, très longues, des histoires qui n'en finissaient pas de ne pas finir et le petit garçon écoutait son grand-père avec une admiration sans borne, les lèvres entrouvertes, les yeux écarquillés devant tant de grandes et merveilleuses histoires. Et l'enfant se rassasiait au contact de son grand-père et de ses histoires qui l'emmenaient vers des contrées imaginaires qui lui parlaient de la vie, de sa vie, du monde et des gens. Et l'enfant salivait à chaque fois qu'il savait qu'il allait rencontrer son grand-père et ses histoires magiques et si réelles.

Alors, un jour, sans crier gare, il embrassât son grand père qui ne comprit pas ce qui arrivait au petit garçon, mais le vieil homme se laissa faire, avec un sourire de plaisir au coin des lèvres et une tendresse dans son cœur d'adulte ancien.
Il faut se souvenir qu'à cette époque le grand-père n'avait pas du tout, mais pas du tout, l'habitude de se laisser embrasser. Alors le grand-père, heureux d'avoir reçu ce baiser inattendu, raconta à l'enfant l'histoire d'un arbre, l'histoire d'un figuier qui côtoyait un prunier dans une prairie. Et il donna tant et tant de détails sur la couleur des arbres, la douceur de l'herbe, la couleur du ciel, la saveur du vent, et l'odeur de la terre que l'enfant se sentit plein de compassion pour la nature et pour les hommes qui font partie de cette nature. Mais il comprit cela dans son cœur car sa tête écoutait simplement les mots de son grand-père qui coulaient, qui coulaient, qui coulaient de sa bouche aux oreilles de l'enfant en se déversant dans son cœur ouvert au merveilleux. Et ces moments de magie que l'enfant vivaient dans son cœur de petit garçon tout neuf lui emplit l'âme d'un désir, d'un but, d'une idée qui n'appartenait qu'à lui. Et à cette idée qui germait en lui, l'enfant laissa éclater sa joie par un immense éclat de rire et il sauta partout, il gambadait autour du grand-père, et il sautait, et il courrait, et il venait embrasser le grand-père.
Le grand-père eut le plus grand mal à comprendre ce qui arrivait à l'enfant en même temps qu'il comprenait fort bien dans son être profond ce qui se produisait à cet instant et qui était de la force et de la puissance des anges descendus sur terre pour le plus grand bien de tous les êtres.
L'enfant se détendit enfin et revint vers son grand-père en même temps que celui-ci le fit monter sur ses genoux en l'enlaçant tendrement tout en sentant son odeur d'enfant plein de fraîcheur et de joie. Et le grand-père lui demanda ce qui se passait quand tout à coup l'enfant posa sa tête sur l'épaule de son grand-père tout en tournant son visage vers le visage de son grand-père et tout en le regardant bien dans les yeux, l'enfant dit très doucement et très tendrement : « grand-père je t’aime, grand-père, j'aime vivre, grâce à toi, la vie qui est là. Grand-père je veux construire quelque chose qui résistera au temps et que d'autres générations verront un jour tout en se demandant qui a bien pu faire cela".
Et l'enfant se tut tout en respirant profondément et attendit dans les bras tendres qui l'enlaçaient. Et le grand-père respira lui aussi profondément et savoura la présence de l'enfant si jeune, si tendre, dans ses bras et une idée lui vint comme un songe, comme un rêve qui surgit apportant avec lui la réponse attendue et appropriée. Et donc le grand-père en tournant son visage vers celui de l'enfant prit quelques minutes pour scruter avec amour les traits de l'enfant et doucement, tout doucement, il se pencha vers l'oreille gauche, ou l'oreille droite peut-être, on ne sait plus très bien, de l'enfant et murmura : « Plantons ensemble un arbre, un prunier, un prunier là dehors, dans la prairie, près du figuier qui est déjà là et ils vont grandir ensemble. Chacun va apporter à l'autre ce dont il a besoin et dans des années, des siècles, des enfant viendront au pieds de ces arbres et se raconteront la vie en écoutant la douceur de l'air leur parler d'un passé où quelqu'un un jour a planté un arbre pour que les générations futures jouissent de la beauté et de la création du cœur. »

Et je vous laisse deviner ce que vous ferez vous-même le jour où vous rencontrerez ces deux arbres que vous avez d'ailleurs déjà pu rencontrer là il y a peu de temps. Et je vous laisse aussi le soin de donner à cette histoire l'élan nécessaire pour que votre cœur s'ouvre et que la graine d'amour qui est là, soit plantée auprès d'autres graines d'amour pour éclore et donner toute l'abondance de la vie à tous ceux qui savent voir et sentir la beauté de vivre là, à cet instant, où que vous soyez.
Et c'est ainsi que, depuis, souvent, on voit dans les prairies un prunier qui grandit au coté d'un figuier, et tous deux s'élèvent dans les airs avec majesté tandis que leurs racines s'enfoncent profondément dans la terre sous le soleil de l'année qui brille d'un éclat doux et lumineux. Et je me demande si vous-même vous connaissez cet arbre de vie que votre propre grand-père a un jour planté même si lui ne savait même pas qu'il le plantait à votre intention et à l'intention de bien plus encore.




4 - LA LUTINE
Histoire créée par Laurence Simenot

Il y a bien longtemps dans une forêt, là où les arbres sont plus touffus et plus nombreux qu'ailleurs, là où les sentiers se devinent plus qu'ils ne se voient. Dans cette forêt qui abrite en son sein des arbres millénaires emplis de calme et de béatitude bienfaisante, un lutin arpente là-bas, au loin dans la forêt, un sentier.

Oui, un lutin marche dans la forêt. Il marche, avance, cambré vers l'avant. Il a l'air de peiner sous un poids, sous un fardeau, que de là où je suis, je ne vois pas. Et pourtant ce petit homme, ce petit être unique, original et surprenant par son look avance en sifflotant. Ce bruit qui sort de sa bouche et de ses narines émet un son cristallin, pur, riant, et souriant. C'est un air qui invite au plaisir, à la joie, à la liesse et en même temps que ce petit lutin avance en sifflotant, il danse. Il sautille en fait et cela lui donne l'air d'un petit animal qui sautille comme pour éviter de briser les brindilles sous ses pieds. Et le petit lutin sait où il va et il y va en sautillant. Pourtant on pourrait croire qu'il boite, mais pour ceux qui s'y connaissent c'est une évidence qu'il saute, danse et sautille allègrement comme s'il se rendait dans un endroit où une fête se déroule.

Et c'est bien d'une fête dont il s'agit, d'une fête à laquelle il se rend pour rencontrer quelqu'un qui lui est cher à son cœur, quelqu'un qu'il n'a pas vu depuis fort longtemps, quelqu'un à qui il a pensé de longs jours et de longues nuits, et voilà que ça y est, le jour est venu de la rencontre, le moment arrive, l'instant approche, la minute où le passé va rejoindre le présent, où enfin les visages vont se détendre et se sourire pour qu'enfin s'accomplisse ce qui doit s'accomplir pour le plus grand bien de tous les cœurs.

Et dans une espèce de brouillard fait d'une fine pluie tiède qui bruine silencieusement, le petit lutin arrive dans une prairie au milieu de laquelle se trouve une maison.
Une maison de style, d'une douceur et d'une délicatesse extrême en même temps qu'elle dégage une atmosphère de calme et de solidité. Ses fondations sont plantées solidement dans la terre tandis qu'un escalier permet au petit lutin qui est déjà arrivé là depuis quelques minutes de monter au palier qui mène à la porte d'accès. Et le petit lutin se met à dire « ouh ouh où êtes-vous, je suis là, où êtes-vous ? »
Et tout à coup, en même temps que le lutin prononce ces mots, la porte s'ouvre et une petite fille ouvre la porte. Or il ne s'agit pas d'une petite fille, en fait il s'agit d'une petite lutine. C'est la femme du lutin, mais il avait oublié que c'est là qu'il avait rendez-vous. Et il est tout surpris de voir sa compagne, là, lui sourire de toutes ses jolies dents de lutine tandis qu'elle vient à sa rencontre les bras ouverts comme pour l'inviter à venir dans ses bras pour l'enlacer. Et la voilà qui enlace le petit lutin, son compagnon. Elle a l'air de ne pas l'avoir vu depuis longtemps, de l'avoir attendu longtemps aussi et elle rit d'un petit rire aigu et pointu qui lui donne l'air d'une enfant qui fait une bonne blague à quelqu'un. Et le petit lutin, encore abasourdi, se dégage des bras de la lutine et se met à rentrer dans la maison en franchissant la porte d'entrée qui parait démesurément grande par rapport à sa taille de lutin. Et pourtant il se sent déjà chez lui dans cette maison, chez lui comme il ne s'est jamais senti aussi bien ailleurs.
Il a l'impression de revenir d'un long et grand voyage, d'être parti depuis si longtemps qu'il en avait oublié la fraîcheur, le calme, la douceur de ce lieu. Et il voit que dans la cheminée, de grandes flammes s'élèvent en dégageant une odeur douce et sucrée qui arrive à ses narines comme un parfum qui embaume la paix et la tranquillité. Et il découvre que son fauteuil, celui qu'il aime depuis tout temps est là devant cette cheminée qui lui tend les accoudoirs.
Alors le petit lutin va vers ce fauteuil et s'assoit pesamment et bruyamment en poussant un profond soupir de soulagement. « Enfin de retour, enfin chez soi avec ceux que j'aime, avec ce que j'aime ». Et le voilà qui sourit d'un sourire béat et extatique tandis que sa compagne vient s'asseoir dans un fauteuil situé juste à coté du sien. Et le voila qui commence à penser tout haut en regardant le feu, les flammes et en sentant la présence de celle qu'il aime. Et dans un murmure à peine audible et pourtant déchirant de vérité et de sincérité il dit à sa compagne :
« Comme c'est bon d'être ici avec toi, de retour à la maison. Je vais te raconter comment c'est ailleurs. Je vais te dire, et puis nous continuerons à être ensemble dans cette forêt, et puis je te le promets, la prochaine fois que je partirai, ce sera avec toi. Nous partirons ensemble pour découvrir des paysages et bien des choses encore qui rempliront nos cœurs amoureux ».
Et tandis que le lutin dit cela, sa compagne l'écoute attentivement et silencieusement en même temps qu'elle lui envoie un baiser au creux de sa main. Et son baiser ressemble à un papillon posé dans sa paume qui s'élèverait dans les airs tandis qu'elle soufflerait dessus. Et elle sentit jaillir dans son cœur la certitude, en cet instant, que plus jamais elle ne serait seule, désormais elle partagera avec celui qu'elle aime les mille et une choses de l'existence qui emplissent le cœur d'amour et de gratitude. Dès cet instant elle sut que désormais tout était possible.




5 - LE GENIE
Histoire créée par Laurence Simenot

Je me rappelle cette fois, où dans une lande, une grande prairie, qui ressemble plus à un désert, je vis venir au loin une petite silhouette. Un personnage arrivait là vers moi, se dirigeant d'un pas sûr et assuré et pourtant tranquille. La silhouette arrivait....

La silhouette arrive, elle se dirige droit sur moi et je sais qu'elle est accueillante et que je peux me faire confiance pour l'attendre en toute sécurité. Son pas est décidément ferme et assuré et je vois apparaître sur son visage maintenant un sourire. Sa bouche, oui, est fendue d'un large sourire et j'entends même un son cristallin et doux comme une berceuse sortir de son gosier. Je ne sais pas encore si c'est un homme, si c'est une femme, c'est comme si cela n'avait pas d'importance. Ce qu'il y a d'important en revanche, c'est que ce personnage vienne vers moi en me souriant de toute sa large bouche et ça, ça me réjouit le cœur et l'âme en même temps que je reste tranquillement à attendre sa venue qui est là, déjà là.
Oui, il est là maintenant ce personnage, cet être de lumière près de moi, déjà dans mes bras. En fait c'est plutôt lui qui me tient dans ses bras et il m'enlace avec tendresse et habileté. Sa poigne est ferme, tonique, en même temps que je sens son souffle tiède et chaud sur ma nuque. Et je me sens petite entre ses bras ; fragile, et démesurément confiante. C'est comme si, enfin, je pouvais me sentir en si totale confiance que je m'abandonne sans gène à son étreinte emplie de joie et d'amour. Et c'est alors que je l'entends prononcer son premier mot : « bonjour ».
Oui, c'est un « bonjour » qu'il m'envoie et m'adresse en me tenant dans ses bras et je sens mon sang bouillir dans ma tête et dans mon cœur. J'ai l'étrange sensation d'être enfin reconnue, me sentant présente et vivante pour quelqu'un. Enfin ! C'est comme si j'avais attendu ce moment de toute éternité et voilà que maintenant ça y est, je suis entre des bras et des mains douces, et protectrices et aimantes, m'aimant telle que je suis et me le montrant et me le disant simplement en me disant ce petit mot de deux syllabes : « bon jour »....

Alors, en même temps que je me détache un peu de lui, je lui demande doucement son mon, qui il est. Et il me répond simplement en me souriant davantage encore. Son sourire s'élargit de plus belle, ses dents apparaissent encore plus blanches et lumineuses et son haleine sent la fraîcheur d'un matin de printemps en même temps que je l'entends me dire : « Je suis comme toi ». Et sans comprendre ce que cela signifie je hoche la tête croyant qu'il va poursuivre son discours alors qu'il s'arrête, se penche sur ma nuque, et me dit simplement :
« Repose-toi sur moi, je suis maintenant avec toi où que tu ailles et tu auras tout ce dont ton cœur a besoin et rien ne t'arrivera que tu ne l'aies voulu. Rassure-toi, je suis et je serai désormais toujours là pour t'accompagner où que tu le souhaites. Je suis ton génie intérieur que tu as retrouvé au fin fond de ton désert intérieur pour qu'enfin nous parvenions ensemble à trouver l'oasis dans laquelle t'attendent déjà ceux qui t'appellent du plus profond de leur cœur pour que tu les aides à accoucher d'eux-mêmes, de leur bonheur et de leur joie intérieure retrouvés. Viens, avançons ensemble, et tu verras que ce que je te dis est juste et vrai, et que tu ne te tromperas pas de route car c'est le bon chemin que tu as déjà suivi jusqu'à maintenant. La seule différence maintenant c'est que tu n'es plus seule et qu'à deux les choses paraissent souvent plus faciles. Viens, suis-moi et je te montrerai d'autres façons de regarder le ciel et d'écouter les oiseaux, de sentir l'air et de marcher sur la terre.... »
Et c'est comme si mon cœur entendait ces paroles pour la Xième fois et là, à cet instant, là, je l'ai cru. Et, depuis lors, nous sommes inséparables. Ses promesses n'étaient pas des promesses en l'air et je vous avoue que ce qu'il m'a promis était loin de la réalité somptueuse que je me suis découverte.
Alors, si comme moi vous rencontrez un lutin ou un génie dans un désert inconnu, osez lui parler et écoutez sa chanson, et son rire parce qu'il va vous mener vers ce que vous êtes de plus beau, et vous réaliserez ce que vous êtes à la minute même où vous lui direz : « oui, je te suis ».




6 - LA PLUME D'AIGLE
Histoire créée par Laurence Simenot

C'était un jour de pluie, ou bien était-ce un jour de beau soleil, allez savoir !!! Ce qui se passait ce jour là est presque déjà oublié par la totalité du monde. Et pourtant, moi, je me souviens encore.

Je me souviens de ce jour où une plume d'aigle volait dans les airs. Vous savez, c'est ce jour, en fait, où il faisait beau et chaud, où le ciel était dégagé et lumineux, où l'air sentait bon le sable chaud. Car justement il y avait le sable, là en bas, en dessous du vol de la plume d'aigle qui continuait à tournoyer et à tournoyer dans le ciel.
Et c'est avec une grande délicatesse que le mouvement de la plume continuait sa route vers le sol, vers la terre, là où vous habitez, là où vous êtes à cet instant. Et tout en sentant l'air tournoyer autour de son squelette de plume d'aigle, la plume d'aigle se dit tout d'un coup : « Et si c'était vrai que je peux remonter, que la force de gravité ne m'entraînera pas vers le sol, plus bas, plus bas. Et si c'était vrai, encore plus vrai que tout ce qui a été dit depuis la nuit des temps ! ».
Et pendant que la plume d'aigle se disait cela tranquillement, tandis qu'elle planait à perdre haleine, il y eut comme un crissement de soie dans le ciel, là tout près d'elle, tout près. Et sans un regard derrière elle, la plume d'aigle se laissa attirer par ce son qui lui arrivait doucement dans les oreilles (et oui, les oreilles d'une plume d'aigle sont d'une finesse et d'une délicatesse, dont vous n'avez même pas idée !).

Et donc, je vous disais que la plume d'aigle se rapprochait du son qu'elle entendait, et elle s'approcha, s'approcha, s'approcha tant et si bien, que d'un coup le son lui parvint comme chargé d'une fine pellicule de douceur. Et elle se trouva tout à coup comme projetée dans un espace où ni le temps ni l'espace n'avait plus d'importance et en un seul son, en un éclair, elle comprit ce que ses ancêtres ont mis si longtemps à attendre : que le son est déjà là en soi où que l'on aille et quoi que l'on fasse. Et même si vous ne comprenez pas ce que cela veut bien vouloir dire, ce n'est pas très important aujourd'hui, ce qui compte c'est que vos oreilles aient entendues cela pour que demain ou un autre jour vous sentiez en vous que : votre son et vous ne faites qu'un et que pourtant vous n'êtes ni votre son ni ce que vous pensez. Méditez cela. Méditez cela!


7 - LE LION
Histoire créée par Laurence Simenot

C'était il y a longtemps, ailleurs, loin, très loin d'ici et de ce moment. En ce jour du mois d'août comme aujourd'hui le soleil brillait haut dans le ciel et la chaleur portait sur les êtres qui vivaient en dessous une chaleur digne des plus beaux jours d'été.
C'était donc il y a très longtemps, mais souvenez-vous, c'était par un soir d'été, un soir d'été du mois d'août connu de tous : le 9 août, très exactement; vous savez, c'est ce jour là qu'est la Saint Amour, la saint des saints, celle qui envoie sur chacun un velours doux comme les cheveux d'un ange.
Mais ce jour-là justement, pas de cheveux, pas d'ange, seul le soleil était au rendez-vous là haut dans le ciel et si brillant qu'il en devenait aveuglant. Et pourtant, pourtant ce jour là, à cette heure, là, en haut d'un rocher, trônait une petite fille qui ne savait plus très bien ce qu'elle faisait là.
Elle était simplement assise là, à contempler le ciel, l'horizon, le lac qui était là plus loin, là-bas vers l'horizon. Et elle perdait son regard dans la profondeur du ciel et de l'horizon. Elle jouait à être là, simplement là, présente à elle et à ce qui l'entourait. Là, assise sur son rocher, tout en haut de ce monticule pointu et où pourtant elle pouvait s'asseoir à son aise, elle était solitaire en regardant ce paysage. Solitaire dans son cœur tandis que son âme communiait avec la nature environnante. Elle ne se plaignait pas d'un manque quelconque, non, elle jouissait et savourait le moment présent comme si rien d'autre n'avait d'importance. Elle savourait ce moment passé en tête à tête avec elle, avec le lieu, avec les éléments et elle s'en donnait à cœur joie tant et si bien que sur son visage d'enfant on pouvait voir un sourire étirer ses lèvres en un sourire serein.
Elle méditait, oui purement et simplement, elle méditait. Sur quoi ? Oui, sur quoi méditait-elle, cette enfant assise là haut sur ce monticule, seule livrée à elle-même, en contact direct avec les éléments ? Sur la vie, sur le moment présent et même, en fait, elle ne pensait pas. Elle ne pensait déjà plus. Seulement, elle était l'ouïe, elle était la vue, elle était la sensation, elle était même devenue l'odeur et elle était imprégnée par tout ce qui était là en elle et autour d'elle. Sans effort, sans aucun doute, sans espoir non plus, elle contemplait le spectacle qui s'offrait là devant elle. Et elle s'offrait au spectacle que ses sens recevaient directement. C'est comme si elle avait été connectée directement à chaque chose qui se trouvait sous sa contemplation. Elle était pure de toute intention tellement son intention d'être elle à cet instant, dans ce lieu, était puissamment ancré en elle et elle ne se demandait même plus si... quoi ... comment.... Non, simplement, elle était là.
Vous la voyez n'est-ce pas ? Mais en fait, il s'avérait qu'elle n'était pas vraiment seule dans ce lieu.
En effet, non loin de là, un lion était tapi derrière un gros buisson tout vert et la regardait. En tout cas il regardait dans sa direction en se léchant les babines. Vous vous dites peut-être que c'était le moment de son déjeuner et qu'il voyait là déjà son prochain festin. Et bien non et oui. Non, car il avait déjà déjeuné voilà une heure de cela. Alors ? Alors il salivait et se léchait les babines car il se disait que ce qu'il voyait là-bas lui parlait de la richesse des sens, du délice d'être qui l'on est, le plaisir de déguster un moment savoureux. Et il continuait tout en ayant dans le regard une lueur d'envie, d'envie être là-bas près d'elle, à côté d'elle et de respirer à côté d'elle.
Sa présence, pensait-il, allait lui donner de la force et du repos pour continuer la route qu'il avait à faire ensuite pour aller retrouver sa famille. Car sa famille était là, pas très loin, à une journée et demi de marche de lion (c'est beaucoup plus long pour nous humain, sur nos deux jambes, bien sûr !). Il les avait laissé pour aller trouver un nouveau territoire de jeu pour les enfants et pour eux : sa lionne et lui. Car il faut vous dire que depuis quelques mois ils étaient à la recherche d'un endroit où se poser pour rester quelques temps. Ils en avaient assez d'aller de contrées en contrées, les lionceaux ayant grandi ils avaient besoin de commencer à construire quelque chose là pour l'avenir....





8 - DANS LE JARDIN DU TEMPLE
Histoire créée par Laurence Simenot

Dans le jardin du temple, il y a bien longtemps vivait là un moine. Un moine très vieux, très âgé. Il défendait quelque chose de très précieux qui vivait là dans ce jardin. Personne encore à part lui n'avait pu voir ce trésor.
Il le choyait, il le dorlotait, il en prenait soin comme à la prunelle de ses yeux. Ce trésor ne lui appartenait pas et pourtant il veillait sur lui comme on vénère et chérit son bien le plus précieux. Il se levait chaque matin de bonne heure, pour aller dans le jardin et marcher sur l'herbe verte et grasse du gazon ; ses pieds s'enfonçant dans le moelleux du tapis de verdure.
Et tandis qu'il regardait le ciel qui avait une couleur d'une teinte si douce, son cœur s'emplissait de bonne humeur et de joie de vivre. Et notre moine écoutait en même temps le champ des oiseaux qui s'égosillaient sur les branches des arbres aux troncs épais et solides qui étaient éparpillés, là, dans le jardin.
Et tandis qu'il marchait, qu'il regardait et qu'il entendait, il sentait aussi sur sa peau la douceur de l'air matinal ; un air doux, frais, léger, aussi léger qu'une plume lui frôlant le visage et les mains. Et il respirait à pleins poumons et cela, on le voyait parce que sa poitrine se levait et se gonflait comme une pâte à pain qui lève, sous son manteau de laine blanc. Et il avançait. Toutes ses pensées étaient comme des nuages qui passent dans le ciel. Et le moine avançait d'un pas nonchalant et pourtant d'une tonicité bien présente.

Un matin, alors qu'il se promenait là dans le jardin comme à l'accoutumée, quelque chose attira son regard. Là, à droite, derrière un petit buisson en forme de pyramide ronde, il voyait l'herbe bouger, légèrement, très légèrement, mais elle bougeait effectivement bien.

Le moine s'approcha lentement, intrigué et étonné. Il s'agenouilla doucement et pencha son visage vers la terre avec le désir de comprendre, de savoir. Et sous ses yeux, il vit deux petits yeux clairs et scintillants le regarder. Il n'en revenait pas : 2 yeux, là, dans l'herbe du matin, et il respira plus fort et s'approcha plus près encore avec le sourire et l'émerveillement dans le cœur. Et devant lui, se leva sur ces pattes arrière, un petit écureuil, avec sa queue déployée comme un panache. Un écureuil ! Il n'en revenait pas notre moine penché là vers la terre. Alors il s'assit par terre, comme s'il s'installait pour sa méditation du matin. Mais l'heure n'était pas à la prière. L'heure était à la rencontre, la rencontre avec un être vivant venant d'un autre règne ; le règne animal.
En regardant l'écureuil, on voyait bien qu'il n'avait pas peur. Bien au contraire d'ailleurs, il avait l'air d'être là de sa propre volonté, là, devant ce moine interloqué et pourtant attentif. Oui, effectivement, l'écureuil avait rendez-vous ce jour-là, à cet endroit là, avec cet homme là, pour rencontrer un humain vivant. L'heure était à la Rencontre. La rencontre de deux êtres différents, étrangers l'un à l'autre et peut-être déjà si familiers.
Et voilà que l'écureuil aussi, à sa façon, s'assit en tailleur sur le sol devant le moine qui se faisait déjà à cette situation pour le moins étrange. Et chacun regardait l'autre, le dévisageant, l'entourant d'un voile de douceur pour lui marquer la bienvenue. Ils étaient d'ailleurs si proches que le moine devait baisser la tête pour regarder l'écureuil, tandis que l'écureuil, lui, devait lever sa frimousse pour garder le contact des yeux et contempler le sommet du crâne du moine. Et plus l'animal scrutait le crâne de l'homme, plus l'homme sentait qu'il devait y avoir quelque chose de particulier là, au sommet de sa tête, qu'il ignorait. Mais il ne voulait pas quitter l'écureuil des yeux et attendait, attendait, tandis que l'interrogation se faisait plus présente en lui : « Qu'est-ce qu'il y a là-haut ? ».

Et le temps passant, la question devint même si présente que le moine faisait de moins en moins attention à l'animal bien que ses yeux continuaient de le fixer. Il regardait et se parlait en même temps et cela durait, durait au point que tout à coup, le moine eut le feu aux joues. Qu'est-ce qu'il se passait, me direz-vous ? En fait le moine ne sentit pas que c'était la colère qui lui montait aux joues, la colère contre lui de se disperser de la sorte.
Et l'écureuil tout à coup, éclata de rire devant tout ce rouge qui parcourait les joues de ce vieil homme qui le regardait fixement sans le voir. Il rit si fort que le moine sortit de sa torpeur et enfin toucha son crâne de sa main. Et il sentit quelque chose sous ses doigts, quelque chose de pointu et pourtant doux, rugueux et pourtant lisse, dur et pourtant souple.
Sans peur, il prit cette forme dans sa main et la descendit au niveau de ses yeux, et là, ce qu'il vit lui emplit le cœur de gratitude, de plaisir, d'émerveillement : une étoile de mer. C'était une étoile de mer. Fine, souple, ondulante, gracieuse, comme déjà aimante. Et l'écureuil tout à coup pris la parole en langage d'écureuil, et dit des mots que le moine comprit instantanément parce que c'était le langage du cœur que parlait l'animal ; langage, il est bien connu qui se parle et se comprend dans toutes les langues.

L'écureuil dit donc au moine :
« Voilà, je suis venu pour qu'enfin tu puisses voir le trésor que tu vénères et chéris depuis si longtemps déjà et que jusqu'à présent tu n'as pas pu voir parce que tu ne voulais pas le trouver. Tu le cherchais simplement, sans vouloir le trouver. Mais un prince écureuil, grand sage de la région d'où je viens, m'est apparu hier en songe et m'a dit que je devais venir te révéler le trésor, ton trésor, pour que tu puisses enfin le montrer au grand jour. Toi seul savait jusque là qu'il existait mais aujourd'hui, c'est un autre pan de ton existence qui est en train de commencer, et tu dois enfin révéler à l'extérieur de ce jardin de verdure, de calme et de beauté, cette autre beauté qui te vient du plus profond des anciens temps, ceux dont personne ne se souvient même plus. Hormis... Hormis cette étoile ». « Cette étoile.... » dit encore l'écureuil « ...t'a été confiée comme elle avait été confiée à tes pères, et à tes aïeuls, et encore plus loin même. C'est la suite d'une longue lignée de vénérables moines comme toi que tu occupes aujourd'hui ».
Et l'écureuil fit une pause pour que le vieux moine puisse intégrer déjà toutes ces informations. Et au bout de quelques secondes qui parurent à l'un comme à l'autre interminables et en même temps une fraction de seconde, le moine se redressa, respira à pleins poumons plusieurs fois de suite comme pour retrouver sa base, son centre, son assise intérieure et il plongea en lui-même à la rencontre d'une question à poser ou peut-être d'une réponse à trouver.

Et le temps passa ainsi, pendant que les oiseaux volaient autour d'eux en gazouillant tant et plus voyant bien qu'il se passait sous leurs yeux quelque chose d'étonnant. Et le vieil homme qui avait fermé les yeux pour être encore plus proche de sa profondeur, les rouvrit. Il regarda l'écureuil, lui sourit d'un sourire large et doux, ses yeux brillaient et scintillaient comme des étoiles. Il avait l'impression que son corps ondulait alors même qu'il n'y avait pas de mouvement ou plutôt si, il y avait un mouvement, mais si ténu, si fin qu'on le voyait à peine. Et le vieil homme, tout à coup, ressembla à un enfant, un enfant tenant une étoile de mer dans la main.
Une étoile à 5 branches, qui scintillait comme les étoiles la nuit dans le ciel, et le vieil homme se sentit lui-même devenir une étoile, et il se leva doucement, commença à danser au son des sifflements des oiseaux qui voletaient maintenant au-dessus de sa tête. Et il dansa, dansa doucement, en ondulant ou en sautillant, en avant, tournant, se retournant, et il continuait de danser comme s'il offrait maintenant sa danse à l'écureuil qui le regardait toujours attentivement avec le sourire dans les yeux et le plaisir dans ses pattes qui martelaient la cadence de la danse.
Et tout à coup, dans ce jardin, le vieux moine se sentit entouré et aimé comme jamais encore il ne l'avait été, comme s'il était empli d'un univers dont il ignorait l'existence jusqu'à présent.
Et, tout en se sentant soutenu par le regard joyeux de l'écureuil, il commença même à chanter, à chanter de plus en plus fort, à tue-tête maintenant, comme s'il s'en donnait à cœur joie d'être là, dans ce lieu, à cet instant précis, en faisant ce qu'il faisait, avec tous ces êtres qui vivaient là et qui l'entouraient pour qu'il puisse encore plus laisser aller sa joie et son bonheur. Car à cet instant là, tout le monde partageait la joie de tout le monde. Chacun heureux. Et toute l'énergie qui se dégageait dans ce lieu devenait lumineuse, lumineuse à tel point qu'à un moment donné on aurait dit qu'un soleil avait pris toute la place dans ce jardin. Un soleil énorme, lumineux, chaleureux, vif et rougeoyant et si jaune en même temps. C'est comme si la force maintenant était là dans toute sa puissance glorieuse, là devant, juste devant et....

Et c'est là que je me suis réveillée !...





9 - LA DEMANDE MAGIQUE
Histoire créée par Laurence Simenot

C'est l'histoire d'une petite fille. Elle habite dans une maison, dans la forêt. Une maison entourée d'arbres, de fleurs. Elle habite seule. Elle en a l'habitude. Les jours, les années passent, paisiblement. Elle vit là, en toute confiance, en toute sécurité. Elle aime ce lieu, qui le lui rend bien. Tous les êtres qui vivent dans cette forêt sont ses amis, ses confidents. Elle est en même temps seule et très entourée.

Un jour, elle décide d'aller couper du bois dans la forêt pour faire un feu dans la cheminée. Elle prend le sentier qui mène à la forêt, là où elle sait qu'elle trouvera ce dont elle a besoin. Elle marche d'un pas tranquille et décidé. Elle apprécie le fait d'être là en ce lieu, en cette heure. Elle regarde le paysage autour d'elle, les arbres, la végétation ; elle entend les sons qui viennent à ses oreilles sans en voir l'origine.
Un ruisseau serpente à quelques pas d'elle et elle regarde l'eau couler paisiblement. Elle fait attention à la couleur de l'eau, aux cailloux qui reposent dans cette eau. Et elle avance toujours, à son rythme, d'un pas léger et assuré. Ce paysage lui est familier, très familier. Et elle évolue avec grâce et facilité.

Tout à coup, venu de nulle part, un petit oiseau de couleur se pose sur une branche d'un arbre, devant elle. Elle ne le connaît pas. Elle ne l'a jamais vu.
- « Qui es-tu, toi que je ne connais pas ? Quel est ton nom? »
- « Je viens de loin. J'ai entendu parler de toi. J'ai eu envie de te rencontrer et me voilà! ».
- « Veux-tu m'accompagner dans ma promenade, je vais chercher du bois pour faire un feu dans la cheminée ? »
- « Volontiers, volontiers ! » lui dit-il en chantant.
Et tandis qu'elle avance, il vole de branches en branches, heureux d'être là, à côté d'elle.
Au milieu d'un sous-bois, elle découvre l'endroit où l'attend tout le bois dont elle a besoin. Elle ramasse des bûchettes, des brindilles. Elle coupe avec sa main des branches accessibles. Et elle le fait en prenant tout le temps dont elle a besoin. En même temps elle sent l'odeur du bois, de la mousse qui pousse, toutes les senteurs de ce lieu et elle regarde toutes les couleurs qui ravissent son oeil de petite fille. Elle écoute le bruit que font les branches qu'elle casse et elle se sent merveilleusement bien.

De tout ce bois, elle en fait un tas. Un tas qui grossit, qui grossit. Elle se sent contente d'elle, du travail qu'elle vient de faire.
Cependant tout à coup, son visage s'assombrit.
- « Je ne vais jamais pouvoir tout emporter » se dit-elle. « Comment vais-je faire pour rapporter tout ce bois chez moi ? C'est trop lourd pour moi ! C'est beaucoup trop volumineux ! Mais comment vais-je faire ? »
A ces mots, l'oiseau, qui s'était installé sur une branche tout près d'elle et qui l'avait entendu lui dit:
- « Hep ! Je suis toujours là, moi, et je peux t'aider! »
- « Oh ! Mais comment ? Tu es un oiseau et tu n'as pas de bras. Et moi, j'ai besoin de quelqu'un qui a des bras pour m'aider ! »
- « Oui, je sais » dit l'oiseau. « Mais ce que je ne t'ai pas encore dit, c'est que je suis un oiseau magique. Je peux faire beaucoup de choses. Seulement voilà, il te faut trouver la formule magique. Alors, si tu veux, cherche la ».
- « D'accord, d'accord ! » lui répondit-elle.

Et elle s'assoit sur une souche, se met les coudes sur ses genoux repliés, ses mains soutiennent son visage et elle réfléchit. Elle réfléchit et réfléchit encore. Et tout à coup, elle dit d'une voix chevrotante et hésitante :
- « J'ai besoin de quelqu'un pour m'aider à porter ce bois chez moi ». Et aussitôt elle baisse la tête et les yeux qu'elle avait levés en disant cela.
- « Non, non. Ce n'est pas la formule magique, ce n'est pas comme cela. Continue. Continue si tu le veux vraiment. »
Entendant la voix de l'oiseau elle est rassurée par sa présence, par sa voix. Elle est plus stimulée maintenant qu'elle se sent écoutée et regardée. Elle dit alors d'un ton plein de force et de colère :
- « Que quelqu'un se montre pour m'aider à porter tout ce bois chez moi. Mais nom d'un chien, alors ça vient ! Je suis pressée moi ! Qu'est-ce que vous attendez, j'ai d'autres choses à faire moi. J'attends ! »
- « Non, non, non, non » chante l'oiseau de sa plus jolie voix. Sa voix sourit en entendant la fillette et il sent dans son cœur une infinie tendresse pour elle, pour ce qu'elle est, pour ce qu'elle fait, comme elle le fait.

En entendant la voix de l'oiseau à nouveau si douce, si jolie, si câline, si présente, si bienveillante, elle redresse son dos et regarde autour d'elle. Son regard balaie tout ce lieu, doucement, très doucement. Elle regarde le ciel, sa couleur, la terre et ce qui la recouvre. Elle sent le contact de l'air sur sa peau, et son corps assis là sur cette souche peser de tout son poids léger. Elle se sent respirer. Elle entend même le léger bruit que fait l'air en rentrant dans ses narines et en ressortir. Et en se retrouvant comme cela, centrée en elle, bien présente à ce lieu, elle entend une voix monter en elle, douce et posée :
- « En fait, ce que je veux, c'est rapporter dix bûches pour faire un feu dans la cheminée. Et pour cela, j'ai besoin qu'une personne vienne et m'aide à emporter une partie de ce bois chez moi, tandis que je porterai l'autre partie. Nous ferons le chemin ensemble en partageant un moment agréable. Et j'inviterai cette personne à partager une soupe chaude et savoureuse auprès d'un bon feu de cheminée ».

A ces mots, l'oiseau s'envole de la branche sur laquelle il était posé et vole vers le sol. Et, au moment même où il atteint le sol, il se transforme en un magnifique jeune homme, svelte, vigoureux, élégant, souriant. Son sourire étincelle. Il est lumineux. Il parait tellement heureux d'être là.
- « Oui, oui, oui. C'est cela, c'est cette manière là qui appelle la réponse. Je suis là. Tu as trouvé la formule magique! Je suis si content. Je vais pouvoir maintenant t'aider comme tu le souhaites. »
La petite fille le regarde avec des yeux tout ronds. Sa voix s'est figée dans sa gorge. Elle n'en revient pas. Et puis doucement, elle reprend ses esprits. Elle est un peu impressionnée. Mais elle est si contente dans son cœur d'avoir trouvé un nouvel ami si doux, si agréable, qu'elle se lève et va vers lui en lui souriant de son plus joli sourire.
- « Oh ! Bonjour, bonjour, je ne savais pas que tu étais celui que je cherchais. Je suis contente de te rencontrer. Alors, si tu veux bien m'aider à rapporter ce bois chez moi ? ».
- « Oui, oui, bien sûr, puisque tu me l'as demandé, et cela me fait plaisir ».
- « Et je t'invite à une soirée "feu de cheminée". Qu'en dis-tu? ».
- « Oui, je suis très honoré ».

Et ils prennent, chacun, tout le bois qu'il faut et les voilà qui partent maintenant de ce lieu en se dirigeant vers la maison de la petite fille. Ils ont le même pas, le même rythme léger et harmonieux. Leurs cœurs sont emplis de joie, de tendresse, d'affection, d'amour.

Et, tout en marchant ils se parlent, se regardent, et apprennent déjà à se connaître, à s'apprécier, et ils décident ensemble que le jeune homme, qui était il y a peu un oiseau magique, vivra quelque temps dans la maison pour apprendre à se connaître encore et encore.



10 - LA NOUVELLE MAMAN
Histoire créée par Laurence Simenot

C'est l'histoire d'une femme, d'une jeune maman qui venait d'accoucher d'un beau bébé. Elle était sublime, belle, rayonnante, lumineuse, prête à jouer son rôle de mère, de maman.
C'est le moment où elle prend son bébé dans les bras. Son regard est chargé d'amour, de tendresse. Elle a envie de le laisser grandir comme il est, de l'aider à devenir lui-même, un enfant et un adulte bien équilibré et stable, sûr de lui et confiant.
Ses yeux sont emplis d'amour et de joie. Sa bouche sourit d'un doux sourire. Sa peau est lisse et détendue. Elle est calme en tenant le bébé dans les bras. confiante. Elle vient de faire un miracle. Elle vient de donner la vie à un autre être humain. Elle a accomplit le miracle de la vie, de l'existence. Grâce à elle, une autre vie a vu le jour et va aller vers l'avenir.
Elle va l'accompagner pas à pas, au fur et à mesure et lui apprendre ce qu'elle sait déjà et découvrir avec lui plein de choses qu'elle ignore encore aujourd'hui. Elle va avancer en le tenant par la main, ou dans les bras. En l'aidant de mots doux, de sourires affectueux, de tendres caresses et d'encouragements. Elle sera derrière lui, à côté de lui quand il aura besoin d'elle. Dépendant et déjà indépendant, autonome.
Il était dans son ventre, en elle. Et c'est déjà un être différent d'elle, à part. Les liens sont invisibles. Elle le nourrit déjà dans son sein et il grandit et grossit à son rythme. Elle prend soin de lui autant qu'elle le peut tout en étant fière de lui, fière d'elle. Elle sent comme un accomplissement, là, en elle. Sa vie aura été utile. Utile à la naissance d'un autre être humain. Elle a prolongé l'espèce humaine. Elle se sent digne d'appartenir à l'espèce humaine. Reine de la fête.
Et le bébé mange et dort, joue et sourit, rit et pleure, gémit et elle l'accompagne, le veille, prend soin de lui.
Elle va l'aider à vivre, à grandir. Elle l'emmènera à l'école, trouvera des activités qui vont l'aider à s'éveiller et à être bien dans sa peau et dans la vie.
Elle vise la prospérité, le bien-être, la joie, le plaisir. Elle jouit de sa présence, de la vue de cet enfant si petit et qui va grandir et vivre sa propre vie de façon autonome et indépendante, un jour prochain. Elle a mis au monde un être semblable et différent d'elle.
Elle le regarde avec tant de tendresse qu'il se tourne vers elle et lui sourit en lui tendant les bras pour qu'elle le tienne tout contre elle, dans sa chaleur. Il est si bien, ce nouveau né. Il a confiance en cette femme, sa mère, sa maman.
Il se sent heureux, désiré, désirable, aimable, aimé, aimant, plein de gratitude sans le savoir pour celle qui lui a donné la vie. Il va se faire des amis, ce bébé, plus tard, bientôt. Il sera aimé et choyé autant qu'il l'est maintenant et même plus encore. Et il ira de découverte en découverte, de progrès en progrès.
Il va apprendre en marchant, découvrir le monde en avançant, plein de courage et de force. Loyal, serein, tonique, plein de force de vie, nourrit au sein de l'amour et de l'affection, entre la terre et le ciel, entre sa mère et son père.
Il sait qu'il est aimé inconditionnellement, tel qu'il est aujourd'hui et tel qu'il sera demain. Il a déjà foi en lui et en ce qui l'entoure et sa maman prie à mi-voix pour ne pas troubler sa méditation, son repos. Elle croit si fort en lui qu'elle est prête à le suivre à chaque fois qu'il aura une envie, un désir, un but, un objectif.

Il a la force des chefs, la douceur des fées, le courage des vaillants, la simplicité des humbles, l'ambition des vainqueurs, la foi des croyants, l'amour des mères, la tendresse des pères, la volonté des braves, le respect des chefs. Il vainc déjà. C'est un vainqueur déjà aujourd'hui parce qu'il est né. Il a réussit à s'imposer dans ce monde, à vivre. Il revient de loin. Tant de spermatozoïdes étaient dans la course ! Il a gagné la bataille du nouveau né. Il est né le divin enfant !
Par le courage et la pugnacité d'un spermatozoïde et d'un ovule, il est là, parmi nous, aujourd'hui. C'est un beau tour de force, un miracle de la nature humaine. Et il remercie à sa façon le ventre de sa mère qui l'a abrité pendant tant de jours, tant de nuits, nourrit, lavé, choyé.

Il est maintenant là dans le monde, dans la température ambiante de la vie, de la terre, de la ville, de ce lieu, tout contre sa maman et il sourit en pensant au passé, au présent et à l'avenir.
Tout est déjà en lui. Toutes ses possibilités, ses futures compétences. Ouvert comme un livre encore vierge de toute inscription terrestre. Et il a son amie, son mentor, son alliée qui veille sur lui, pleine d'amour, de joie et de tendresse, sa maman.

Il se sent comme poussé, porté par elle, par son espoir, sa foi en lui, sa confiance inébranlable. Et elle est plus femme que jamais devant cet enfant qui vient de naître. Elle se sent responsable, autonome, adulte, sûre d'elle et de la vie. Elle croit dans l'avenir. Elle l'a prouvé en le mettant au monde. Elle va de l'avant imperceptiblement, inéluctablement. Elle ose et sait maintenant comment faire même si elle ne l'a pas appris. Elle va se renseigner, demander, poser des questions, regarder autour d'elle comment font (ou ont fait) les autres et elle va expérimenter, tester, observer, grandir en même temps que son propre enfant. Elle se sent deux fois plus riche de vie, de force et de courage.
Elle aime et elle est aimée. Elle va de l'avant, heureuse du présent et remplie de toutes les expériences de son passé de femme qui l'aident aujourd'hui à vivre cette nouvelle expérience avec calme, joie, félicité, épanouissement, talent, grandeur de cœur et d'âme.
Elle vit sa vie de femme en incarnant son rôle de mère et elle remercie tout ce qui a contribué à son bonheur actuel.
Nouvelle maman !





11 - LA SORCIERE ET LA TOUTE PETITE JEUNE FILLE
Histoire créée par Laurence Simenot

C'est l'histoire d'une sorcière qui vivait dans un pays lointain. Elle habitait en dehors du village. Personne dans ce village ne voulait qu'elle habite au milieu d'eux. Ils ne l'aimaient pas. Ils la trouvaient laide, affreuse, sale et méchante. En fait, ils avaient peur d'elle parce qu'ils ne la connaissaient pas. Jamais aucun d'eux n'avaient pris le temps ni la peine de s'approcher d'elle et de lui demander qui elle était et ce qu'elle faisait. Avant de la rejeter ils l'ont ignorée et depuis qu'ils l'avaient exclue, ils l'ignoraient davantage encore.

Pourtant un jour, une toute petite jeune fille qui habitait le village voisin et qui se promenait dans la forêt à la recherche de nouveautés, arriva près de chez la sorcière. Il y avait là plein de pancartes parlant de danger, de déviation, de voie sans issue et la toute petite jeune fille qui n'avait jamais vu ce genre d'inscription de toute sa vie mais qui était intéressée par ces dessins se dit qu'il serait peut être intéressant d'aller voir par là ce qui se passait.

Elle chantonnait en marchant. Sa voix était claire et limpide. Même les oiseaux s'arrêtaient de chanter pour l'écouter tant sa voix était nouvelle, originale et agréable. Et elle se penchait parfois pour cueillir une jolie fleur de couleur qu'elle sentait et qu'elle posait ensuite dans son panier suspendu à son bras. Et elle emprunta le chemin, le chemin qui menait jusqu'à la maison de la sorcière.

Pendant ce temps, la sorcière faisait du feu dans la cheminée. Elle se préparait une soupe bien chaude et onctueuse parce que dehors il faisait bien froid pour elle.
Elle mit des bûches dans l'âtre, des brindilles en dessous et craqua une allumette d'un coup sec. Une flamme s'éleva timide, puis devint multiple et de belles et grandes étincelles crépitèrent dans le feu. Les brindilles saturées de chaleur se transformèrent en lumière en dégageant une odeur sucrée salée ; une odeur de bois. Toute la pièce fut illuminée. Comme par un jour de printemps. Comme par enchantement.
Et la sorcière regardait les flammes danser, écoutait le feu crépiter et respirait amplement cette odeur chaude et elle se sentait bien à ce moment là. Seule, oui, mais bien.
Elle se taisait et était complètement tournée vers ce feu, vers la cheminée dans cette vaste et chaleureuse pièce, dans cette maison au bord du chemin. Son oreille aiguisée l'avertit tout à coup que quelque chose de nouveau se passait dehors. Alors qu'elle était agenouillée devant l'âtre, elle se redressa et tendit son visage vers la porte. Elle se leva comme attirée par un aimant et au moment même où elle ouvrit la porte, la toute petite jeune fille avait son doigt levé prêt à appuyer sur la sonnette de la porte d'entrée, et elles se retrouvèrent face à face, silencieuses et intriguées.
En fait, ni l'une ni l'autre ne s'attendaient à être en présence de quelqu'un. Leur cœur bondit dans leur poitrine, le sang leur monta aux joues et un frisson parcouru leur colonne vertébrale. Et chacune, en son for intérieur se dit : « Mais qui est-elle ? ». Et simultanément elles dirent à haute voix : « je suis la sorcière ». « Je suis la toute petite jeune fille ! »
Et en entendant le son de leurs voix, elles se mirent à rire toutes les deux de toutes leurs dents. C'est comme si, au fond d'elles, la réponse n'avait aucune espèce d'importance. En fait, elles étaient contentes de se rencontrer.

La sorcière n'a vu personne depuis tant et tant d'années et cette toute petite jeune fille avait un air si doux. La toute petite jeune fille, elle, n'avait jamais rencontré d'aussi vieille femme si bizarrement habillée et coiffée. Leur curiosité fut la plus grande. C'est elle qui les empêcha de se sauver à toutes jambes ou de claquer frénétiquement la porte.
Sur leurs visages, on pouvait voir tout à coup comme un apaisement. Leurs traits se relâchèrent, leurs muscles se détendirent, leurs respirations se firent plus profondes et plus amples.

Et la sorcière invita la toute petite jeune fille à rentrer pour partager la chaleur du feu dans la cheminée et la soupe qu'elle était en train de préparer. Elle accepta et rentra dans la maison de la sorcière.
- « Comment t'appelles-tu ? » demanda la sorcière.
- « Clotilde » répondit la toute petite jeune fille. « Et toi comment tu t'appelles? »
- « Je m'appelle Graine » dit la sorcière.
- « Quel drôle de nom. Je n'en avais jamais entendu un comme ça avant. Mais qui t'a appelé comme ça? »
- « En fait, c'est un surnom que l'on m'a donné il y a longtemps. C'est si vieux que c'est comme si j'avais toujours vécu avec lui et n'avais connu que lui. Je l'aime bien. Bien sûr, il est arrivé que l'on se moque de moi, que l'on m'appelle « Mauvaise Graine » et c'est vrai qu'à l'époque j'enrageais. Je détestais que l'on m'appelle comme cela. Mais aujourd'hui, à quoi bon ? D'ailleurs personne ne vient jusqu'ici et moi je ne vais plus les voir au village parce que je n'ai pas envie d'être reçue avec des jets de pierre. Alors je reste là et je sais, moi, que je suis une « Bonne Graine », qu'il suffirait de pas grand chose pour que quelqu'un s'en aperçoive mais voilà : qui ? »
- « Moi, je trouve que c'est plutôt joli « Graine » comme prénom. Il ne me serait pas venu à l'idée de t'appeler « Mauvaise Graine ». Mais tu sais, des fois, les gens disent des choses et on se demande bien où ils vont chercher toutes leurs trouvailles bizarres. Mais bon, dis moi, Graine, où est-ce que je peux m'asseoir ? Et c'est quoi cette soupe que tu es en train de préparer et qui sent si bon ? Je peux t'aider ? Et comment tu occupes tes journées ? Qu'est-ce que tu aimes faire?... »

Et c'est ainsi que la sorcière et la toute petite jeune fille devinrent amies, et plus jamais on n'entendit, dans cette partie de la forêt, de larmes ni de pleurs, rien que des rires et des chants gracieux d'amitiés retrouvées.


12 - UNE HISTOIRE QUI N'EN FINIT PAS
Histoire créée par Laurence Simenot

C'est l'histoire d'un homme qui habitait près d'une île. Il vivait sur la mer, dans un petit navire étroit et fragile.
C'était un frêle esquif et pourtant cette petite embarcation a emmené tellement d'hommes et de femmes à bon port que l'on peut se demander effectivement comment elle a pu faire. Mais cela fut un secret qui a été gardé depuis longtemps, très longtemps. Et pourtant, à ce jour une personne, je dis bien une personne, connaît le secret de cette embarcation. Il lui a été transmis de génération en génération. Mais pas n'importe comment. Vous vous demandez peut être à juste titre comment cela s'est produit ?
Et bien, voilà, une nuit, un oiseau a atterrit près de l'endroit où logeait cet homme. Il y a fort longtemps. Même le pays a depuis lors disparu de la surface de la terre. Cet oiseau venait d'un pays lointain.
Il avait mis des jours et des jours pour parcourir le ciel en tout sens. Il voguait, planait, fonçait, se laissait aller, poussait des pointes de vitesse. Il jouait avec l'air, avec le vent, la neige et la pluie. Chaque élément devenait pour lui une source de plaisir et d'inspiration. Il voyait chaque obstacle comme de nouveaux apprentissages.
Il se disait souvent : « Alors qu'est-ce que je vais découvrir maintenant? » Et il souriait en lui-même et prenait tout son temps pour jouir du paysage et du voyage tandis qu'il savait très bien où il allait. Il n'avait pas oublié sa destination. Et tout en allant vers elle, il se permettait de vivre chaque seconde, chaque souffle d'air en trouvant et savourant tout ce qu'il y avait là pour le faire grandir.
Il ne s'ennuya pas lors de son voyage et lorsqu'il se posa sur la terre après des heures et des heures de voyage, sans être le moins du monde fatigué, il alla trouver l'homme avec qui il avait rendez-vous. Il écouta son horloge intérieure et se dit qu'il était à l'heure.
Content de lui, satisfait, il replia ses ailes pour s'en faire un coussin et s'assit dessus en attendant que le visiteur vint le rejoindre. Il ne lui fallut attendre que quelques secondes de temps d'oiseau, et déjà l'homme était à ses côtés.
L'homme s'assit en tailleur à ses côtés et comme ce n'était pas très confortable, il prit un coussin qui était à portée de sa main et le plaça sous ses fesses. « Autant être confortablement installé pour apprendre des choses nouvelles » se dit-il en lui-même.
L'oiseau qui parlait et entendait le langage de la pensée hocha la tête pour montrer son accord.
Et au milieu de nulle part, tout à coup, s'éleva dans l'air une musique comme jamais on n'en avait entendue. Une musique si douce, si veloutée, si harmonieuse qu'elle remplissait chaque partie du corps, chaque cellule d'une pureté, d'une douceur telle que tout le corps s'en trouva complètement détendu, relâché, reposé, en un instant. On ne sut d'ailleurs jamais d'où venait cette délicieuse musique. Mais qu'importe ! Revenons à l'oiseau.
L'oiseau, délicatement, déploya une de ses ailes, lentement, avec précision et douceur pour aller toucher la joue de l'homme assis près de lui sur le coussin. Et là, c'est comme si une pluie venue de là-haut, de l'univers était descendue pour imprégner sa marque.
A l'endroit même où l'aile a touché la joue on peut voir un petit, un tout petit dessin, si petit qu'il faut se pencher pour voir ce qu'il représente et seuls ceux qui sont suffisamment attentifs, qui prennent le temps de regarder peuvent, en s'approchant, voir de quoi il s'agit.
Et c'est depuis ce jour, qu'il y a parfois sur le corps des Hommes, des marques de naissance, des grains de beauté qui rappellent la marque de l'oiseau dans le cœur de l'Homme ; les secrets que même nous, nous ne savons pas que nous sentons...






13 - LE GANGSTER ET L'ENFANT
Histoire créée par Laurence Simenot

C'est l'histoire d'un gangster. Un gangster des années 50 qui roulait dans une belle voiture rouge et noire. Chef de bande incorruptible et responsable, il voulait gagner. Il ne se laissait pas faire. Unique en son genre.
Cet homme vomissait la haine et la bagarre. Il savait que la courtoisie et l'élégance étaient les reines de ce pays. Et il souriait, souriait toujours à tout le monde et à la vie.
Sa place au soleil, il se l'était faite lui-même, par son courage et sa détermination. Il n'avait mis personne KO. Il respectait trop la nature humaine. Il avait son secret de fabrication, sa marque à lui. Personne d'autre que lui ne connaissait son secret, la clef de sa réussite.
Un jour, un enfant qui passait devant chez lui s'arrêta pour regarder la façade de l'immeuble. Il la trouva si jolie, si spéciale, qu'il en resta bouche bée. Il resta là de longues minutes, des heures et des heures, ne voyant pas le temps passer.
Cependant, derrière les rideaux, notre homme suivait des yeux l'enfant étonné. Et en regardant cet enfant qui restait là, la bouche entrouverte sur le trottoir devant chez lui, il sourit, d'un sourire si tendre et si tranquille que tout l'amour de l'infini passa dedans.
Alors, il prit son chapeau et son pardessus qui étaient suspendus à un porte manteau près de la porte d'entrée et il les mit. Il toucha sa poche pour s'assurer que ses clefs étaient bien là et il ouvrit la porte qu'il referma derrière lui délicatement.
Et l'homme avance vers l'enfant, lui dit « bonjour », lui dit quelque chose à l'oreille que je n'ai pas pu entendre et les voilà qui partent tous les deux en se tenant par la main. Ils marchent sur le trottoir côte à côte d'un pas décidé et nonchalant, à l'unisson.
Au pied d'un réverbère, ils s'arrêtent. L'enfant tire le bas du pardessus de l'homme. L'homme se penche vers le visage de l'enfant qui lui chuchote quelque chose à l'oreille. Et là, l'homme éclate de rire et prend l'enfant dans ses bras d'un grand geste large et le serre tendrement contre lui.
Sans cesser de rire, la tête de l'enfant posée sur l'épaule de l'homme, le voici qui avance droit, fier, solide portant dans ses bras ce qui maintenant lui était devenu ce qu'il avait de plus cher au monde : l'enfant joyeux et curieux.





14 - LE SOUFFLE DES MOINES
Histoire créée par Laurence Simenot

Je me rappelle ce lac dans une montagne là-haut près du ciel, près des nuages les plus hauts. Un monastère dans la montagne. Des moines. Jeunes. Heureux. Libres. Sereins. Ils méditent. Ils cherchent. Ils découvrent et se découvrent. Ils se mettent à genoux devant la beauté du lieu, du paysage. Ces sommets éternels, enneigés et auréolés de nuages comme des colliers.

Tout est calme, paisible là-haut, tout là-haut. Comme en bas d'ailleurs. Mais là-haut l'air est si pur. En bas l'air est chargé. Chargé.

Et un moine, un jour, décide de souffler vers le bas. Souffler. Et il souffla, souffla, souffla tellement que l'air du bas tout à coup se libéra de tout son poids, et l'air monta léger, léger, léger vers les cimes, vers les arbres, vers les montagnes, vers le ciel, vers le soleil qui assécha les larmes de la terre et rendit à l'atmosphère toute sa richesse, sa nourriture, ses bienfaits. Et le moine regardait tout ce que son souffle avait permis. Et sur son visage, on pouvait voir un doux, un si doux sourire que tous les moines vinrent lui demander ce qui s'était passé. Et il leur montra la terre. Et il leur montra le ciel. Et il leur montra encore le soleil. Et chacun voulu à so



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